Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
28 avril 2015 2 28 /04 /avril /2015 08:35
Viro Major(mieux qu'un homme). V.Hugo pour Louise Michel

Ayant vu le massacre immense, le combat,

Le peuple sur sa croix, Paris sur son grabat,

La pitié formidable était dans tes paroles;

Tu faisais ce que font les grandes âmes folles;

Et, lasse de lutter, de rêver, de souffrir,

Tu disais:" j'ai tué!" car tu voulais mourir.

 

Tu mentais contre toi, terrible et surhumaine.

Judith, la sombre juive, Aria, la Romaine,

Eussent battu des mains pendant que tu parlais.

Tu disais aux greniers: "j'ai brulé les palais!"

Tu glorifiais ceux qu'on écrase et qu'on foule.

Tu criais:"J'ai tué!Qu'on me tue!"-Et la foule

Ecoutait cette femme altière s'accuser.

Tu semblais envoyer au sépulcre un baiser;

Ton oeil fixe pesait sur les juges livides,

Et tu songeais, pareille aux graves Euménides,

La pâle mort était debout derrière toi.

 

Toute la vaste salle était pleine d'effroi,

Car le peuple saignant hait la guerre civile.

Dehors on entendait la rumeur de la ville.

Cette femme écoutait la vie aux bruits confus,

D'en haut, dans l'attitude austère du refus.

Elle n'avait pas l'air de comprendre autre chose

Qu'un pilori dressé pour une apothéose;

Et, trouvant l'affont noble et le supplice beau,

Sinistre, elle hâtait le pas vers le tombeau.

Les juges murmuraient:"qu'elle meure!C'est juste.

Elle est infâme! -A moins qu'elle ne soit auguste",

Disait leur conscience. Et les juges, pensifs,

Devant oui, devant non, comme entre deux récifs,

Hésitaient, regardant la sévère coupable.

Et ceux qui, comme moi, te savent ncapable

De tout ce qui n'est pas héroisme et vertu,

Qui savent que si l'on te disait:"D'où viens-tu?"

Tu répondais: "Je viens de la nuit où l'on souffre;

Oui, je sors du devoir dont vous faites un gouffre!"

Ceux qui savent tes vers mystérieux et doux,

Tes jours, tes nuits, tes soins, tes pleurs, donnés à tous,

Ton oubli de toi-même à secourir les autres,

Ta parole semblable aux flammes des apôtres;

Ceux qui savent le toit sans feu, sans air, sans pain,

Le lit de sangle avec la table de sapin,

Ta bonté, ta fierté de femme populaire,

L'âpre attendrissement qui dort sous ta colère,

Ton long regard de haine à tous les inhumains,

Et les pieds des enfants réchauffés dans tes mains;

 

Ceux-là, femme, devant ta majesté farouche,

Méditaient , et , malgré l'amer pli de ta bouche,

Malgré le maudisseur qui, s'acharnant sur toi,

Te jetait tous les cris indignés de la loi,

Malgré ta voix fatale et haute qui t'accuse,

Voyaient resplendir l'ange à travers la méduse.

 

Tu fus haute et semblas étrange en ces débats;

Car, chétifs comme sont les vivants d'ici-bas,

Rien ne les trouble plus que deux âmes mêlées,

Que le divin chaos des choses étoilées

Aperçu tout au fond d'un grand coeur inclément,

Et qu'un rayonnement vu dans un flamboiement.

 

VICTOR HUGO

 

Illustration de Eloi Vallat

 

 

 

Partager cet article
Repost0
27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 07:53

              Marcher serein à l'inconnu, vers l'aride,

crieur de corps et noble voyageur

sur le chemin mystérieux,

la route d'un devenir de lumière, 

écrire l'énigme de la beauté

pour en apprivoiser l'indicible dédale, 

                                   l'inapaisé en ses frissons, 

   retrouver l'instant où rythmes prennent allure,

où les silhouettes flottent encore les yeux ouverts

                                      sur l'éternel et le silence .

                            Sentinelle enfin, que dire encore 

de la nuit...

 

 

Extrait de Déclaration d'incandescence . Editions Rafaël de Surtis .  

Partager cet article
Repost0
22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 07:04

La terre, la terre entiere inscrite

avec ses lignes de vie et de chance.

ses sillons, ses vaisseaux, sa tablature

les à-plats de couleurs élémentaires

où le rythme des rocades s'impose.

 

La terre, tour à tour illuminée

ou sombre, en l'alternance des lueurs

comme la provisoire palette

que le peintre a posée sur le silence

de l'infini qu'un géomètre arpente.

 

 Et ces hauts-reliefs que déciderait

le sculpteur épris de pierre, de métal

ou l'architecte élucideur de voûte:

a peine inflorescence de lichen

notre oeuvre, sur le sol, à main levée.

Partager cet article
Repost0
22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 07:00
Ils firent "la Commune". Louise Michel.Paul Verlaine

Ballade en l'honneur de Louise Michel

 

Madame et Pauline Roland

Charlotte, Théroigne, Lucile,

Presque Jeanne d'Arc, étoilant

Le front de la foule imbécile,

Nom des cieux, coeur divin qu'exile:

Cette espèce de moins que rien

France bourgeoise au dos facile

Louise Michel est très bien.

