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4 février 2018 7 04 /02 /février /2018 10:55

Des tourbillons, des mondes, des années,

des flores de solstices et de mémoire,

des siècles par silos, des forêts mortes,

dont les magmas d'étoiles se dispersent,

des meules bleues de gerbes galactiques

et le temps sourd et la nuit s'alourdit.

Un astronef se perdit dans l'espace:

on dit qu'il fut sur Mars au premier jour

et qu'il mourut de lui rendre la vie.

Parfois, rôdant sur les routes stellaires

où nul vaisseau jamais ne se risqua,

loin de nos ports martiens nous guettons

la fabuleuse étincelle qui brûle

ainsi qu'un feu de saint-elme à la mâture

des nuits d'éclipse. Incandescence noire

d'un météore emprisonnant des hommes,

pulsation qui garde son secret

mais nous parvient au-delà de tant d'ombre,

braise d'un songe encore sous la cendre,

signe de vie, salamandre des âges

qui fuit et naît de soleil en soleil.

 

L'opéra de l'espace. Collection Blanche

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4 février 2018 7 04 /02 /février /2018 10:53

Je ne cherche pas d'images dans les songes

mais dans l'inconnu du monde,

aux rives de la terre et en tous lieux inhabités,

aussi bien sous le ciel millimétré des almagestes

que près des récifs de vieux portulans

même si mes regards et mes pas sont d'abord accordés

aux grandes dépressions de sable, d'herbe ou de neige.

 

Chaque tracé porte mes caravanes

qui vont interminablement d'égarements en bivouacs

pour oublier le but et se mettre à distance,

sans épices, sans houppelande ni porcelaine ni encens;

un jour elles sont en Judée chargées de manuscrits

ou bien près du Rio Grande aux portes d'Albuquerque

avec des caisses de bières et des caisses de fusils.

 

Il n'est pas de parcours étroit

dans un atlas qui met le centre aux pôles

aux sources du Gange, au coeur de l'Amazone;

lignes, courbes, chiffres, latitudes, longitudes

n'ont plus souci du labyrinthe à sens unique

avec sortie par le guichet d'immigration,

la vie est dans les marges et tout est no man's land.

 

Une carte dépliée, c'est Byzance

à deux battements de cils de Novgorod,

c'est les îles de la Sonde sous le vent des Marquises,

un cavalier qui passe à gué de Cadix à Tanger,

C'est Katmandou, Lhassa, Srinagar, Dehra Dun,

Yarkand, Kaza, Keylong, Bénarès, Darjeeling

sous l'empire espéré d'un Kanisha troisième du nom.

 

Je fais tourner le globe et garde la tête chaude,

quel raid nous allons mener Gengis!

quelles merveilles nous allons conter Messire Polo!

quelle chimère nous allons forcer plus à l'Est Csoma!

partout nos courses à l'estime sont exactes

nous avons nos chamans, la science du vide au ras du sol

et ces zones sans fin où ranimer nos âmes mortes.

 

La route va où elle veut

et je ne déroute que moi par instinct ou caprice

comme on prend le premier train qui part

le premier bus qui klaxonne au matin

le premier bateau qui frémit au bout de l'embarcadère,

comme on s'offre un nouveau destin sur le papier

et la chance d'être plus que soi, ailleurs.

 

 

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31 janvier 2018 3 31 /01 /janvier /2018 08:36

Laisse ici ton bagage d'espoirs,

De peurs secrètes, de ténèbres,

Tes oripeaux d'enfance, tes ferveurs,

Et tous les morts qui t'accompagnent

De leurs paisibles voix aimées.

Tu dois poursuivre seul,

Lourd de tes mots, de tes silences,

Sans autre recours que ton dénuement,

Pour mesurer ta vie

A l'abandon des êtres et des rêves,

Pour que ton âme s'illumine

De ce qu'elle a quitté.

 

Ce qui est écrit sur la pierre

Ne t'apprend rien que tu ne saches.

Méfie-toi de ces mots qui voudraient

Te parler de toi. Ils sont leurres.

Ce qu'ils cherchent à dire

Demeure en deça des paroles.

