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25 août 2021 3 25 /08 /août /2021 08:09
Le vin mordu. Luc Bérimont

à René-Guy Cadou

 

De bas brouillards tremblaient aux vallées de l'automne

Les chiens jappaient sans fin sur le bord des ruisseaux

On entendait rouiller leurs abois dans l'écho

A des lieues et des lieues, sur des pays sans borne.

 

Le vent sentait la pierre rêche et le gibier

Il était dur et vif nous trancher la gorge.

Nous nous hâtions vers quelque grange dont le porche

Offrait déjà l'abri à des coqs qui chantaient

 

Lorsque, sur le revers d'un coteau, nous trouvâmes

La jaune, apaisante caresse des raisins:

Bien à l'écart du vent, des grappes plein les mains

Nous bûmes longuement, renversés sur la flamme.

 

 

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20 août 2021 5 20 /08 /août /2021 08:16
Tableau de Claude Legrand

Tableau de Claude Legrand

Le village enchanté qu'habitent les oiseaux 

Accueille aussi des hommes larges d'épaule 

Des bouviers aussi forts que leurs taureaux roux 

Aussi doux et tendres que leur écorce est rude

 

Faites pousser en moi des arbres peuplés de piafs 

Dont le chant seul monterait jusqu'à mes lèvres 

Des coquelicots écarlates qui palpiteraient 

Dans les massives granges fertiles de nos coeurs 

 

Je vous suis dans toutes vos tâches quotidiennes 

J'entends dans mon coeur joyeux le bruit de vos pas 

Qui s'enfoncent loin dans la glaise de mes mots 

Le soir nous rassemble aux tables d'une auberge .

 

Le plain-chant des hautes-terres 

27tableaux de Claude Legrand en dialogue 

avec 27 poèmes de Jacques Viallebesset 

Editions Le Nouvel Athanor 

www.lenouvelathanor.com 

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20 août 2021 5 20 /08 /août /2021 08:14
Malenfance. Jacques Viallebesset

Des hommes galopent dans la nuit

Debout dans leur manteau d'étoiles

Traquant les loups de Malenfance

Dans la forêt des sortilèges

La crinière de leurs chevaux noirs

Sont des vagues d'écume blanche

Ils viennent à la rencontre des hommes

Brandissant l'amour tel une torche

Un soleil d'or qu'on imagine

Rougeoie dans la forge de nos coeurs

Une étrange ferveur nous gagne

Leurs montures piaffent d'impatience

Pour aller aux paupières de l'aube

Où la lumière vaporeuse dissipe

Le carnaval des astres qui meurent

J'écoute le chant d'un rouge-gorge

Qui monte sans fin de mon sang.

 

Poème extrait de  " Ce qui est épars 

Editions Le nouvel athanor

www.lenouvelathanor.com 

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17 août 2021 2 17 /08 /août /2021 08:39
Lorsque je serai mort. H. Gougaud

Qu'on me lave de vin lorsque je serai mort

que le sang de la vigne envahisse nos veines

au jugement dernier qu'on amène mon corps

parfumé de raisin de menthe et de verveine

 

 Femme aux plaisirs humains à la sève des fleurs

que ton coeur affamé jamais ne se dérobe

les chemins de l'amour sont ravinés de pleurs

si tu passes par là relève bien ta robe

 

Ne traine pas ta peine à mon enterrement

je n'y veux que sanglots de bonbonne bien pleine

où que j'aille j'irai couronné de sarments

droit comme le cyprès bon comme la romaine

 

Bon comme le festin aux dernières bouchées

bon comme le bon vin à la dernière cruche

et bon comme la nuit où je serai couché

à l'abri des embruns à l'abri des embûches

 

Le temps est une cage elle sera brisée

je prendrai mors aux dents vers l'espace immobile

et je tendrai les bras pour un nouveau baiser

au germe du raisin palpitant sur l'argile

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17 août 2021 2 17 /08 /août /2021 08:37
La poésie chantepleure. Jacques Viallebesset.