 

Elle aime le Pauvre âpre et franc

Ou timide, elle est la faucille

Dans le blé mûr pour le pain blanc

Du pauvre, et la sainte Cécile,

Et la Muse rauque et gracile

Du Pauvre et son ange gardien

A ce simple; à cet imbécile

Louise Michel est très bien.

 

Gouvernements et mal talent,

Mégathérium ou bacille,

Soldat brut, robin insolent,

Ou quelque compromis fragile.

Tout cela son courroux chrétien

L'écrase d'un mépris agile.

Louise Michel est très bien.

 

Envoi

 

Citoyenne! Votre évangile

On meurt pour!C'est l'Honneur! Et bien

Loin des Taxil et des Bazile

Louise Michel est très bien.

 

Paul Verlaine

Partager cet article
Repost0
21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 07:47

CORRIDA DE MUERTE

 

Les hauts barons blasonnés d'or,

Les duchesses de similor,

Les viveuses toutes hagardes,

Les crevés aux faces blafardes

Vont s'égayer. Ah!oui, vraiment

Jacques Bonhomme est bon enfant.

 

C'est du sang vermeil qu'ils vont voir,

Jadis, comme un rouge abattoir,

Paris ne fut pour eux qu'un drame

Et ce souvenir les affame;

Ils en ont soif. Ah!oui, vraiment

Jacques Bonhomme est bon enfant.

 

Peut-être qu'ils visent plus haut:

Après le cirque, l'échafaud;

La morgue corsera la fête.

Aujourd'hui seulement la bête,

Et demain l'homme. Ah!oui, vraiment

Jacques Bonhomme est bon enfant.

 

Les repus ont le rouge aux yeux.

Et cela fait songer les gueux,

Les gueux expirant de misère.

Tant mieux! Aux fainéants, la guerre!

Ils ne diront plus si longtemps:

Jacques Bonhomme est bon enfant.

 

Louise Michel

 

Illustration d'Eloi Vallat.

Journal de la Commune

Editions Bleu Autour

 

.Ils firent "La Commune".Chanson de cirque.Louise Michel
Partager cet article
Repost0
21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 07:32

Il est sans doute à l'arrière des chemins

Une maison solitaire au milieu de la nuit

La lampe restée allumée et rien

Ne vient troubler la paix la lumière et la vie

C'est là où veille sur les frères humains

Le souffle de la poésie

Quelques mots sur la porte de l'humilité

Bousculés entre imaginaire et immensité

C'est là où veille l'invisible du poème

Le toucher délicat de quelques mots qui vous aiment

Et même s'il faut rester longtemps 

Pour atteindre au plus clair des ciels 

Dans l'intime du vent

Les cloches vibrantes

Et l'essentiel 

La nuit est assez vaste pour apaiser l'attente. 

 

Patrick Chemin  

Partager cet article
Repost0
19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 08:55
Liberté. La Fayette

Pour que vive la liberté, il faudra toujours que des hommes se lèvent et secouent l'indifférence ou la résignation.

Partager cet article
Repost0
16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 07:18

Mon dieu, mon dieu, celà ne s'éteint pas

Toute ma forêt, je suis là qui brûle

J'avais pris ce feu à son dernier pas.

J'attendais toujours le jour d'être cendre

Je lisais vieillir où brise l'osier

Je guettais l'instant d'après le brasier

J'écoutais le chant des cendres descendre.

J'étais du couteau, de l'âge égorgé

Je portais mes doigts où vivre me saigne

Mesurant ainsi la fin de mon règne

Le peu qu'il me reste et le rien que j'ai,

Mais puisqu'il faut bien que douleur s'achève

Parfois j'y prenais mon contentement

Pariant sur l'ombre et sur le moment

Où la porte ouvrant, déchire le rêve.

Mais j'ai beau vouloir en acvoir fini

Chercher dans ce corps l'alarme et l'alerte

L'absence et la nuit, l'abîme et la perte

J'en porte dans moi le profond déni.

Il s'y lève un vent qui tient du prodige

L'approche de toi qui me fait printemps

Je n'ai jamais eu de ma vie autant

Même entre tes bras, aujourd'hui vertiges.

Le souffrir d'aimer flamme perpétue

En moi l'incendie étend ses ravages

A rien n'a servi, ni le temps, ni l'âge

Mon âme, mon âme, où m'entraines-tu?

Où m'entraines-tu?

 

Partager cet article
Repost0
8 avril 2015 3 08 /04 /avril /2015 08:16
Avancer. Henri Pourrat

Ce n'est pas parce qu'on marche qu'on avance, ce n'est pas parce qu'on avance qu'on s'élève .

Henri Pourrat

La sève

Dessin de Marc Bourgne

Partager cet article
Repost0
2 avril 2015 4 02 /04 /avril /2015 07:37
Christianisme. Michel Onfray

Le christianisme a vidé le ciel de ses astres pour le remplir de ses fictions. Michel Onfray.

Cosmos

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset
  • : VIVRE POETIQUEMENT, L'AMOUR VRAI, LA JOIE D'ETRE sont les trois facettes d'une seule et même chose qui se nomme: ETRE et ne pas seulement exister. Lorsqu'on vit poétiquement, forcément, ça laisse des traces....
  • Contact

L'atelier des Poètes

logo-atelier-poetes-color-web-4

Recherche

Le Recueil Édité :