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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 10:10

Et des enfants grandissent, aux regards profonds

Qui ne savent pas, grandissent et meurent

Et les hommes vont leur chemin.

 

Et les fruits, d'amers deviennent doux

Et tombent de nuit, comme l'oiseau mort

Et demeurent l'espace de quelques jours et pourrissent.

 

Et toujours souffle le vent et toujours encore

Nous entendons et profèrons maintes parole

Et sentons passer le plaisir et la fatigue dans nos membres.

 

Et des routes courent parmi l'herbe , et ça et là

Sont des lieux habités avec leurs torches, leurs arbres, leurs étangs

Et menaçants et desséchés comme la mort...

 

Pourquoi les a-t-on construits? Ne deviendront-ils jamais

Semblables? Et ne ont-ils pas infiniment nombreux?

En quoi se changent le rire, les larmes et les pleurs?

 

Que nous importe celà et tous ces jeux?

A nous qui sommes grands pourtant, et solitaires

Et errants sans jamais poursuivre aucun but?

 

Que nous importe d'en avoir tant vu?

Cependant il en dit long celui qui prononce ces paroles:

" Voici le soir", mots d'où deuil et signification.

 

S'écoulent comme le miel lourd du rayon vide .

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 08:20

Par le pouvoir d'un mot nous habitons la Terre

En nommant la nature, nous nous en distinguons

 

Nous nous en séparons pour mieux la posséder

C'est en la baptisant que nous la faisons nôtre

 

Connaître l'univers, c'est d'abord le nommer

L'appeler par les noms que nous lui inventons

 

C'est là le beau métier de savant de poète 

L'un cherche à dire les choses; l'autre leur reflet

 

Changeant en notre coeur; l'un cherche à les saisir

L'autre à les retenir, car fugace est la vie .

 

L'un tente de comprendre; l'autre de séduire

Et tout en sachant bien que ni mots ni concepts

 

Ne sauraient épuiser le secret de la vie

Jamais on ne renonce à aimer ni penser. 

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 09:34

On vous parle du vent des plaines

qui de l'âme emporte les plaintes

suivez le vent à perdre haleine

vous ne saurez oùvous emmènent  

 

son souffle et ses longs appels

qu'un soir après des semaines 

et des semaines d'errements

le vent vous trompe direz-vous

 

mais c'est votre ombre qu'il entraîne 

afin de lui donner le temps 

de s'accomoder de ses ailes 

pour vivre avec les revenants 

 

Le 70ième prix Apollinaire a été décerné à JC Pirotte pour "Cette âme perdue" (editions Le castor astral) et "Autres séjours" ( Editions Le temps qu'il fait)   

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 06:00

Des hauteurs de Belêm

Les larmes des guitares

Qui perlent dans la voix

Des chanteurs de fado,

 

Comme un nouveau rio

Descendent vers le Tage

Pour s'y perdre au grand large

Dans un dernier sanglot  

 

Saudade est un feu qui couve sous la cendre;

C'est un mélange étrange de force et de douceur.

Un pincement de corde sur le rythme du coeur

Pour bercer les regrets d'un amour qui n'est plus.

 

Qui n'est pas arrivé par la mer à Lisboa,

Au lever du soleil ou le jour finissant,

Ne comprendra jamais qu'il s'agit d'une femme

Qui repose alanguie au bord de l'océan .

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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 07:24

Les hypocrites qui se disent des ascètes

prétendent distinguer entre l'âme et le corps

Je vais donc me coiffer d'un broc de vin la tête,

et qu'ils me scient le crâne, s'ils croient que j'ai tort .

 

Moi, tant que j'ai du vin, des roses, les joues rondes

de mon amour auprès de moi, au bord de l'eau,

je suis heureux. Car, depuis que je suis au monde,

j'ai bu, je bois et je vais boire tout mon lot.

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 05:55

Et la mer et l'amour ont l'amour pour partage,

Et la mer est amère, et l'amour est amer,

L'on s'abime en l'amour aussi bien qu'en la mer, 

Car la mer et l'amour ne sont point sans orage.