Hissez haut et fort les poutres charpentiers

C'est la poésie seule qui soutient le monde

Le paradis tient dans les paumes de nos mains

 

Ici et maintenant on blesse on viole on tue

La liberté pleure dans tous les chants des hommes

Le cœur est un moulin enfariné d'amour

Qui broie le malheur sous la meule des jours

 

Copeaux de sang ou mât des navires conquérants

Sève qui irrigue les hautes futaies humaines

Derrière les barbelés de l'exil ou dans les prés

La poésie chantepleure dans la liberté.

 

Extrait de CE QUI EST EPARS

Disponible sur www.lenouvelathanor.com

 

 

 

 

 

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13 août 2021 5 13 /08 /août /2021 09:14

 

 

S'il devait venir ce serait une nuit extraordinaire

Les touffes d'étoiles brillaient avec des racines d'or

Quand il me montra du doigt la constellation d'Orion

Je reconnus le professeur d'espérance que j'attendais 

 

La jeunesse c'est la passion de l'inutile nous dit-il 

Et il ensemença de pervenches les champs et les coeurs

Si nous savions vivre conscients nous ne serions malades

De ce trop de sang amer au lieu de sang de miel doux 

 

Il ramena un cerf qui courait libre parmi nous 

Et des biches aux cils pleurant de manque d'amour 

Dans la tendresse des herbes et l'humus des forêts

Parce qu'il voulait que la joie demeure pour tous 

 

Il fit sourdre aux corps des tambours de danse 

Comme la cadence forte du sang dans les artères

Et l'on sentit la joie aussi inépuisable que l'air 

Réveillant en nous le trop grand appêtit de vivre 

 

Une bergère seule savait sans vraiment savoir 

Elle portait en elle la joie des gestes naturels 

Ne parlait pas la langue menteuse des hommes 

Mais en initiée celle des agneaux et des oiseaux 

 

Chacun ne peut atteindre que la joie qu'il comprend  

Les passions humaines ont encore les batailles au coeur

Et la violence engendre  toujours la mort et le malheur

Alors qu'il faudrait que la joie fût tranquille et paisible 

 

Alors lucidement désespéré il avança dans l'orage

La foudre lui planta un arbre d'or dans les épaules

Et il éclata dans la nuit comme une étoile perdue 

Je l'attendrai pour revivre espérant son retour.

Extrait de  " Sous l'étoile de Giono" Chez Al Manar/Alain Gorius .  Octobre 2014  

Disponible dans toutes les bonnes librairies et sur le site www.editmanar.com

Pour saluer Giono 7 . Que ma joie demeure .Jacques Viallebesset
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9 août 2021 1 09 /08 /août /2021 09:17
Photo Albert Monier

Photo Albert Monier

C'était ici " A la belle bergère"

Une auberge à la table d'amis 

Où partager histoires et mots d'esprit 

Accompagnés d'un verre de vin amer 

 

Avec le Dragon, Valentin, Gaspard 

Ne craignait ni bandits ni orages 

Ils ne manquaient pas de beau courage 

De la peine chacun prenait sa part 

 

Dans ce pays vert où l'eau se gonfle 

Saute drue sur la roche et ronfle 

L'air vif sent la neige et la bruyère 

Dans un ciel pur à tous les vents ouverts 

 

Si ces hommes de sève sont en nous 

C'est que leur voix claire sourd de nos coeurs 

S'accorde à nos élans nous met debout 

Livrant une certaine idée du bonheur 

 

Compagnons intimes de nos rêves 

Nos pas les suivent à leur fontaine 

Croire au premier matin qui se lève 

Mériter l'amour d'une seule reine 

 

Hors du temps naissent de vastes saisons 

Où puiser la sagesse éternelle 

Avoir foi au-delà de l'horizon 

Ancrer haut nos racines dans le ciel 

 

S'ils nous parlent encore en ces temps présents 

C'est que leur sève roule dans notre sang 

Ils ravivent nos flammes de mots vivants

Qui disent du monde ce qu'il a de grand 

 

Paroles de fougères à décrypter 

Qui cachent le trésor de la vie vraie 

Les songes d'espoir ne meurent jamais

Enfants de la terre il est temps d'aimer .

