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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 05:00

Et tu m'habites terre

Archet sur la joue du violon

Dans le hennissement de la mer

Indomptable les notes éphémères

Déroulées en pelotes d'écume

Jalouses de la chevelure rebelle

Dans la chevauchée des prismes

Cette taille comme une crinière

Pour libérer mille et un cavaliers

Des montures aux parage des bordures

Touches de piano aux tourbillons d'exil

Guidées par les contraintes des contours

Pourquoi avez-vous égaré mon ancre

Les cordes usées de tant d'incendies

 

Je te nomme Tunisie. Editions Al Manar. 2011

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 05:00

D'abord il vous faudra du temps, beaucoupde temps. Du loisir.

Du silence en vous et autour de vous. Du silence.

Coupé d'ardoises sur les toits, ou de cigales, dans le Sud.

De longs moments de solitude pour n'être pas seul loin des autres

Et des mains, pour toucher les mots. Il vous faut écouter profond

Un cheminement de racines, voir des éclats parmi les feuilles

Guetter une démarche aisée ou non, qui n'est qu'à soi

Respirer le parfum des corps, l'odeur des genêts, des lavandes,

Et piéger, dans ce qui est dit, le gibier terré sous les mots.

 

Vous aurez à déjouer des ruses, des malices. Le coeur se prend

Aux orphéons, à la mémoire des musiques

Aux mouvements bien cadencés des grandes parades, pas un bouton

Qui manque aux guêtres! Et des guirlandes. Vous dépisterez ceux qui s'en vont

Semer leurs herbes dans d'autres traces, et le grain pourri de la mode

Il faudra le mettre aux issues. Tout celà prend beaucoup de temps.

Pour aller à la découverte

Votre radar s'appelle un don. Mais en échange , donnez-lui

Le partage de votre vie, captez l'appel des voix lointaines

Votre écho: le premier mot fut dit par vous.

 

II

 

Il n'y a pas de mot clé, il n'y a pas de sésame

Ni caverne, ni porte. Pas de coffres plein de joyaux

Les dictionnaires sont des univers où la réalité des mondes

Se tait, chuchote, ou meurt. Pas de mots clés, pas de serrures

Mais des racines de chaque mots poussent des forêts pour les vents

Les océans et les nuages. Les mots sont des graines

Qu'on vend sur des marchés, des cris, une semence.

 

III

 

Je ne recherche pas l'enchevêtré dans l'arabesque des paragraphes

Un tracé infiniment repris enregistré dans tous les sens

Une calligraphie par sa répétition devenue fascinante et folle

Une rature sans espoir étouffant le blanc du papier

Je ne jette pas, comme aux chats, la pelote de l'illisible

Ne dévide pas pour du vent un fil d'Ariane inépuisé

Ne reprends pas pour m'y complaire un ressassage de vieillardes

N'obscurcis rien, n'explique rien. Je dis des choses machinales

Un mouvement de sang que nul n'entend.

 

 

 

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 05:15

Dans une île de citrons amers

Où les froides fièvres de la lune brûlent

Par les sphères sombres des fruits,

 

Et l'herbe sèche sous le pied

Torture le souvenir, pour corriger

Des habitudes mortes depuis une demi-vie,

 

Il vaut mieux que le reste soit inexprimé,

La beauté, les ténèbres, la véhémence;

Que les vieilles nourrices de la mer

 

Gardent leurs mémoires somnolents,

Et que la tête bouclée de la mer de Grèce

Garde ses calmes comme des larmes retenues,

 

Garde ses calmes comme des larmes retenues.

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 05:00

Pour ne pas oublier, puis-je me souvenir que justement

je ne me souviens pas.

Ce n'est que lorsque je reconnais que je ne sais rien

qu'il m'est donné la possibilité de tout connaître

Car la perception de ma fragilité renforce la conscience

qui m'est donné de l'Infini,

Comme la constatation de mon oubli me rappelle à la Présence.

Ai-je une autre solution que de voir où se loge le problème?

Il me faut percevoir le monde voilé de faux pour m'ouvrir à la vraie vie,

Et sentir les barreaux de ma prison pour réussir mon évasion

Et comprendre qu'en vérité j'ai toujours été libre.

Seule la claire vision de mon manque m'offre la possibilité d'être comblé

Car ce n'est encore que lorsque je perçois que sans coeur,

je suis incapable d'aimer,

Que se révèle à moi le merveilleux Amour!

