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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 11:26
Dans la marge 1 .Jacques Viallebesset

De solstice d'été en solstice d'hiver

La nature est régénérée par le feu

Sous la cendre nait un soleil invaincu

Les forces obscures de la terre sont en nous

Comme l'est aussi le murmure des fontaines

L'esprit du vent souffle à jamais sa flamme

De la gangue de boue nait le mystère

L'hysope et la lavande dorment en terre

Les mains fragiles des hommes s'unissent

Dans la communion païenne du sang noir

Combien de siècles et de lunes se noieront

D'où jaillera un incendie de lumière

Les pierres diront au ciel qui nous étions

Graines au vent entre néant et éternité.

 

Extrait de Sous l'étoile de Giono

Editions Alain Gorius/al manar

www.editmanar.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2 août 2015 7 02 /08 /août /2015 08:44
Les biefs . Jean Lavoué

Ca y est tu remontes les biefs

Vers le pays où tout commence

Parmi les joncs les graminées

Compagnons des tourbières et des hérons cendrés

Tu reviens à la ferveur des saules

A la justesse du peuplier

Qui ont tissé la toile de ton être

L'ont tendue comme un carrelet

Avec eux tu chemines

Vers la nudité des grèves

Compagnons des levées d'enfance

Disposés à la joie autant qu'à l'abandon

Aux confidences comme au silence

Complices de la nuit

Déjà sauvés du naufrage .

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1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 08:01
Avant-Dire " Sous l'étoile de Giono".J.Viallebesset

Quel territoire où se réfugier quand nous sommes en lutte avec la solitude et que notre joie a été arrachée de nous?

                                          Jean Giono

 

Adolescent, j'ai été fasciné par des reproductions de la série de tapisseries de Jean Lurçat, Le chant du monde, dénichées je ne sais où. C'était toute une cosmogonie fantastique, une véritable symphonie de l'univers où la terre, le feu l'air et l'eau dialoguaient avec les étoiles dans un chant de couleurs, où la vie tout entière vibrait de mille taches d'or et le titre, à lui seul, me transportait. Lorsque je découvris, à la vitrine d'un libraire, un livre portant ce titre, je l'achetai aussitôt. J'ouvris les premières pages et je sus, tout de suite, que " le pays où l'on n'arrive jamais" existait. Il était là, dans ces pages à la langue drue, à l'écriture trempée dans la sève des arbres, dans les gouttes de rosée d'un brin d'herbe, peuplé de personnages forts, purs, pétris d'idéal. Je m'identifiai très vite à ces hommes vagabonds, saltimbanques et artistes qui arpentaient ce pays devenu mien. Jean Giono a été pour moi ce que Bobi est pour les personnages de Que ma joie demeure, un professeur d'espérance. Ses mots n'ont pas seulement structuré mon imaginaire, ils ont effectué en moi oeuvre alchimique en me transmutant. Ses romans, dans cette période de vie où l'humain est encore malléable comme la glaise, ont été mes "évangiles" et m'ont permis de convertir mon regard sur le monde, la vie, le cosmos et leur sens. Tout au long de ma vie, j'ai porté au fond de moi ce pays et ces hommes, comme un territoire où se réfugier en dernier recours.

Pénétrer dans ces contrées du romanesque, c'est être entrainé plus loin, plus profond, au plus vrai de la réalité et de soi-même. Restait alors à transcrire ces voyages intérieurs Pour saluer Giono et écrire à la lisière de ce palimpseste, Dans les marges de ces territoires du coeur où trouver une certaine joie d'être.

JV

"Sous l'étoile de Giono" . Editions Al Manar/ Alain Gorius. 2014 . Disponible sur le site de l'éditeur www.editmanar.com , amazon.fr, fnac.com et dans les bonnes librairies , librairie Gibert et autres ...

Des extraits en sont lisibles sur le web.magazine www.recoursaupoeme.com

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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 07:09
ô dive joie

Tu es venue

Toi la sans sommeil

La nubile

Poser sur l'arc en ciel

Tes breloques dociles

Et sur le ciel soucieux

L'alphabet de l'oubli

 

Ô dive joie

Je t'attendais

Depuis l'aube des temps

Je t'attendais

Sur le perron d'enfance

Sur la ville courroucée

Sur la prime fenêtre

Dur le verbe édifiée

Au plus près de sa source

 

Ô dive joie

Ma constellée

Ma palme

Lorsqu'il m'est apparu

Paré de mille flammes

A la charnière avide

Où se dissout la nuit

Lui

Sur le mascaret

Flamboyant de la vie

J'ai cru mourir et naître

Sous le feu de son âme

 

ô dive joie

Tu es venue

Toi la sans sommeil

La nubile

Poser sur l'arc-en-ciel

Ton alphabet docile

Et sur le ciel soucieux

Tes breloques d'oubli

 

 

Sylvie Mehaut est l'auteur d'"Immanences" ( Prix Heredia 2010 de l'Académie française) et de " Vent de lune" . Editions Atlantico. son blog www.sylviemeheut.com

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28 juillet 2015 2 28 /07 /juillet /2015 07:48

Lève-toi et combats d'un coeur résolu . Indifférent au plaisir et à la douleur, au gain et à la perte, à la victoire et à la défaite, combats de toutes tes forces.

