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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 05:00

J'inviterai l'enfance à s'attarder le temps qu'il faut ,

qu'elle empoche des images pour les soirées d'hiver,

pour les longues longues heures de l'adulte

qui n'en finit pas de pousser sur l'ennui.

Deux clairons dans les bagages

un air de flûte

une botte de légumes, du vin

le sourire de quelqu'un mort

une trace qui mène à l'île perdue

un anneau d'or, un masque drôle.

Quand absent est l'amour et que tes frères sont morts,

quand présent est le vide et que la nuit demeure,

les rêves sont bien nécessaires.

Et les enfants nouveaux poseront

dans la main de l'homme seul

les leurs, ouvertes,

chaudes et nues.

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28 juillet 2012 6 28 /07 /juillet /2012 07:33

Dans la nuit

Le matin brille 

 

Les oiseaux

Ne dorment

Que d'une aile 

 

Saisir cette minute

Où tout est possible

 

L'étincelle

Qui inaugure

Une chance à réveiller le temps

 

Jusqu'au regard premier

Des origines  

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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 05:00

Mon autre

Mon semblable

En cette chair

Qui nous compose

En ce coeur

Qui se démène

En ce sang

Qui cavalcade

En ce complot

Du temps

En cette mort

Qui nous guette 

En cette fraternité

De nos fugaces vies

Mon semblable

Mon autre

Là où tu es

Je suis.

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23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 05:00

C'est notre sang d'impatience

Recueilli à toutes sources où l'ombre dure

Notre sang passé au crible

Palpitation de rivière et course joyeuse

Le pouls à nos chevilles balbutie ses terres tendres

Ses échjos de cymbales

 

Oui nous inventons le sel dans notre sang

Et nos pas pèsent patience avec l'été

Dormir nous accroit l'un dans l'autre

Nus d'air et de peur

L'acier est notre faim nos pleurs

A moissonner le jour dans nos fraps nous arons vertige de batailles

 

Tonnent les heures dans nos veines!

Nous voici debout

A goûter la croissance des herbes

Glaner ce que le fleuve égare

Sur nos mains

Les débris de l'amont prodigue feront le bois de nos flammes

Nous faucherons encore dans la friche lente de l"été.

 

Regain du sang. Editions Al Manar. Alain Gorius. 2012


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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 05:00

Tu as le paradis

sur le bout de la langue

L'écorce des jardins délicieux

pour paume de la main

et la nuit qui sarcle ton coeur

y fait planer d'un souffle doux

les eaux ferventes

où tout est oint

 

Danse sur le territoire. éditions de l'atlantique

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6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 05:00

Entendez-vous le stacatto de leurs sabots? Les rumeurs

De la nuit se sont déployées pour les attirer vers la côte.

La mer bâille, et ses langues insistantes épuisent

Les garçons endormis enchaînés à leur monde gelé.

Car c'est bien plus que de la terreur et de la fureur

Que dégagent ces coursiers de la nuit. C'était plus que du désir

Qui animait ces cavaliers hurlant à travers ces lointains comtés

De culture et de savoir-faire. Ces chevaux sauvages

 

En cuivre ne sont que des emblèmes; ils ne sont

Que fougue vers ailleurs. Mille après mille

Je vois une forme encapuchonnée veinée comme le Nil

Et indistincte, émerger; de quelle naissance cosmique

Une fois de plus nos pensées jailliront-elles impénétrables,solitaires

Et dévaleront sur la terre comme ces chevaux sauvages.

 

Ulysse brulé. Collection ORPHEE. Editions de La Différence. 2012

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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 08:51

Derrière les arbres est un autre monde,

le fleuve me porte les plaintes,

le fleuve me porte les rêves,le fleuve se tait,

quand le soir dans les forêts

je rêve du Nord ...

 

Derrière les arbres est un autre monde,

que mon père a échangé contre deux oiseaux,

que ma mère nous a rapporté dans un panier,

que mon frère perdit dans le sommeil,

il avait sept ans et était fatigué...

