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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 08:01

Homme qui que tu sois

Tu n'emporteras rien

Avec toi

 

Tel un fleuve devenu craintif

La vie s'en va vers son destin

La nuit est peuplée de bougies

Le vent n'est plus qu'un clandestin

 

Le soleil ne sait pas

Le soleil ne sait pas

Que la nuit

Que la nuit

Va répondre

Va répondre...

 

Mais les peintres

Les musiciens

Les poètes

Ont des réponses de soleil

 

Soudain libéré, je m'élevais

Je m'élevais hors du vivant et du réel

Dansles étangs martyrisés du ciel

L'ascension tourbillonnante

Parmi les damnés de la vie

Dare dare vers les étoiles...

 

Je montais montais montais

Sous moi la terre chavirait

Enlisée dans sa solitude

 

Je revivais l'absolu des imperfections

Qui nous conduit à n'être plus que des esclaves

 

Mais mon visage de chair était encore vivant!

Je n'étais plus rien que moi-même

Face à cette vérité qui me torture:

 

Je souffre en ma santé des maladies humaines

Du refus d'un miracle sous le toit de mes mains

De n'être en ce bourbier que peine entre les peines

 

Que ne puis-je renaître à l'aube

Tel un soleil qui se souvient

De s'être enfoncé dans la nuit.

 

 

 

 

 

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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 07:58

Arbres vous m'habillez bien mieux que les cotons

O sang de mon amour j'ai les riches étoffes

Le soleil les coteaux de la mer sur mon front

Et je m'en vais dans le ciel clair car je suis sauf

 

Il ne me reste rien des vanités terrestres

Pas même un livre ouvert un verre à moitié plein

Dans la chambre du fond le portrait de mon père

Ces vitres où l'oiseau venait offrir naguère

En tentation son aile et son pouvoir marin

 

Je suis dans le printemps comme au premier automne

Espérant les blondeurs venimeuses du blé

N'accordant d'attention qu'aux guêpes qui bourdonnent

Doucement dans mon coeur à ces pas dans l'allée

Toujours en marche vers l'Admirable personne

 

 Les glaises sont à moi j'ai aussi les bergers

Pour les conversations nocturnes sous la lampe

Je vogue sur les toits La rame des vergers

Me soulève déjà bien au-dessus des rampes

Théatrales du monde orgueilleux naufragé 

 

Et je partage avec le vent la graine folle

La bonne soupe avec les chiens Avec l'enfant

Le calme bercement végétal d'une épaule

Tout ce qui fait la joie de vivre et son tourment

Par-delà l'étendue nacrée de la parole

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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 07:43
Les découvreurs. Louis Brauquier

Ceux qui marchent depuis la naissance du monde,

Les fous, les découvreurs,

Ils n'enverront point vers nous une colombe

Pour rassurer nos coeurs!

 

Tous ceux qui sont partis avec des caravanes

Ceux qui sont partis seuls

Et se sont enfoncés dans l'Afrique des sables

Comme dans un linceul;

 

Ceux qui ont remonté le long du fleuve jaune

L'asiatique orgueil,

Et pourrissent au creux des forêts millénaires

Comme dans un cercueil;

 

Ceux dont la neige et la vie lente des banquises

Ont effacé les pas,

Et qui roulent raidis dans la mer antarticque

Sous les pôles du froid;

 

Tous les navigateurs, les conquérants, les mages

Qui voulurent savoir,

Tous ceux qui ont trouvé des terres au passage

Qu'ils furent seuls à voir;

 

Ceux dont l'inquiétude élevait les voilures

Vers les mers inconnues,

Qui sont partis du port, qui cherchaient , qui vécurent,

Les reverrons-nous plus!

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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 08:06
L'alambic de ma mémoire. Jacques Viallebesset

L'alambic de ma mémoire

Distille les mûrs raisins bleus

De l'enfance de mes désirs

Où la joie régnait sans partage

Dans la générosité vive

Des élans d'émerveillement

Je cherche la clé de l'amour

Et du monde où le bonheur

Se fraie dans l'herbe un chemin

Dans une vie recommencée

Au temps de l'éternel retour

J'ai gardé de mon enfance

Le coeur battant les yeux ouverts

Dans l'ardent reflet de l'aurore

J'écris la légende des jours

D'un monde imaginaire

D'une écriture de source

Avec des mots vêtus de bleu:

Que tous mes désirs adviennent

Dans l'iridescence de l'instant.