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28 juillet 2015 2 28 /07 /juillet /2015 07:47
L'alchimie de mes désirs. Jacques Viallebesset

Où en suis-je dans ce monde

Où je vis sans lui appartenir

Où en est le chevalier nu

Sous son armure qui erre

A quelques encablures

De je ne sais quel port vide

La dame le diable et la mort

Mènent leur danse macabre

Je chevauche mes chimères

 

Où irai-je en quel temps

Le vieux monde se dissout

L'oeuvre au noir se mue au rouge

Pour brûler les ailes de la mort

En moi un chaos s'ordonne

Sur le grimoire de l'innocence

Il me faut tout recommencer

Ecrire sans fin le palimpseste

D'une vie infinie vouée

A l'alchimie de mes désirs .

 

Extrait de " Ce qui est épars"

Parution mai 2015

Recours au poème éditeurs

commande à www.recoursaupoemeediteurs.com

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28 juillet 2015 2 28 /07 /juillet /2015 07:38

Il faut être toujours ivre. Tout est là: c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut s'enivrer sans trêve.

 Mais de quoi? De vin , de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.

Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, dans la solitude morne de votre chambre , vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile , à l'oiseau, à l'horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, damandez quelle heure il est et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront"il est l'heure de s'enivrer! Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous sans cesse! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise.

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28 juillet 2015 2 28 /07 /juillet /2015 07:32

                                                               Pour l'ami qui approche et pour l'ami lointain Nous monterons de la vallée

où les insectes s'amenuisent

en pleine nuit     sans parler

pour entendre le vent et nos tempes soumises

 

L'alouette de l'aube 

entre la nuit qui passe et la nuit qui attend 

réinvente le chant que tes silences apaisent 

 

Nous monterons de la vallée 

sur les sentiers perdus dans le schiste et la glaise

et nos pas souverains     à deux pas de l'abîme

soulèveront ensemble des poussières d'étoiles .

 

Poèmes au secret. Editions Le nouvel athanor  

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27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 08:14
La nuit tragique. Jacques Viallebesset

Les bois noirs avaient pris mauvaise renommée

Autour de la grosse demeure de granit gris

Le vent sifflait dru dans les branches des sapins

Colportant de sombres histoires de bandits

 

Trois jours à rester seule dans cette forteresse

Sous une neige d'angoisse qui serrait le coeur

Entre chien et loup montait en elle une frayeur

Que ne dissipaient pas les flammes de l'âtre

 

Anne-Marie avait peur sous la courte-pointe

Rouge du lit-placard qu'animaient des lueurs

Point de loup-garou ni de farfadets des rêves

Mais un homme sortant en rampant de sous le lit

 

Sondant les cloisons mettant à bas les tiroirs

Fouillant le secrétaire remuant des papiers

Puis ouvrant une fenêtre sifflant dans la nuit

Il sortit attendre à l'extérieur les malandrins

 

Fermé dehors derrière la lourde porte de chêne

L'homme suplliait pour reprendre son couteau

Avançant sa main blanche baguée sous le vantail

Anne-Marie lui trancha d'un coup le petit doigt

 

Je jure de te faire crier pitié quelque jour

Hurla-t-il s'enfonçant dans le sang de la nuit

C'est ainsi que commença la triste histoire

Des brigands enfuis dans la forêt des malheurs.

 

Extrait de " Dans le vert des montagnes-Sur les pas de Gaspard"

A paraître 

 

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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 09:11
Le Berger. Jean Giono

Malgré la pluie qui clapote dans le feuillage des acacias,

il viendra tout à l'heure le sage qui,

solitaire, habite de l'autre coté du chemin

cette maison ceinte d'aubépines et de ronces rouges .

Nous irons nous asseoir sous le rosier si épais

que le pluie ne le traverse pas.

Je porterai la cruche de vin doux ,

l'eau dans laquelle a bouilli l'hysope

et la petite jarre d'olives vertes.

Quand il aura mangé et bu et purifié ses mains

dans l'eau parfumée,

il aplatira près de lui la terre avec la semelle de sa sandale et,

du bout de son bâton,

il dessinera les mystérieuses figures

où sont prisonniers les dieux et les déesses.

Alors, nous discuterons ensemble

les mérites de chacun

et le duvet gris du ciel, la voix de l'eau,

le champ de tulipes, l'odeur du vent marin

nous fourniront les arguments alternés,

jusqu'à l'heure où

Vénus s'allumera sur le dos de la colline.

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Présentation

  • : L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset
  • : VIVRE POETIQUEMENT, L'AMOUR VRAI, LA JOIE D'ETRE sont les trois facettes d'une seule et même chose qui se nomme: ETRE et ne pas seulement exister. Lorsqu'on vit poétiquement, forcément, ça laisse des traces....
  • Contact

L'atelier des Poètes

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