Seule la perception directe de mon amour-propre

Me révèle la présence impersonnelle de la paix.

Je ne peux vivre qu'en voyant ma vanité

Comprendre que "je suis la voie, la vérité et la vie",

En faisant l'expérience de l'impasse du mensonge et de la mort.

Car je ne suis pas un homme qui fait l'expérience d'être un homme.

Voir que je ne suis rien pour sentir que je suis Tout

Contempler l'éphémère pour renaître à l'Eternel.

Ici et maintenant, voilà quelle est ma tâche,

Et le doux labeur de la Béatitude-

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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 05:00

 

 

Otages. Salah Faik. éditions al-Manar. 2011

 

Entre Irak et Philippines

 

" parce que j'ai toujours laissé mes paumes ouvertes, L'ordre de partir m'a réveillé" constate avec amertume Salah Faik. Qu'emporte avec lui un homme sur les chemins de l'exil?Quelques photos, des rêves inachevés, des visages d'amis maintenant disparus, le fracas des armes dans les oreilles, et, malgré tout, quelques espoirs où des"îles inondées émergent, des joies s'ouvrent. Un bien maigre et pourtant bien lourd bagage que ces trente-trois poèmes extraits des six recueils publiés de ce poète d'origine turque, né en Irak,qui, accomplissant sa promesse, vit aujourd'hui aux Philippines où"heureux des cochons mouillés qui l'entourent, il voit juste un humain qui  se reconnait en toute chose". Il s'agit bien, certes, d'un exil obligé par une dictature qui a pris des vies en otages et Salh Faik nous parle bien de cette réalité, mais au-delà de celle-ci une autre réalité apparait, qui fait que l'on a trop tôt quitté la jeunesse et que l'on cherche à la retrouver tout au long de sa vie. Ce pays-là est commun à tous les humains et dans toutes les langues du monde se dit: "nostalgie".

 

Alain-Jacques Lacot. Le Magazine littéraire. Juillet-Aout 2011

 

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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 05:15

A Tahar Djaout,

A tous les artistes et intellectuels assassinés dans le monde

 

Ils débarquèrent tout noir

Dans le silence de la nuit noire

 

Ils fracassèrent la porte

Les tiroirs le lit et les cendriers

 

Ils prirent ses crayons noirs

Ses feuilles noircies et blanches

 

Ils enchainèrent ses bras frêles

Et baillonèrent sa grande gueule

 

Ils repartirent tout noir

Dans le fracas de la nuit noire

 

Et s'arrëtèrent dans une forêt noire

Un corbeau rodait déjà dans le noir

 

Ils coupèrent d'abord ses doigts

En premier les index qui accusent

 

Ils crevèrent le vert de ses yeux

Quand le désespoir est leur vision

 

Ils coupèrent sa langue NON

Quand la meute ne hurle que oui

 

Ils percèrent ses tympans sourds

A leur musique de bruits de botte

 

Ils arrachèrent son coeur palpitant

Violet d'amour qu'ils ne connaaissent

 

Puis dans la terreur de la nuit noire

Ils fracassèrent son cerveau lumière...

 

Des milliards d'étoiles jaillirent

Tourbillon spiral dans le ciel noir

 

Et depuis ce jour scintillent les étoiles

Dans la beauté des nuits noires

 

Inédit. Tous droits réservés.

Avec l'aimable autorisation de Barek Abas

 

 

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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 05:00

Le corps se nourrira de ses doigts, de son ventre

et de sa poitrine

le corps se nourrira de ses ailes

te fera goûter sa peau et sa chair et sous ton poids tes os s'étireront

comme les tendres branches d'un saule qui se balance

comme une pâte levée au prix de longues nuits

et tu oublieras que c'est ton corps

tu deviendras une masse spirituelle

et tu oublieras de prendre

d'avaler

et de respîrer

 

pour atteindre celle qui court lentement

qui avance et recule

impétueuse et prudente

brûlante et glaciale

ardente et fraîche

mouillée et sèche

douce et amère

tu jailliras liquide blanc

odeur d'océan

et d'écume

dévorant la langue et ce qui reste

 

Par la fontaine de ma bouche . Editions Bruno Doucey 2011

 

De blessures en caresses

 