 

Derrière les arbres est un autre monde,

une herbe qui a le goût du deuil, un soleil noir,

une lune des morts,

un rossignol, qui ne cesse de geindre

sur le pain et levin

et le lait en grandes cruches

dans la nuit des prisonniers.

 

Derrière les arbres est un autre monde,

ils descendent les longs sillons

vers les villages, vers les forêts des millénaires,

demain ils s'inquiètent de moi,

de la musique de mes fêlures,

quand le blé pourrit, quand rien d'hier ne restera

de leurs chambres, sacristies et salles d'attente

 

Je veux les quitter. Avec aucun

je ne veux plus parler,

ils m'ont trahi, le champ le sait,

le soleil me défendra, je sais, je suis venu trop tard ...

 

Derrière les arbres est un autre monde,

là-bas est une autre kermesse,

dans le chaudron des paysans nagent les morts et autour des étangs   

fond doucement le lard des squelettes rouges,

là-bas nulle âme ne rêve plus de la roue du moulin,

et le vent ne comprend

que le vent...

 

Derrière les arbres est un autre monde,

le pays de la pourriture,

le pays des marchands,

un paysage de tombes, laisse-le derrière toi

tu anéantiras, tu dormiras cruellement 

tu boiras et tu dormiras

du matin au soir et du soir au matin

et plus rien tu ne comprendras, ni le fleuve ni le deuil ;

car derrière les arbres

demain,

et derrière les collines, 

demain,

est un autre monde.  

 

Sur la terre comme en enfer. Editions de La Différence. 2012

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 08:07

Tes yeux poussent la porte du monde

tes yeux me tiennent double serrure

et si j'écrase mes paupières

si je scelle mes paupières

à broyer à mon tour

mes yeux l'un contre l'autre

comme une paume se meurtrit

à massacrer deux noix 

tu conserves ton rêve 

tu es dans l'infatigable lumière 

tu es la claire nuit qui m'aime

tu es 

tout juste née

 

à part ça

ce que j'aime

parmi tant d'autres lignes de toi

c'est le contour de ton visage

quatre virgules à ton front

d'une oreille à l'autre

ton visage est comme un village

avec la petite église

et les bals du soir de fête

et ce formidable silence dans le bruit

tes yeux poussent la porte du monde  

 

Copyright Editions Bruno Doucey

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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 05:00

Ni de la mer ni des cieux

cette flèche tranchée de bleu 

jaillit à mon front à ma bouche

 

ni de la mer ni des cieux

ce bleu aux solides amarres

miroite en glacis et parures

et vente jusqu'à mon coeur

 

ni de la mer ni des cieux

m'enveloppe ce bleu de forge

et m'accouple à ses étincelles  

 

tu luis de ce bleu à mes mains

à mes lèvres

et percé de ce bleu qui m'occupe

je me sens à ta proue

et tout enclos de toi

 

Tes yeux poussent la porte du monde

éditions Bruno Doucey 2012

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22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 05:00

Il nous faudrait une terre de soleil

De soleil resplendissant,

Et une terre d'eaux parfumées

Où le crépuscule

Est un léger foulard

D'indienne rose et or,

Et non cette terre où la vie est toute froide.

 

Il nous faudrait une terre pleine d'arbres,

De grands arbres touffus

Aux branches lourdes de perroquets jacassants

Et vifs comme le jour,

Et non cette terreoù les oiseaux sont gris.

Ah, il nous faudrait une terre de joie

D'amour et de joie, de chansons et de vins

Et non cette terre où la joie est pêché

ô ma douce amie, fuyons!

Fuyons, ma bien-aimée!

 

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Présentation

  • : L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset
  • : VIVRE POETIQUEMENT, L'AMOUR VRAI, LA JOIE D'ETRE sont les trois facettes d'une seule et même chose qui se nomme: ETRE et ne pas seulement exister. Lorsqu'on vit poétiquement, forcément, ça laisse des traces....
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