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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 08:50

Nature au coeur profond sur qui les cieux reposent,

Nul n'aura comme moi si chaudement aimé

La lumière des jours et la douceur des choses,

L'eau luisante et la terre où le vie a germé.

 

La forêt, les étangs et les plaines fécondes

Ont plus touché mes yeux que les regards humains

Je me suis appuyér à la beauté du monde

 Et j'ai tenu l'odeur des saisons dans mes mains.

 

J'ai porté vos soleils ainsi qu'une couronne

Sur mon front plein d'orgueil et de simplicité,

Mes jeux ont égalé les travaux de l'automne

Et j'ai pleuré d'amour aux bras de vos étés.

 

Je suis venue à vous sans peur et sans prudence

Vous donnant ma raison pour le bien et le mal,

Ayant pour toute joie et toute connaissance

Votre âme impétueuse aux ruses d'animal.

 

Comme une fleur ouverte où logent des abeilles

Ma vie a répandu des parfums et des chants,

Et mon coeur matineux est comme une corbeille  

Qui vous offre du lierre et des rameaux penchants.

 

Soumise ainsi que l'onde où l'arbre se reflète

J'ai connu les désirs qui brûlent dans vos soirs

Et qui font naître au coeur des hommes et des bêtes

La belle impatience et le divin vouloir.

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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 16:06

Je cueille des yeux bleus

dans la jungle des enfants

moi qui viens d'un pays

où le vent est ami moins sûr que la parole

Ô mort d'une métamorphose

que de sables perdus

que de vies en absence.

Pour celui chercheur d'un oeil bleu

guidé par ses narines de chercheur

il n'est de vérité qu'une présence

de terre qu'un corps en fleur

et d'arbre qu'un hoquet de paysage.

Je cueille des yeux bleus 

comme autant de questions solaires

immortellement vôtres

et ces fontaines mères du soir

bleu liquide des choses simples.

En terre neuve d'oubli

je cueille des yeux bleus 

et leurs longues pensées reposent dans mes mains. 

 

In "Enfances" de Christian Poslaniec et Bruno Doucey.

éditions Bruno Boucey 2012.

Anthologie sur la thématique du "Printemps des poètes".  

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 06:15

Nous ne sommes pas médisants

et nous n'aimons pas l'injustice.

Il ne faut pas noircir autrui,

ni dire que nos frocs sont bleus.

On ne doit pas dire du mal

des puissants comme des derviches .

Le plus sage est de s'abstenir,

que ce soit beaucoup ou si peu.

Nous ne réfutons pas la science

en utilisant des sophismes

Et nous refusons de jongler 

avec le mystère de dieu .

Le roi refuse notre vin 

de libertins, sans courtoisie?

Nous n'allons donc pas lui offrir

notre vin pur comme ambroisie.

Nous allons à pied, gaiement,

devant les frères de la Voie.

Nous n'avons pas besoin de prendre

des chevaux de roi noirs et beaux.

Puisque le ciel brisa la nef

de nos vertueux en bateau,

il vaut mieux ne pas se fier

à cette sphère qui tournoie.

Si quelques jaloux a médit

et qu'un ami en prenne ombrage,

Dis-lui: peu importe , car nous

n'écoutons pas le sot langage.

Quand l'ennemi se trompe, Hâfez,

nous ne lui cherchons pas querelle,

Et s'il nous dit la vérité,

nous l'accepterons telle quelle. 

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 06:00

Brillante étoile! que ne suis-je comme toi immuable-

Non seul dans la splendeur tout en haut de la nuit,

Observant, paupières éternelles ouvertes,

Comme de Nature le patient Ermite sans sommeil,

Les eaux mouvantes dans leur tâche rituelle

Purifier les rivages de l'homme sur la terre,

Ou fixant le nouveau léger masque jeté

De la neige sur les montagnes et les landes-

Non-mais toujours immuable, toujours inchangé,

Reposant sur le beau sein mûri de mon amour,

Sentir toujours son lent soulèvement,

Toujours en éveil dans un trouble doux,

Encore son souffle entendre, tendrement repris,

Et vivre ainsi toujours-ou défaillir dans la mort.