 

Poème extrait de " Ce qui est épars"

 Mai 2015

Chez Recours au poème éditeurs.

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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 07:40

Ne sommes-nous pas les alchimistes malhabiles d'un destin que nous revendiquons pour le mieux avilir? A chaque heure du jour et de la nuit, j'ai le sentiment que nous sommes là à fabriquer, sans le savoir le plaqué or de nos infortunes et le plomb de nos amères félicités. Sorciers de bos propres sottises et erreurs, nous agissons avec une telle incurie , une telle ignorance,qu'une incertaine magie opérationnelle se déroule à notre insu, brassant un embrouillamini d'éléments qui se contrecarrent, vent de bricole, et s'ouvrent à contresens.

La LUCIDITE puise si ordinairement ses lumières à la source noire, dont notre enfance a été si indûment abreuvée, que la plupart des mauvais alchimistes d'eux-mêmes, inconscients des enjeux , sacrifiant au processus d'involution, au lieu d'évolution, et opérent moins dans le sens d'une renaissance possible que d'un déclin inéluctable.

Je ne veux  pas briller de ce que je ne suis pas, je veux seulement la lumière de ce que je désire vraiment et de ce que je veux être.

Devenir soi, s'humaniser, c'est mettre l'éxubérance de la vie au service de l'harmonisation des désirs.N'est-ce pas le sens d'expressions telles que "chevaucher le tigre"ou "affronter le dragon"?Ces forces si aisément dévastatrices, sous l'effet de la rage impuissante et de l'autodestruction à laquelle les induit leur prolifération sauvage , condensent une énergie qui déplace les montagnes, creuse un défilé ou simplement révèle un passage qui me permet d'accéder à ce que j'ai de plus vrai en moi , car j'ai conscience de ma richesse et la volonté d'y atteindre.

L'alchimie est le processus d'évolution qui nous conduit de "la vie sauvage" et désordonnée à la vérité qui est en nous.Elle est la semence qui aspire à fructifier.Le dragon, qui est le souffle vital, est condamné à cracher le feu de la destruction.La poésie n'a pas d'autre but que de le rendre à ses trésors et de l'amadouer afin que, en nous les révèlant, il nous accorde la grâce d'y puiser en les accroissant sans relâche.

Il faut tout recommencer, apprendre que poétiser, c'est transformer la réalité confuse- celle où notre existence est cantonnée-en une réalité où le désir se diffuse.

La vie se propage par correspondances, non par argumentation.Elle est un réseau de communication, une "religio", au sens où rien ne la sépare d'elle-même et où elle relie les êtres.

La conscience d'une vie sans limite émane du corps, elle en est la quintessence,elle préside au processus de transmutation qui entend recréer le monde au gré des désirs qu'affine patiemment l'athanor somatique.

Ainsi, la conscience est, analogiquement, la femme par excellence.Celui qui la pénétre vraiment en est pénétré.

Telle est, en l'exercice quotidien qui la devrait manifester, la grande puissance de Vie.

 

Le chevalier, la dame, le diable et la mort.

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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 07:38

Je n'ai pas de frères de race,

J'ai des frères de condition,

des frères de fortune et d'infortune,

de même fragilité, de même trouble

et pareillement promis à la poussière

et pareillement entêtés à servir

si possible à quelque chose

à quelqu'un , même d'inconnu,

à quelque frère de même portée,

de même siècle, ou d'avenir...

 

Je n'ai pas de frères de race,

ni de religion, ni de communauté,

pas de frère de couleur,

pas de frère de guerre ou de combat,

je n'ai que des frères de Terre  

secoués par la galère

des espoirs et désespoirs

des mortels embarqués, 

des frères de rêves partagés

et de peurs trop communes. 

 

Je n'ai pas de frères de race, 

j'ai des frères de condition, 

bien différents et très semblables,

d'ailleurs terriblement interchangeables

dans l'égoïsme

ou dans la compassion...

Des frères tout pétris de l'envie

de partager leur solitude avec le pain

et parfois le bonheur insigne

d'apprendre ensemble à dire non ...

