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29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 05:00

Vous étiez là je vous tenais

Comme un miroir ntre mes mains

La vague et le soleil de Juin

Ont englouti votre visage

 

Chaque jour je vous ai écrit

Je vous ai fait porter mes pages

Par des ramiers par des enfants

Mais aucun d'eux n'est revenu

Je continue à vous écrire

 

Tout le mois d'aout s'est bien passé

Malgré les obus et les roses

Et j'ai traduit diverses choses

En langue bleue que vous savez

 

Maintenant j'ai peur de l'automne

Et des soirées d'hiver sans vous

Viendrez-vous au rendez-vous

Que cet ami perdu vous donne

En son pays du temps des loups

 

Venez donc car je vous appelle

Avec tous les mots d'autrefois

Sous mon épaule il fait bien froid

Et j'ai des trous noirs dans les ailes.

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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 05:00

La chair est triste, hélas! Et j'ai lu tous les livres.

Fuir!là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres

D'être parmi l'écume inconnue et les cieux!

Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux

Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe

O nuits! ni la clarté déserte de ma lampe

Sur le vide papier que la blancheur défend

Et ni la jeune femme allaitant son enfant

Je partirai! Steamer balançant ta mâture

Lève l'ancre pour une exotique nature!

Un ennui, désolé par les cruels espoirs,

Croit encore à l'adieu suprême des mouchoirs!

Et, peut-être, les mâts, invitant les orages

Son-ils de ceux qu'un vent penche sur les naufrages

Perdus, sans mâts, sans mâts ni fertiles ilôts

Mais, ô mon coeur, entends le chant des matelots!

 

Stéphane Mallarmé

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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 05:00

Car voici l'aire où battent les vents

On monte vers le ciel des chaluts

Et des feux glorifient le palud

Où la haute mer veille souvent

 

Voici ce que je suis au grand jour

Dans le sang et le sel des embruns

C'est la prière d'un coeur marin

Pour mémoire d'un pays d'amour

 

Venez sur son éternel versant

C'est le royaume que j'ai gravé

Par la séquence de mes versets

Et l'ample mesure des jusants

 

Là-bas la brume de mes fortunes

Fait luire les chardons de la dune

Le sang de la mer et le silence

Mes pas éblouis par sa présence

 

Au temps calme des rogations

Mes blès frémissent de passion

Ainsi s'avance l'heure sonore

Immense qui encercle l'aurore

 

Voyez dans l'air octave la mer

Où les brisants lancent leurs appels

Comme le vent blanchit l'archipel

Un souffle célèbre le mystère.

 

Jean-Pierre Boulic

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 05:00

Echanges des pollens des regards et des ondes

Espions indiscrets

Odeurs des noirs taillis parfums des touffes blondes

Et des linges secrets

 

Vous courez plus actifs que la semence ailée

Que le fer sur l'aimant

Car l'amour au hasard et à toute volée

Vous sème étourdiment.

 

Notre code a ses lois, la nature les siennes

Qui me dictent ces vers.

Par l'amour secoué l'arbre lâche ses graines

A tort et à travers.

 

Jean Cocteau

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 05:00

Je vis, je meurs: je me brule et me noie,

J'ai chaud extrème en endurant froidure

La vie m'est et trop molle et trop dure,

J'ai grands ennuis entremêlés de joie.

 

Tout en un coup je ris et je larmoie ,

Et en plaisir maint grief tourment j'endure

Mon bien s'en va, et à jamais il dure

Tout en un coup je sèche et je verdoie.

 

Ainsi Amour inconstamment me mène

Et, quand je pense avoir plus de douleur,

Sans y penser, je me trouve hors de peine.

 

Puis, quand je crois ma joie être certaine,

Et être en haut de mon désiré heur,

Il me remat en mon premier malheur.