 

Odes à un rossignol et autres poèmes.Traduit par Fouad El-Etr. Editions La Délirante

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 06:00

Le soir, au coin du feu, j'ai pensé bien des fois

A la mort d'un oiseau, quelque part, dans les bois,

Pendant les tristes jours de l'hiver monotone,

Les pauvres nids déserts, les nids qu'on abandonne,

Se balancent au vent sur un ciel gris de fer

Oh! comme les oiseaux doivent mourir l'hiver!

Pourtant, lorsque viendra le temps des violettes,

Nous ne trouverons pas leurs délicats squelettes

Dans le gazon d'Avril, où nous irons courir.

Est-ce que les oiseaux se cachent pour mourir?

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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 11:02

Or, voici que l'enfant , pieds nus sur le seuil

sent fleurir en lui-même

un pays tremblant

Il comble sa prunelle des jardins à l'entour

il en annonce le réveil

 

Bientôt, il pose loin son regard loin ,

où l'horizon se dérobe parfois

quand le silence est rendu aux roches sanguines

quand l'arôme des pelouses

imprègne le soir après l'orage

 

Le chant d'exil des étourneaux

l'instinct de vie dont frisssonne l'écorce

tout lui est soudain révélé

offrande empoisonnée

à la lisière des lendemains

Car l'enfant devine au bor du printemps

le fruit amer qu'il porte en lui

ô nuit de genèse

la lune infuse le ciel, féconde l'attente et le jour est proche.

 

François-Xavier Maigre. Dans la poigne du vent. Editions Bruno Doucey . Février 2012

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 10:32

Souvent je pense à vous quand le soir se repose

Défroissant au préau son voile d'organdi

J'entrouve la fenêtre et au jardin la rose

Semble s'agenouiller au prie-dieu de la nuit

A votre pupitre la chandelle s'éveille

Brodant pieusement son canevas de buis

Tandis que l'infini opacifiant la treille

Sanctifie tendrement l'étole de la pluie

L'heure courbe le front au cadran de l'église

Le jasmin languissant convoite le laurier

Le vent fébrilement soulève la chemise

Du temps qui se dégrise au rouet du clocher

A votre pupitre la chandelle s'affole

Décousant tendrement le houblon de la nuit

Tandis que l'angélus amont de Loriol

Fantômatiquement réveille les semis

Souvent je pense à vous quand Avril caracole

Et lache son latin au jardin d'organdi

J'entrouve la fenêtre et à midi l'école

Semble s'agenouiller au préau de l'oubli.

 

Extrait de Réminiscences.

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 06:00

La ville s'endormait

Et j'en oublie le nom 

Sur le fleuve en amont

Un coin de ciel brulait

Et j'en oublie le nom

 

Et la nuit peu à peu

Et le temps arrêté

Et mon cheval boueux

Et mon corps fatigué

Et la nuit bleu à bleu

Et l'eau d'une fontaine

Et quelques cris de haine

Versés par quelques vieux 

Sur de plus vieilles qu'eux

Dont le corps s'ensommeille

 

La ville s'endormait

Et j'en oublie le nom

Sur le fleuve en amont

Un coin de ciel brûlait

La ville s'endormait

Et j'en oublie le nom

 

Et mon cheval qui boit

Et moi qui le regarde

Et ma soif qui prend garde

Qu'elle ne se voie pas

Et la fontaine chante

Et la fatigue chante

Son couteau dans les reins

Et je fais celui-là

Qui est son souverain

On m'attend quelque part

Comme on attend le roi

Mais on ne m'attend point

Je sais depuis déjà

Que l'on meurt de hasard

En allongeant le pas

 

La ville s'endormait

Et j'en oublie le nom

Sur le fleuve en amont

Un coin de ciel brûlait

La ville s'endormait

Et j'en oublie le nom

 