 

Je n'ai pas de frères de race,

mais des frères dans le refus

de n'être qu'un passant 

des frères par l'art et le chant,

et l'énergie déployée chaque jour

à tenir tête au néant .

Des frères à travers les âges

la géographie et les frontières -

et qui sait même, au-delà de l'espèce,

peut-être un frère en tout vivant .

 

Michel Baglin . Un présent qui s'absente. Editions Bruno Doucey

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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 07:29

Et vous conquistadors navigateurs anciens

Hollandais téméraires et corsaires malouins

Cherchant des Amériques vous ne cherchâtes rien

Que l'aventure de la Toison d'or

Et vous les philosophes vous sages d'Orient

Alchimistes pointus et sorciers d'à présent

En cherchant la sagesse vous n'avez rien cherché

Que les secrets de la Toison d'or

Et vous les empereurs roitelets ou serins

Vous les vrais Charlemagne vous les faux Charles Quint

En cherchant la puissance vous ne cherchâtes rien

Que les reflets de la Toison d'or

Et vous preux chevaliers assoifés de grandeur

Vous chasseurs de Saint-Graal d'oriflammes d'horreur

Cherchant la victoire vous ne cherchâtes rien

Que lepanache de la Toison d'or

Et vous  tous les poètes  les rêveurs mal debout

Discoureurs de l'amour pour des cieux andalous

En écoutant vos muses n'avez rien chanté d'autre

Que le vieux rêve de la Toison d'or

Et vous gens d'aujourd'hui de demain

Vous balayeurs d'idôles de dieux de malins

Cherchant la vérité vous ne recherchez rien

Que la clarté de la Toison d'or .

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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 07:24

Prendre au sérieux les signaux qui parsèment le champ des possibles, où ils s'entremêlent sans être pour autant inextricables, n'est-ce pas tout simplement apprendre par quel bout saisir les évènements qui viennent à nous, en sorte qu'ils se disposent en notre faveur au lieu de caramboler et de nous heurter de plein fouet?

Le chaos des pulsions, des émotions, des pensées qui nous assaillent , sous une diversité élégante ou vulgaire, forment en nous le brouillon d'une existence où ratures, entortillements, mots justes et sonorités discordantes se chevauchent en tous sens. Nous sommes un texte à réecrire sans cesse, à ordonner, à parfaire, sous peine de le voir un jour façonner l'enfer où nous n'avons plus qu'à nous débattre, faute d'en avoir débattu à temps.

 

Le chevalier, la dame, le diable et la mort.

 

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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 07:58
Chaque jour. Sénèque

Hâte-toi de bien vivre et songe que chaque jour est à lui seul une vie.

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 08:00
Fraternité.Walt Whitman

Mon esprit au tien s'unit, cher frère,

Ne t'inquiète pas de ce que beaucoup qui font résonner ton nom ne te comprennent pas,

Je ne fais pas résonner ton nom, mais je te comprends,

Je te désigne avec joie,ô mon camarade, pour te saluer et saluer ceux qui sont avec toi,

Avant et depuis, et aussi ceux qui viendront,

Afin que tous nous travaillions ensemble, transmettant la même charge et le même héritage,

Nous, petit nombre des égaux, indifférents aux pays, indifférents aux temps,

Nous, qui embrassons tous continents, toutes castes, admettons toutes théologies,

Nous, compatissants, discerneurs, commune mesure des hommes,

Nous allons en silence parmi disputes et affirmations, mais

Ne rejetons ni les disputeurs ni rien de ce qu'on affirme,

Nous entendons les braillements et le vacarme,

De toutes parts divisions, jalousies, récriminations nous arrivent,

On forme autour de nous un cercle péremptoire pour nous enfermer, mon camarade,

Pourtant, nous allons, inarrêtés, librement par toute la terre,

Voyageant en tous sens jusqu'à ce que nous imprimions notre marque ineffaçable

Sur le temps et les âges divers,

Jusqu'à ce que nous saturions temps et âges, afin que les hommes et les femmes

Des races, des siècles à venir, s'attestent frères et amis, comme nous sommes.

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Présentation

  • : L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset
  • : VIVRE POETIQUEMENT, L'AMOUR VRAI, LA JOIE D'ETRE sont les trois facettes d'une seule et même chose qui se nomme: ETRE et ne pas seulement exister. Lorsqu'on vit poétiquement, forcément, ça laisse des traces....
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