Fouille en toi plus profond,

Jusqu'à cette lueur qui tremble

En ce miroir embué de ténèbres

Où ton visage dort encore.

Ne désespère pas, tout est si proche,

Ta lumière ici fait silence.

 

Toutes les routes sont promises

A qui les rêve sans les voir.

L'une s'ouvre à tous les voyages,

L'autre avec toi s'enfonce au coeur du temps,

La troisième fait don d'une enfance

A celui qui n'en avait plus,

Une autre encore à l'errance t'incite

Vers une terre en friche où naisse enfin

L'espoir sous la parole et toute paix

Dans le regard des hommes.

Tu t'inventes, les yeux fermés,

Le seul chemin qui ne mène qu'à toi.

 

Ce que le monde te raconte,

Préserve-le comme un secret

Scellé sous l'écorce de la chair.

Au fond de tes yeux veille encore

L'innocence du premier regard.

Chaque syllabe en toi fait don

De sa lumière au jour qui la suscite

Et, d'un souffle, renait pour mourir

D'une autre vie, d'alle-même jaillie.

L'été, la nuit, tout t'habite à jamais,

La neige, le galet, l'oiseau perdu

Et cette flaque où le ciel nu respire.

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30 janvier 2018 2 30 /01 /janvier /2018 08:30
Poème . Jean Lavoué

Nous sommes d'une source 

Qu'aucune pluie n'abreuve 

Mais qui ne tarit pas

 

Nous sommes d'un matin

Arraché à la nuit 

Par un autre soleil

 

Nous sommes d'une origine 

Sans commune mesure 

Sans étoile certaine

 

Nous sommes d'un amour

Aussi vaste que le vent

Aussi nu qu'un désert 

 

Nous sommes d'une communion 

Dont nous sommes le centre 

Et le cercle infini 

 

Nous sommes d'une symphonie 

L'instrument etl'archet 

Et la main qui relève 

 

Nous sommes d'un silence 

Que nul chant nul feuillage 

Ne sauraient contenter

 

Nous sommes d'un chemin 

Sans bornes et sans tracé 

Que visite l'Ouvert  

 

Nous sommes d'une foi 

Sans rives et sans frontière 

Aux doutes traversés 

 

Nous sommes d'une forêt 

Font nous sommes l'aubier 

La racine et la cime 

 

Nous sommes d'une mélodie

Que chaque chant d'oiseau 

Consent à imiter 

 

Nous sommes ces moissons 

Le couvert et le pain 

La table partagée 

 

Nous sommes de ce pays 

Qui nous change à mesure 

Que l'on n'arrive jamais 

 

Nous sommes de cette voix 

Qui murmure notre nom 

Dans le souffle d'un été 

 

Nous sommes de ce printemps 

Dont les branches nous frôlent 

Sans jamais nous toucher 

 

Nous sommes d'une blessure 

Dont le feu couve en nous 

Elargit nos foyers 

 

Nous sommes d'une parole 

Non encore entendue 

Toujours à écouter 

 

Nous sommes pour chacun 

L'eau du puits et le seau 

La margelle où puiser . 

 

Poème inédit 

 

 

 

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25 janvier 2018 4 25 /01 /janvier /2018 09:03

Je viens du ciel déclos où s'illumine le sacre des étoiles.

Je porte sur les lèvres la fontanelle du futur,

la claire certitude d'une conscience enfin resurgie.

Mon coeur est un cristal vivant dans la transparence du Temps.

Je suis sillon, je suis sillage.

Je suis sérénité du Soi qui a rejoint son vrai visage.

Je suis la source et la semence du soleil souverain de l'âme.

Je suis la chrysalide dormant encore en l'homme,

Je suis l'éveil de l'Ange enclos,

L'Initié l'Illuminé, l'Irradié d'immortalité.

