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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 05:00

Vent du Sud,

Brun, ardent,

Ton souffle sur ma chair

Apporte un semis de brillants

Regards et le parfum

Des orangers. Tu fais rougir la lune

Et sangloter

Les peupliers captifs, mais tu arrives

Trop tard.

J'ai déjà enroulé la nuit de mon roman

Sur l'étagère!

 

Sans nulle haleine,

Tu peux m'en croire!

Tourne, mon coeur,

Tourne, mon coeur.

 

Vent du nord,

Ours blanc!

Tu souffles sur ma chair,

Tout frissonnant d'aurores

Boréales,

Avec ta traîne de spectres

Capitaines,

Et riant aux éclats

De Dante.

Ô polisseur d'étoiles!

Mais tu arrives trop tard.

L'armoire est vermoulue

Et j'ai perdu la clé.

 

Sans nulle haleine,

Tu peux m'en croire!

Tourne, mon coeur,

Tourne, mon coeur.

 

Brise-gnomes et vents

Venus de nulle part.

Moustiques de la rose

Aux pétales en pyramides.

Vents alizés grandis

Parmi les rudes arbres,

Flûtes dans la bourrasque,

Laissez-moi!

De lourdes chaînes suivent

Mon souvenir,

Et l'oiseau est captif

Qui dessine le soir

Avec ses trilles.

 

Les choses qui s'en vont ne reviennent jamais.

Tout le monde le sait,

ET dans le peuple clair des vents

Il est vain de se plaindre.

 

N'est-ce pas, peuplier, doux maître de la brise?

IL est vain de se plaindre!

Sans nulle haleine,

Tu peux m'en croire!

Tourne, mon coeur,

Tourne, mon coeur.

 

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 05:00

Je t'appelle j'appuie

Ma langue à mon palais j'apprends

D'une profonde inspiration de l'air ton approche

Ton âpre empire ta présence déjà proche

Je pressens ta préséance obscure ta clarté

Ce pantèlement des pétales je prends

Par avance ton poids dans ma main

Comme d'un vin pour le verre

Ta légéreté comme d'une vapeur dansante

Sur les doigts comme le pas rythmé qui se pose

A peine d'une prose

Je respire ton nom je répète

La rose

Toi qui es la rose de cuivre et de soufre

La rose d'amarante et la rose de candeur

Comme le feu dans la blancheur des cendres

Une bouche qui s'ouvre

Toi qui es la rose éclatante ô rose à ce temps de l'année

où tout n'est qu'oraison de ta gloire et de ta semblance

ô rose qui est ton être et ton nom.

 

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 05:00

Les femmes comme moi

ignorent la parole,

le mot leur reste en travers de la gorge

comme une arête

qu'elles préfèrent avaler.

Les femmes comme moi

ne savent que pleurer

à larmes rétives

qui soudain

percent et s'écoulent

comme une veine coupée.

Les femmes comme moi

endurent des coups

et n'osent pas les rendre .

Elles tremblent de colère

réprimée

Lionnes en cage

les femmes comme moi

rêvent...

de liberté...

  

 "les âmes aux pieds nus" aux éditions "Le temps des cerises" . 2011

 

De blessures en caresses

 

"Une voix, nue, libre et souveraine, s'est levée: une voix de femme. Celle de Maram al- Masri, née à Lattaquié en 1962, exilée à Paris depuis 1982. Mais ce n'est pas de cet exil-là dont parle Maram al-Masri, pas non plus des femmes d'un Orient fantasmé. Elle rend la  parole à des dizaines de femmes de tout âge et de toutes conditions à qui on l'a confiquée, exilées dans leutr propre vie car victimes de la violence qui leur est faîte par de trop nombreux tyrans domestiques. Ce pourrait être un cri de révolte ou une longue plainte, la poète pourrait user d'effets poétiques et lyriques, d'emphase et de grandiloquence, c'est tout l'inverse. Le vers est bref, clair, sobre pour dire l'émotion contenue , la langue est celle d'un quotidien économe de mots et c'est, justement de cette économie et de cette pudeur que naissent la puissance et la justesse des images.Ces intimes blessures béantes, Maram al-Masri les recouvre avec délicatesse d'un voile de tendresse et les soigne d'une caresse d'amour, car, même dans le manque et la douleur, c'est bien, malgré tout, l'amour que dit Maram al-Masri.

 

Alain-jacques Lacot. Magazine littéraire. Juillet-Aout 2011

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 05:00

Laissez-moi entr'ouvrir cette porte d'auberge

Car je cherche quelqu'un d'un haut pays de neige

Comme une odeur de lys au déclin d'un été

Il avait pris soudain un chemin de traverse

Où le ciel enroulait ses écharpes de blé

Et voici que la salle est vide et que son pas

S'efface comme un bruit de source dans les bois

Comme un léger murmure d'ombre avant l'averse

Et nul ne sait plus rien de lui sinon qu'il reste

Dans le verre brisé sur le coin de la table

Un sillage terni de sang coagulé.