 

Celui qui craint les eaux qu'il demeure au rivage,

Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer,

Qu'il ne se laisse pas à l'amour enfllammer,

Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.

 

La mère de l'amour eut la mer pour berceau,

Le feu sort de l'amour, sa mère sort de l'eau,

Mais l'eau contre ce feu ne peut fournir des armes.

 

Si l'eau pouvait éteindre un brasier amoureux,

Ton amour qui me brule est si fort douloureux,

Que j'eusse éteint son feu de la mer de mes larmes.

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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 07:39

Un soir, l'âme du vin chantait dans les bouteilles:

"Homme, vers toi je pousse, ô cher déshérité.

Sous ma prison de verre et mes cires vermeilles,

Un chant plein de lumière et de fraternité!

 

Je sais combien il faut, sur la colline en flamme,

De peine, de sueur et de soleil cuisant

Pour engendrer ma vie et pour me donner l'âme;

Mais je ne serai point ingrat ni malfaisant

 

Car j'éprouve une joie immense quand je tombe

Dans le gosier d'un homme usé par les travaux,

Et sa chaude poitrine est une douce tombe

Où je me plais bien mieux que dans mes froids caveaux.

 

Entends-tu retentir les refrains des dimanches 

Et l'espoir qui gazouille en mon sein palpitant?

Les coudes sur la table et retroussant tes manches,

Tu me glorifieras et tu seras content;

 

J'allumerai les yeux de ta femme ravie;

A ton fils je rendrai sa force et ses couleurs

Et serai pour ce frêle athlète de la vie

L'huile qui raffermit les muscles des lutteurs.

 

En toi je tomberai, végétale ambroisie,

Grain précieux jeté par l'éternel Semeur,

Pour que de notre amour naisse la poésie

Qui jaillira vers Dieu comme une rare fleur!" 

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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 17:07

Comme une préparation à la fête

ainsi devrait être l'exercice de l'écriture

Avec des bois clairs et des fibres de métal

des pierres taillées et des tissus colorés

des arches et des volutes des drapeaux et des feuilles

nous dresserions la maison jusqu'à ce qu'elle frémisse 

d'intelligence et de verve Au milieu du monde

elle serait ce passage vers le moment

où nous graviterions tous dans l'obscur

contre les racines protectrices de la terre

La musique jaillirait des arbres musculaires

lumière ardente et immense sur la patrie

et le feuillage des veines D'adorables élans

façonneraient des membres aux lignes souples

où les corps triomphent dans le triomphe des choses

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 09:25

Dormir avec toi retrouver

au moindre sursaut ton épaule

entendre ta respiration

mesure du temps qui me reste

 

Reste encore un peu près de moi

console-moi de ton absence

toutes les saisons de ta vie

teindront la roue de mes années

 

tant d'autres fantomes défilent

dans les corridors du sommeil

 

Encore te voir et t'entendre 

suivre tes conseils obéir

à tes subtiles suggestions

dans mes héditations voraces

 

Moi qui suis si sec et si raide

cherchant à maintenir le masque

sans lequel je m'effondrerais  

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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 09:37

Chaque fois on l'offre

oubliant ses anciennes douleurs

croyant qu'il va être sauvé cette fois-ci

 

On dissimule ses blessures avec de la couleur

on les décore avec des fleurs

et on le présente comme s'il était neuf

et commençait à battre

à l'instant

 

On jure

y croyant nous-mêmes

que nous n'avons jamais connu

de tels sentiments

tellement heureux de trouver

ce qui va

l'accepter

ce qui va

le chérir

et 

peut-être

ce qui va le blesser 

à nouveau.  

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Présentation

  • : L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset
  • : VIVRE POETIQUEMENT, L'AMOUR VRAI, LA JOIE D'ETRE sont les trois facettes d'une seule et même chose qui se nomme: ETRE et ne pas seulement exister. Lorsqu'on vit poétiquement, forcément, ça laisse des traces....
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