 

JV 

 

Poème final de Dans le vert des montagnes-En cheminant avec Gaspard 

Editions Entrelacs. Illustré par Sat 

ISBN 979-10-90174-52-8

Prix: 16, 50 e

Disponible en librairies, le site de l'éditeur www.dervy-medicis.fr, amazon.fr, fnac.com 

 

 

Salut à Gaspard . Jacques Viallebesset
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3 août 2021 2 03 /08 /août /2021 09:01

En ces temps de perte de repères et de confusion du sens-à commencer par celui des mots-, dans cette société du spectacle où certains confondent " performance" et " poésie", comme d'autres que fustigeait Jacques Brel confondaient gymnastique et érotisme, dans cet âge obscur où des " poètes" sans poésie jouent avec les idées et les concepts, il est rassurant et réjouissant de voir s'allumer, ici ou là, les lucioles de la poésie. 

N'en déplaise à certains, celle-ci n'est pas faite d'intellect et d'abstraction, d'idées et de concepts. Elle est constituée de concret, d'émotions, de sensations, et comme est titré , justement, ce recueil " de chair et de lumière" . 

La poésie d'Emmanuelle Soni-Dessaigne est puisée au plus profond de son être, au-delà de l'ego, là où le " je" singulier tutoie l'universel. Sa source en est le coeur. Une rivière, fluide et soyeuse, s'en écoule avec une force tranquille qui traverse les contrées de l'empathie, de la compassion, de la bienveillance, de la charité, les paysages de l'Eros, de la Philia, de l'Agapè, de la tendresse, de la douceur, dessinant ainsi une nouvelle carte du tendre, qui est celle de l'Amour; l'amour de l'être aimé, l'amour de l'autre, l'amour du tout-autre, l'amour de l'Amour et ce, jusqu'à l'estuaire de la Parole. 

Entre le " Dire" et ce qui reste à dire est l'espace-temps du poème, poème jamais achevé, quête jamais accomplie. 

Vivons

Puisque nos rêves sont de sable

Nos coeurs de cendre

Nos bouches de feu 

Nos yeux d'étoiles

Ce sont là des instants d'éternité saisis à la volée, qui donnent à notre vie son sens global, notre personnalité combinée avec son accomplissement temporel et spatial, où l'écriture transforme la vie destin...

La poésie d'Emmanuelle Soni-Dessaigne, comme toute toute authentique poésie, est dialectique, comme tout mouvement, comme toute vie. L'image parlée ( toute poésie est " image parlée") que nos yeux ne voient pas n'est pas une image statique où s'achèvent les sensations. Chaque poème contient une dynamique qui éveille, parce que le langage est à la fois mémoire et anticipation des potentialités d'être.

La poésie est aventure, du langage certes, mais sa justification est dans une poétisation du monde, c'est-à-dire l'effort pour contribuer à le rendre meilleur. Habiter poétiquement le monde affirmait il y a plus de deux siècles le poète Hölderlin ( "Plein de mérites, mais en poète l'homme habite sur cette terre") . Pour Hölderlin, l'humain habite naturellement la terre en poète. Novalis, lui, affirmait: " La poésie est le réel véritablement absolu. Plus c'est poétique, plus c'est vrai".

Tous les enfants savent naturellement cette vérité première, même s'ils n'ont pas les mots pour la dire, mais les adultes l'ont oubliée, pris dans la spirale infernale de nos cités. Contempler la beauté qui nous entoure, s'en nourrir, s'en inonder l'âme en regardant avec attention chaque jour le ciel, la mer, l'écume, les arbres, la neige et le sourire de l'autre avec les yeux et l'esprit de poésie, voilà aussi ce qui se nomme "vivre". Cette manière d'être, cette attitude poétique est en fait un acte politique qui contribue à l'amélioration du monde. 

Ce qui comptera à la fin

Sera d'avoir gardé intact notre amour pour la vie

La candeur de s'extasier d'un rien 

D'un tout...

Ces poèmes sont autant de principes et préceptes du retour à l'évidence et à l'essentiel. Sa poésie, en ce sens, est originelle, qui permet de remonter aux sources de l'être.

" Les poètes nous aideront à trouver en nous cette enfance vivante, cette enfance permanente, durable, immobile" a écrit Gaston Bachelard. Tous les poèmes d'Emmanuelle Soni-Dessaigne partent de là et nous y ramènent.