 

In "les Riverains du feu". Anthologie Le Nouvel Athanor. 2009

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 05:00

Voleur, mais dira-t-on voleur quand il s'agit

D'un homme abandonné sous la lampe qui crie

Je ne porte sur moi que les forêts d'automne

Mettez-moi nu si vous voulez mais que personne

Ne cherche à soupesr ce coeur qui n'en peut plus

Si je tiens dans mes bras des oiseaux de passage

C'est qu'il a bien fallu réchauffer ce visage

Et ce corps tout entier que le gel a mordu

Voleur de grands chemins! si l'on vole l'écume

Des soirs, si la première étoile qui s'allume

Est promise à des yeux qui ne sont pas les miens

J'ai toujours cru que la lumière était mon bien

Que je pouvais puiser dans le  vent ma colère

Et m'allonger près de mon ombre sur la terre

Comme un berger s'endort à coté de son chien

Certes j'ai possédé le ciel plus que les femmes

J'ai fait du grelot noir des nuits une belle âme

Qui tinte; est-ce voler que de prendre en ses amis

Des fleurs et de crier: ceci est le levain

De toute vie; est-ce voler que de confondre

Amour avec amour; est-ce voler encor

Que de coucher son nom sur le livre du port

Lorsque le voyageur ne partira jamais?

Voler! Mais si j'avais des ailes que serait-ce?

 

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 05:00

Si chacun de mes voeux pouvait être exaucé

Mes lunettes seraient par deux lacs remplacées.

 

Et le nuage bleu m'enverrait un habit

Tissé tout à la fois de soleil et de pluie.

 

Pour canne la forêt me donnerait un tronc

alors je cours le monde et tous les horizons

 

Je vais et je vais, dans l'abri que je vois

Une colombe vit qui frissonne de froid.

 

Je brise mon bâton qui m'est pourtant si cher

Et dans l'âtre aussitôt fais flamber un feu clair,

 

Réchauffe-toi, colombe, et fume cheminée!

Je vois un champ dont les graines sont calcinées,

 

Je me dévêt de mon seul bien, de mon habit,

Pour recouvrir le champ de soleil et de pluie,

 

Je traverse plus loin un paisible village

Où je vois des enfants jouer parmi les lacs

 

Sur mes lunettes leurs bateaux se sont lancés

Peut-être mes voeux furent-ils exaucés?

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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 05:00

Je ne sais pas si j'ai vécu.

Je ne sais pas si je vis

Je regarde le ciel

Et ne reconnais pas le monde

 

Mon corps s'en va vers la nuit

L'amour, les fleurs des images

D'un sens à l'autre m'appellent

 

Ne laisse pas ma main privée de bougie

Quand ma chambre s'obscurcira

Comment dans la blancheur

Verrai-je ton éclat?

 

Ton appel comment l'entendrai-je

Quand je resterai seul sur mon lit

Quand mon corps connaitra le silence et le froid?

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 05:00

Je prends mes réalités pour tes rêves

Et la femme qui adoucit mon âme

N'a d'égale que l'homme guerrier

Qui lève en moi sa colère ancestrale

 

Je vois rouge

Qui parle de mes cavernes

De mes plaies ouvertes et recouvertes

Des apparences tranquilles de chaque jour

 

J'ai des parades de funambule

Avec un panaché pour jouer l'insouciance

Quand grondent  en moi tes rapaces de désirs

Le cantique sauvage de tes formes

Les précipices béants

 

J'aime l'orgue inventée de mes nuits secrètes

L'eau-de-vie de mes passions barbelées

La rage de ton manque en guise de compagne

Et ma patrie de monstres à tuer chaque soir

 

Je ne porte pas en moi l'ombre même d'une patience

Mes colombes sont mortes avant de chanter juste

Mes vautours revivent dans l'hiver insomniaque

Je n'ai de "gentil"

Que le fourreau du poignard.

 

Soleil au poing. Editions Le Castor Astral. 2011

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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 05:00

Tenir le contingent à distance

Tenir l'äme au-dessus de la mêlée

Tenir Dieu pour une idée comme une autre

Un support, une éventualité

Une contrée sauvage de l'univers poétique

Tenir les promesses de son enfance

Tenir tête à l'adversité

Ne pas épargner l'adversaire

Tenir parole ouverte

Tenir la dragée haute à ses faiblesses

Ne pas se laisser emporter par le courant

Tenir son rang dans le rang de ceux qui sont décidés

A tenir l'homme en position estimable

Ne pas se laisser séduire par la facilité

Sous le prétexte que les pires

Se haussent commodément au plus haut niveau

Et que les meilleurs ont peine à tenir la route

Etre digne du privilège d'être

Sous la forme la plus réussie:l'homme.

Ou mieux encore: la femme

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 05:00

Je ne suspendrai pas ma harpe aux branches d'arbre

Mais pour tous les vents j'en jouerai

Même en rêve déjà je n'ai plus en partage

Un pays de miel et de lait

 

Un souriceau dans mon ame grignote,

Pères, aîeux, votre vieux chant s'abat

La semaine, clouant un astre sur sa porte

Et il verrouille mon propre Shabbat

 

Broyez-moi, broyez-moi, minuscules pépins,

Meules des temps passés et des temps à venir

Si seulement ainsi l'étoile du matin

Comme une pomme peut mûrir.

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Présentation

  • : L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset
  • : VIVRE POETIQUEMENT, L'AMOUR VRAI, LA JOIE D'ETRE sont les trois facettes d'une seule et même chose qui se nomme: ETRE et ne pas seulement exister. Lorsqu'on vit poétiquement, forcément, ça laisse des traces....
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L'atelier des Poètes

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