Il est vrai que parfois

Près du soir les oiseaux

Ressemblent à des vagues

Et les vagues aux oiseaux

Et les hommes aux rires 

Et les rires aux sanglots

Il est vrai que souvent

La mer se désanchante

Je veux dire en celà

Qu'elle chante d'autres chants

Que ceux que lamer chante  

Dans les livres d'enfants

 

Mais les femmes toujours

Ne ressemblent qu'aux femmes

Et d'entre elles les connes  

Ne ressemblent qu'aux connes

Et je ne suis pas bien sûr

Comme chante un certain

Qu'elles soient l'avenir de l'homme 

 

La ville s'endormait

Et j'en oublie le nom

Sur le fleuve en amont

Un coin de ciel brûlait  

La ville s'endormait  

Et j'en oublie le nom

 

Et vous êtes passée

Demoiselle inconnue

A deux doigts d'être nue

Sous le lin qui dansait  

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 06:00

Kabyles de la Chapelle et des quais de Javel

hommes des pays lointains

cobayes des colonies

doux petits musiciens

soleils adolescents de la porte d'Italie

Boumiens de la porte de Saint-Ouen

Apatrides d'Aubervilliers

brûleurs desgrandes ordures de la ville de Paris

ébouillanteurs des bêtes trouvées mortes sur pied

au beau milieu des rues

Tunisiens de Grenelle

embauchés débauchés

manoeuvres désoeuvrés

Polacks du Marais du Temple des Rosiers

 

Cordonniers de Cordoue soutiers de Barcelonne

pêcheurs des Baléares ou bien du Finistère

rescapés de Franco

et déportés de France et de Navarre 

pour avoir défendu en souvenir de la vôtre

la liberté des autres 

 

Esclaves noirs de Fréjus

Tiraillés et parqués

au bord d'une petite mer

où peu vous vous baignez

Esclaves noirs de Fréjus 

qui évoquez chaque soir

dans les locaux disciplinaires

avec une vieille boîte à cigares

et quelques bouts de fil de fer

tous les échos de vos villages

tous les oiseaux de vos forêts

et ne venez dans la capitale

que pour fêter au pas cadencé

la prise de la Bastille le quatorze Juillet

 

Enfants du Sénégal

dépatriés expatriés et naturalisés

 

Enfants indochinois

jongleurs aux innocents couteaux

qui vendiez autrefois aux terrasses des cafés

de jolis dragons d'or faits de papier plié

 

Enfants trop tôt grandis et si vite en allés

qui dormez aujourd'hui de retour au pays

le visage dans la terre

et des bombes incendiaires labourant vos rizières

 

On vous a renvoyé

la monnaie de vos papiers dorés

on vous a retournés

vos petits couteaux dans le dos

 

Etranges étrangers 

Vous êtes de la ville

vous êtes de sa vie

même si mal en vivez 

même si vous en mourez.

  

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 12:00

Brûler Je songe à ma cendre

quand m'appellent des forêts

Ô feux Mais à leur voix tendre

répond votre chant secret 

 

Je suis né pour cette fête

barbare ces rites purs 

ce mortel assaut de bêtes

contre le défi des murs

 

J'aime la gloire soudaine

des flammes j'aime le bref

sursaut de passion de haine

du feu saluant son chef

 

Brûler Mon sang me calcine

Pas un coin de chair ombreux

Et si pourtant mes racines  

trouvaient un sol généreux

 

un peu d'eau  de sable Le sable 

d'où je sors verrait des fruits 

Non De cette paix durable 

la fin seule me séduit

 

Je ne porte ni lumière

ni chaleur en mon corps mais

ce n'est qu'au centre des pierres

qu'on trouve un feu qui dormait

 

Verdoyez branches dociles

aux commandements des dieux

Je montre mon bois fosile

C'est lui qui flambe le mieux.

 

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Présentation

  • : L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset
  • : VIVRE POETIQUEMENT, L'AMOUR VRAI, LA JOIE D'ETRE sont les trois facettes d'une seule et même chose qui se nomme: ETRE et ne pas seulement exister. Lorsqu'on vit poétiquement, forcément, ça laisse des traces....
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