Ayant retrouvé cette " Parole" qui fonde les choses, la poète peut alors, dans son écriture, se laisser aller à la plénitude de l'image, la vivre dans l'espace-temps du poème, dans son harmonie de symboles, d'émotion, de musique.

Chargée d'une tendresse brûlante, d'une douceur ardente, sa poésie n'est pas moins charnelle que spirituelle puisque l'Amour en est le sujet principal. L'Amour, symbole de la régénération de toutes choses et médecine de l'Être.

Si chaque poème est achevé, il est néanmoins une image finie ouvrant sur l'infini de l'Amour et du Cosmos. Chaque poème est fait de vibrations et de rythmes, pas seulement au sens où on l'entend souvent ( rythme prosodique) mais au sens où, rythme vital, il n'est pas seulement référence à la vie par la parole, reflet, mais bel et bien vie parlée, action. Aucun de ses poèmes n'épuise la poésie, ne l'enferme, mais, au contraire chacun la recrée à chaque fois, la renouvelle, quête jamais achevée d'un improbable poème à venir. En celà, chaque poème dit la pulsation de la VIE même. 

La poésie se propage de coeur battant à coeur battant; ouvrez grand le vôtre poour y laisser pénétrer la poésie d'Emmanuelle Soni-Dessaigne. Sa source n'est pas prête de se tarir. Il s'en écoule une eau aussi pure que bienfaisante, aussi claire que vivifiante, qui est aussi une eau de feu. 

Jacques Viallebesset 

Disponible en librairies , fnac.com, amazon.fr, le site de l'éditeur lenouvelathanor.com 

 

 

 

Préface" De lumière et de chair"E. Soni-Dessaigne .JV
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3 août 2021 2 03 /08 /août /2021 09:00
Toile de Claude Legrand

Toile de Claude Legrand

Le ciel entrouvre ses paupières bleues 

Sur la croupe verte des montagnes 

Il est tissé dans l'étoffe des rêves 

 

Renards et cerfs sont les sentinelles du vent 

Qui propage dans son sillage vif des senteurs 

De gentiane amère et de folles graminées

 

Vous qui parlez avec les animaux 

Dites-moi de quel vieux canton du ciel 

Souffle l'haleine sauvage du vent 

 

Il repousse l'espoir des hommes aux confins 

De leurs rêves drus de liberté farouche 

Bien que le poids du ciel soit sur leurs épaules 

 

Marchons avec des désirs vagabonds 

Vers l'horizon qui est celui du coeur 

Battant du même pouls que la terre . 

 JV 

Extrait de  Le plain-chant des hautes-terres 

27 tableaux de Claude Legrand en dialogue avec 27 poèmes de Jacques Viallebesset 

Editions Le Nouvel Athanor 

www.lenouvelathanor.com 

Disponible en librairie, amazon.fr, www.lenouvelathanor.com

Si vous souhaitez recevoir un exemplaire dédicacé, merci d'envoyer 

un courriel à jacques.viallebesset@orange.fr 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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3 août 2021 2 03 /08 /août /2021 08:51
Peinture de Claude LEGRAND

Peinture de Claude LEGRAND

Odeur d'humus et de bruns champignons 

Des effluves montent de la terre 

Chaudes comme la toison d'une femme 

 

Une brise coule fraîche dans les herbes 

Des gouttes de résine perlent des troncs 

Qui vont s'offrir à la faim des chevreuils 

 

Vivre vivre c'est se sentir vivre 

Avec des trilles d'oiseaux dans le corps 

Le coeur tendre caché dans sa gousse 

 

Un four à pain ouvert dans la poitrine 

Exhale son haleine de soleil mûr 

Encore un jour battant aux quatre vents.

 

Extrait de LE PLAIN-CHANT DES HAUTES TERRES 

Peintures Claude Legrand Poèmes Jacques Viallebesset 

Editions Le nouvel athanor 

Disponible chez votre libraire , le site de l'éditeur www.lenouvelathanor.com

fnac.com, amazon.fr 

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Présentation

  • : L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset
  • : VIVRE POETIQUEMENT, L'AMOUR VRAI, LA JOIE D'ETRE sont les trois facettes d'une seule et même chose qui se nomme: ETRE et ne pas seulement exister. Lorsqu'on vit poétiquement, forcément, ça laisse des traces....
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L'atelier des Poètes

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