 

Louise Labbé

 

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 05:00

Sous le pont mirabeau coule la Seine

Et nos amours

Faut-il qu'il m'en souvienne

La joie venait toujours après la peine

 

Vienne la nuit sonne l'heure

Les jours s'en vont je demeure

 

Les mains dans les mains restons face à face

Tandis que sous

Le pont de nos bras passe

Des éternels regards l'onde si lasse

 

Vienne la nuit sonne l'heure

Les jours s'en vont je demeure

 

L'amour s'en va comme cette eau courante

L'amour s'en va

Comme la vie est lente

Et comme l'espérance est violente

 

Vienne la nuit sonne l'heure

Les jours s'en vont je demeure

 

Passent les jours et passent les semaines

Ni temps passé ni amours reviennent

Sous le pont Mirabeau coule la Seine

 

Vienne la nuit sonne l'heure

Les jours s'en vont je demeure

 

Guillaume Appolinaire.

 

 

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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 05:00

Il y avait une femme

au milieu de la terre,

si rongée de mystère

qu'on la prenait pour un fruit pouri.

Et les hommes la piétinaient

pour lui arracher ses rêves;

tiède jus échappé des lèvres

que le sol à pleine bouche buvait.

Laisserai-je voguer un fruit pourri

dans sa saison de grande peine

avec ses cris de mort-né?

Il y avait une femme

aux contours de musique,

marguerite au halo d'or

confondue avec la lune.

Au réveil-en aurai-je le coeur net?-

effeuillée pour se distraire

au contact de mille doigts.

Et j'attendais son message

comme aux plus beaux jours de la vie.

Rien ne vint. Nul ne sut que j'étais vivre

de me mirer dans le lac

où l'oiseau abattu reposait.

Comment la nuit fait-elle à suivre

le mal que je nourris au secret?

Elle me livre comme un prisonnier

poings liés au désespoir.

Tant de larmes ont coulé depuis.

La nuit dévore ceux-là seuls qui tombent.

Il y avait une femme

sur le chemin pierreux du soir

qui ne voulut jamais dire son nom

mais qui s'appuyait à mon épaule

et parlait d'avenir.

J'ignorais son visage.

Je ne me souviens que de ses lèvres

tant il ya vait dans l'air

d'étranges insectes lents

qui ressemblaient à des grains légers de riz.

Il y avait une femme

qui riait sur mon épaule

et j'étais comme un arbre

emporté par l'oiseau.

Je ne sais plus où je vais

Le temps des fleurs est consommé.

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 05:00

On sort et on entre

On entre et on sort

On change de ventre

C'est là notre sort.

 

Maternelle terre

Ventre maternel

Ô double lumière

De notre tunnel

 

De ventre je change

L'un l'autre m'aimant

Le dernier nous mange

Maternellement

 

D'une nuit en route

Vers une autre nuit

La joyeuse voute

Trompe notre ennui

 

Trop de solitude

Ne m'a pas oté

Ma vieille habitude

De l'éternité.

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 05:00

Je crois en toi

Visage parmi les pierres veinées de soie

Le plus seul avec son courage

Le plus près de la terre

Sous sa taie de soleil

Tu glisses avec les algues de douceur

Entre les rameaux blancs les mains

L'humus découvert des saisons

Tu portes sur le front le tatouage des tempêtes

Les stigmates du fleuve

Derrière toi il y a tout un passé qui s'ouvre

Une enfance incertaine

Le meilleur de toi-même que tu croyais perdu.

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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 05:00

Le désespoir n'a pas d'ailes,

L'amour non plus,

Pas de visage,

Ne parlent pas,

Je ne les regarde pas,

Je ne leur parle pas

Mais je suis bien aussi vivant

Que mon amour et mon désespoir.

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Présentation

  • : L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset
  • : VIVRE POETIQUEMENT, L'AMOUR VRAI, LA JOIE D'ETRE sont les trois facettes d'une seule et même chose qui se nomme: ETRE et ne pas seulement exister. Lorsqu'on vit poétiquement, forcément, ça laisse des traces....
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