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4 février 2019 1 04 /02 /février /2019 16:06

Je crois en l'homme , cette ordure

Je crois en l'homme , ce fumier

Ce sable mouvant , cette eau morte

 

Je crois en l'homme, ce tordu

Cette vessie de vanité

Je crois en l'homme cette pommade

Ce grelot, cette plume au vent

Ce boutefeu, ce fouille-merde

Je crois en l'homme, ce lèche-sang

 

Malgré tout ce qu'il a pu faire

De mortel et d'irréparable

Je crois en lui

Pour la sureté de sa main

Pour son goût de la liberté

Pour le jeu de sa fantaisie

 

Pour son vertige devant l'étoile

Je crois en lui

Pour le sel de son amitié

Pour l'eau de ses yeux, pour son rire

Pour son élan et ses faiblesses

 

Je crois à tout jamais en lui

Pour une main qui s'est tendue

Pour un regard qui s'est offert

Et puis surtout et avant tout

Pour le simple accueil d'un berger.

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3 septembre 2018 1 03 /09 /septembre /2018 08:35

A peine a-t-on le temps de vivre

On se retrouve cendre et givre

Adieu

Et pourtant j’aurais tant à faire

Avant que les mains de la terre

Me ferment à jamais les yeux

Je voudrais faire un jour de gloire

D’une femme et d’une guitare

D’un arbre et d’un soleil d’été

Je voudrais faire une aube claire

Pour voir jusqu’au bout de la terre

Des hommes vivre en liberté

Assis entre deux équilibres

Dans ce monde qui se croit libre

Et qui bâtit des miradors

Je voudrais bien que nul ne meure

Avant d’avoir toutes voiles dehors

Aimé toutes voiles dehors

A peine a-t-on le temps de vivre

On se retrouve cendre et givre

Adieu

Et pourtant j’aurais tant à faire

Avant que les mains de la terre

Me ferment à jamais les yeux

 

De mes deux mains couleur d’argile

Je voudrais bâtir une ville

Blanche jusqu’au dessus des toits

Elle serait belle comme une

Chanson du temps de la Commune

Pétrie de bonheur hors-la-loi

Et puis que le printemps revienne

Pour revoir à Paris sur peine

Des enfants riant aux éclats

Lorca errant dans Barcelone

Tandis que l’abeille bourdonne

Dans le frais parfum des lilas

A peine a-t-on le temps de vivre

On se retrouve cendre et givre

Adieu

Et pourtant j’aurais tant à faire

Avant que les mains de la terre

Me ferment à jamais les yeux.

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3 septembre 2018 1 03 /09 /septembre /2018 08:18
La nuit funambule. Catherine Smits

La nuit je funambule

Sur la corde de ta voix 

Le corps lesté 

De l'impérieux désir 

De mon ventre 

 

J'enfante des étoilements 

Ruisselance de nous 

Mon sang tournoie

Désormais

Il n'a d'autre chemin 

Que toi . 

 

Catherine Smits 

Poème inédit 

Tous droits réservés 

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3 août 2018 5 03 /08 /août /2018 15:08
Passante. Joë Bousquet

Elle a promené dans le villes 

Le pas qui tremblait sur les eaux 

Une chanson la déshabille 

Son silence est né d'un oiseau 

Elle illumine la lumière 

Comme l'étoile du matin 

Quand tout le ciel est sa paupière 

Embellit le jour qui l'éteint 

Mais l'astre d'où le ciel s'envole 

Sait-il où nos voeux sont allés 

Quand mon coeur bercé de paroles 

Se meurt de la chanson qu'il est 

Quel mal trouvait-elle à me plaire 

Qu'un aveu me l'ôte si tôt

Mouillant ses regards de sorcière 

Des pleurs qu'il a pris au ruisseau 

Hélas ne pleurez point madame 

Si j'ai mes jolis soins perdu 

Près d'un enfant aux yeux de femme 

Qui joue à l'enfant qui n'est plus . 

 

Extrait de " La connaissance u soir" 

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1 août 2018 3 01 /08 /août /2018 07:33
Le marronnier. Lionel-Edouard Martin

Pose ton front contre le coeur 

du marronnier, prête l'oreille 

au trajet de la sève, à cette 

force qui forge 

l'oiselet dans le ciel-du fer 

incandescent crissant

près du soleil-,écoute

le grand dire du bleu:

 

que tout nuage est une feuille, 

feuille aussi l'hirondelle,

jusqu'à cette étincelle

sur les traverses de l'orage, 

jusqu'à l'étoile, 

 

Tout naît de l'arbre et de sa course

à l'aplomb de la terre, 

de son cheminement sans griffes

parmi la lave et le cortex, 

sous le lichen et sous la mousse, 

sous le plumage et sous le derme, 

en telle profusion 

 

que tu ne parles de langage

que le murmure de la branche

et de l'écorce où pulse un verbe 

qui s'émerveille d'être sang. 