" C'est encore une femme que chante la poète Maram al-Masri dans "Par la fontaine de ma bouche", une femme aimée d'un amour charnel. Il n'est question ici que de corps à corps, de caresses, de passion et d'émotion, d'érotisme enfin. Ce sont les chants d'amour du "cantique des cantiques" glorifiant le ventre, les seins, le sexe, exaltant le désir, le plaisir et la jouissance. Maram al-Masri nous parlerait-elle des amours sapphiques et de la fontaine de sa bouche, seraient-ce les mots de Lesbos qui couleraient? Oui, à condition d'entendre que c'est avec La Poésie que Maram al-Masri fait l'amour. Oui, si l'on comprend qu'elle se donne tout entière à la poésie en même temps que celle-ci s'incarne en elle et par elle, dans une relation égalitaire. Sappho, oui, plutôt qu'Ishtar ou Shéhérazade auxquelles elle se réfère pourtant ou plus exactement une Louise Labé de la modernité, renoant avec le lyrisme incandescent de la poètesse de l'antiquité et comme elles deux nous rappelant que la poésie est féminine".

 

Alain-Jacques Lacot . Le Magazine littéraire. Juillet-Aout 2011

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 05:00

Tout ce qui prend teinte et s'ouvre et fait enfance

Tout ce qui devient paume haleine et palpitation

Ce premier pavois frissonnant fragile

Cette précocité de la lèvre cette peau

Trop parfaite au printemps comme une invite à la blessure

Mais d'habitude il me semblait déjà qu'à cette époque à cette époque

La feuille laissait voir le sang la première étoile un point une promesse

De la rose

Et si la rose cette année

Parce qu'il n'y a pas eu suffisamment de neige ou trop de glace

Si la rose dans sa profondeur atteinte éteinte était

Absente cette année ou comment appeler celà

Si c'était fini de la rose

Fichu flambé forclos de la rose

Pour quelque mal souterrain quelque éclosion de larves inconnues

Une rouille avant l'heure un tarissement de sève

Une sorte de fièvre puerpérale dans la pourpre et la pâleur

Un blanc d'odeur ou pire un cheminement d'hormones

Une déroute des parfums la fente et la faille à la fois

La faillite si c'était la faillite

De la rose

Comme c'est long comme c'est long cette année

Cette interminable attente de la rose

Et puis à l'épuisement du souffle à l'impossible

De la feinte à la perte de l'impassibilité

Qu'elle perce enfin qu'elle perce

Imperceptible encore mais

Qu'elle perce

La rose

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 05:00

Prends le verre dans une main, telle une tulipe du mois de mai!

Avec une jolie à joues de tulipe, si le jour s'y prête, sois gai!

Fais la fête! Bois du vin dansla douceur du temps!

Le temps vieillissant dans l'argile va s'allonger!

 

Je suis ivre rien qu'en voyant les verres de vin!

Je suis poète en feu rien qu'en regardant les jolies!

Je fais de l'ivresse en regardant les verres de vin!

Je fais des vers quatre par quatre en regardant les jolies!

 

ô coeur, puisque le destin te tourmente

Et puisque l'âme sincère doit te quitter, ô corps,

Dans l'herbe, assieds-toi et fais la fête quelques jours

Avant que l'herbe pousse sur ta tombe pour toujours.

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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 05:00

Le véritable Nom n'est pas celui qui dore les portiques,

illustre les actes; ni que le peuple mâche de dépit;

 

Le véritable Nomn'est point lu dans le Palais même, ni

aux jardins ni aux grottes, mais demeure caché par

les eaux sous la voûte de l'acqueduc où je m'abreuve.

 

Seulement dans la très grande sécheresse, quand l'hi-

ver crépite sans flux, quand les sources, basses à

l'extème, s'encoquillent dans leurs glaces,

 

Quand le vide est au coeur du souterrain et dans le sou-

terrain du coeur, - où le sang même ne roule plus,-

sous la voûte alors accessible se peut recueillir le Nom.

 

Mais fondent les eaux dures, déborde la vie, vienne le

torrent dévastteur plutôt que la Connaissance!

 

 

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Présentation

  • : L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset
  • : VIVRE POETIQUEMENT, L'AMOUR VRAI, LA JOIE D'ETRE sont les trois facettes d'une seule et même chose qui se nomme: ETRE et ne pas seulement exister. Lorsqu'on vit poétiquement, forcément, ça laisse des traces....
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