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24 janvier 2018 3 24 /01 /janvier /2018 08:28

Enfonce-toi dans le vert pays de l'arbre

Médite dans ses branches

Appuie ton front ta tête contre le ciel 

Dès lors tu n'appartiens plus à ce monde 

Tu as dénoué tes entraves 

Tu grimpes avec la sève 

avec le vent 

Vers le visage éclatant du bonheur 

A tes auberges de soleil 

viennent boire les oiseaux 

et tout en bas 

te désarçonne une fois encore 

le cheval cabré de la mort 

 

Jean-Pierre Nicol 

Extrait de " La juste lumière"

Editions Les déjeuners sur l'herbe 

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28 novembre 2017 2 28 /11 /novembre /2017 08:21

Je ne suis fils de personne

Je ne suis d'aucun pays

Je me réclame des hommes

Qui aiment la terre comme un fruit

 

Au gré de l'amour

J'aimerais m'abandonner

Au rythme des jours

Et des nuits dévoilées

J'aime le goût d'écume

La saveur des embruns

La douce amertume

Des brumes du matin

 

Reverrai-je encore l'automne

Le temps des grandes marées

Puis l'hiver où tout frissonne

Puis un printemps puis l'été

Toutes saisons pour aimer

 

Au gré de l'amour

Peut-on s'abandonner

Quand on se souvient

Ce que sera demain

Contre les humains

Qui s'aiment dans leur coin

Les forêts d'acier

Fleurissent de barbelés

 

Sommes-nous si peu de choses

Des insectes trop petits

Ne sommes-nous donc plus des hommes

Pour nous laisser faire ainsi

Est-il encore temps d'aimer

 

Au gré de l'amour

J'aimerais m'abandonner

Dans un lit de sable

Par les vagues bordé

Sous le grand soleil

Avant d'être glacé

Au bruit des abeilles

Vivre le temps d'aimer

 

Reverrai-je encore les neiges

Les feuilles mortes s'envoler

Laissez-moi me prendre au piège

Du doux plaisir d'exister

Laissez-moi le temps d'aimer

 

Je ne suis fils de personne

Je ne suis d'aucun pays

Je me réclame des hommes

Qui aiment la terre comme un fruit

 

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23 octobre 2017 1 23 /10 /octobre /2017 09:13
Gaspard Hauser chante. Paul Verlaine

Je suis venu, calme orphelin,

Riche de mes seuls yeux tranquilles, 

Vers les hommes des grandes villes:

Ils ne m'ont pas trouvé malin. 

 

A vingt ans, un souffle nouveau 

Sous le nom d'amoureuses flammes

M'a fait trouver belles les femmes:

Elles ne m'ont pas trouvé beau.

 

Bien que sans patrie et sans roi

Et très brave ne l'étant guère, 

J'ai voulu mourir à la guerre: 

La guerre n'a pas voulu de moi .

 

Suis-je né trop tôt ou trop tard? 

Qu'est-ce que je fais en ce monde? 

Ô vous tous, ma peine est profonde:

Priez pour le pauvre Gaspard .  

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23 octobre 2017 1 23 /10 /octobre /2017 07:58
La maison de vent. Lanza del Vasto

J'ai ma maison dans le vent sans mémoire, 

J'ai mon savoir dans les livres du vent,

Comme la mer j'ai dans le vent ma gloire, 

Comme le vent j'ai ma fin dans le vent. 

 

Extrait de Le chiffre des choses . 

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5 octobre 2017 4 05 /10 /octobre /2017 06:52
Devant lui . Anne Perrier

Devant lui 

Il rabattait la lumière

En écartant les mains

C'était beau de le voir

Jouer avec le matin si sérieusement 

Il ouvrait des villages et des villes 

Qui seraient restés perdus dans de longs plis d'eau

Et puis tant de visages 

Purs végétaux

Que tout de suite il aimait 

pour leur fraîcheur et leur vieil âge

Ainsi toute la terre coulait dans sa gorge 

Comme une goutte de rosée 

poursuivie des oiseaux

 

Anne Perrier 

Oeuvres poétiques . Ed L'escampette . 

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  • : L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset
  • : VIVRE POETIQUEMENT, L'AMOUR VRAI, LA JOIE D'ETRE sont les trois facettes d'une seule et même chose qui se nomme: ETRE et ne pas seulement exister. Lorsqu'on vit poétiquement, forcément, ça laisse des traces....
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