 

Lionel-Edouard Martin 

Poème inédit 

 

 

 

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31 juillet 2018 2 31 /07 /juillet /2018 08:08
L'éternité maintenant . Catherine Smits

Je déclare l'éternité maintenant 

Dans l'intime morsure du désir 

Avec l'écho tourbillonnant 

Devant ses ailes qui l'étirent 

 

Le temps peut bien m'ensevelir 

Coudre ma bouche d'un dernier fil 

J'ai au fond de la gorge un râle 

Etranger à la mort et à son châle 

 

Même glacée ma bouche te suppliera 

D'un psaume de cendres qui répandra 

Nos impatiences en pluie d'oiseaux 

L'amour sera mon seul tombeau . 

 

Poème Inédit. Tous droits réservés .  

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11 juillet 2018 3 11 /07 /juillet /2018 09:00
Blues du grand jeu. André Velter

Je suis le fils des caravanes

Qui tournent sur la terre 

Fils d'une horde sans nom 

Qui n'a mémoire que de la soif

Du soleil à midi

Et de la poussière levée .

 

La route a pour horizon 

Une prière au jour le jour

Qui défie l'espérance

Autant que les malédictions, 

Et ligne un mantra aux nuages 

A défaut de l'oreille des dieux. 

 

Ce qui nous mène est une question 

Sans réponse ni retour

Mais avec un refrain à chaux et à sable

Que l'on dirait irrémédiable 

Pour peu que s'y joue le Grand jeu 

A la barbe des gardes-frontières.

 

Je m'invente un pédigree

Et passe où bon me semble, 

A Kaboul comme à  Seville

Sans avoir à changer d'allure

A Lhassa comme à Tanger 

Sans avoir à changer de peau. 

La marche se veut tout terrain

Pourvu qu'elle garde encore à vif.

 

La marche se veut tout terrain 

Pourvu qu'elle garde à vif

Le souffle de la vraie vie

Tempo toujours renaissant

Même s'il force un peu la note

Quand il trafique dans l'infini.

 

Extrait de " Les solitudes" . Gallimard  

 

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19 juin 2018 2 19 /06 /juin /2018 08:42
Illustration Paul Trilloux

Illustration Paul Trilloux

Un homme fatigué mais innocent

la tête posée à même la nuit

sur le faux billot de la mort

est allongé dans la spirale parfaite du sommeil 

 

Mais sous les arabesques souples du corps

grouille un noeud de passions

 

Au plus dur du silence

comme une poche de grisou 

niche le rêve clos d'un dieu 

qui pourrait souffler tout l'ordre du monde

 

Pourtant

du papillon des songes 

dans la chrysalide du sommeil 

que restera-t-il demain? 

Quelque poussière étrange de couleurs éclatées

sur les doigts maladroits du temps...

 

Extrait de NOCTALGIES-silence d'honneur 

éditions BOF 1982

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6 juin 2018 3 06 /06 /juin /2018 07:54
illustration Paul Trilloux

illustration Paul Trilloux

Derrière le chemin de ronde de l'enfance

a régné l'homme noir, le temps d'une frayeur 

dans les yeux d'un gamin. 

 

Homme noir,homme noir

que fais-tu des enfants que tu n'emportes plus

des enfants qui rêvaient de désobéissance? 

 

Bohémien de la mort de l'ame, tes chevaux sont parqués

dans le terrain vague des mots. 

Mais pourquoi restes-tu à planter ton regard

au vif d'une nuit purulente? 

Indélébile tache au front du souvenir,

homme noir prophétique, qui nous suit comme un spectre, 

homme noir, qui rassembles 

en un dernier mirage

les fruits assassinés de n'être pas cueillis, 

homme noir qui ressembles 

à notre désamour, 

quel feu relèvera le défi de ton ombre? 

 

Extrait de Noctalgies-silence d'honneur 

Editions BOF 1982 

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3 juin 2018 7 03 /06 /juin /2018 08:22
illustration Paul Trilloux

illustration Paul Trilloux

Vénérable écheveau de rides,

sillons abrupts,

piège où se ravit le regard,

torrents d'oubli que notre songe amoureux 

remonte jusqu'aux sources des nuits

Montagne ou racine, qu'importe!

 

Le temps seul pourra dénouer 

ce feu secret qui se resserre sous l'écorce 

comme un noyau songeant en silence à ses fleurs.

 

Et le rêve chancelle heurtant 

un vieux pays mort sur la route ...

 

Mais pour qui tous ces noeuds

aux racines du temps? 

Quel petit poucet a laissé

tomber ces cailloux du passé? 

 

Pour les oublieux de passage

et qu'ils retrouvent leur chemin ...

 

Christian Moncelet 

Extrait de Noctalgies-silence d'honneur 

Editions BOF 1982

 

 

 

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  • : L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset
  • : VIVRE POETIQUEMENT, L'AMOUR VRAI, LA JOIE D'ETRE sont les trois facettes d'une seule et même chose qui se nomme: ETRE et ne pas seulement exister. Lorsqu'on vit poétiquement, forcément, ça laisse des traces....
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