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23 juin 2015 2 23 /06 /juin /2015 07:48

Chante mon coeur le chant du sable et de la pierre

Du vent, de la pluie et de la vie qui passe

Dès l'aube, du désert, au chant des chameliers

Monte la poussière d'un siècle qui s'efface

Pour partir...

Et nos songes d'Orient bercés de caravanes

Enfantés par les voeux mystiques des marchands

Montent vers toi, Soleil, pour dire la pavane

Des oiseaux qui saignent de trop pousser leur chant

Pour mourir...

Chante mon coeur un air d'or et de turquoise

Enfanté par la voix des prêtres et des guerriers

Dans la plaine naviguent des âmes par milliers

A l'ombre des platanes nos colombes se croisent

Pour aimer...

Songe, reviens-moi, et que le vent de l'Est

Accoure quand éclôt le siècle des printemps

Reverdissent tes pas sur un passé funeste

Dans les cendres tiédies la pluie compte le temps

Pour renaître...

Phénix ou rossignol, que ton nom immortel

Porte les nations jusqu'au cieux des coupoles

Que les coquelicots fleurissent de corolles

Qu'ils parlent à l'Occident d'une aurore plus belle

Pour connaître...

Dans les terres du Nord des robes d'émeraude

Germent dès le jour sur les ruines d'hier

Quand les mains travailleuses élevées aux rizières

Dansent sous le vent et quand la brûme rôde

Pour rêver...

Et c'est ainsi depuis les vieilles migrations

Fatigue, pleurs, soupirs armés de longs espoirs

Portés jour et nuit, fardeaux d'humilation

Pour que l'été énfin renaisse à la nuit noire

Pour partir un jour

Je prendrai les chemins

Je prendrai dans ma main

La clé du non-retour

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 08:41

Le veilleur invente son espérance,

Du fond des mots s'éclaire un chemin

Jusqu'au point de rencontre

De son orbe avec le monde

Pélerin d'une langue nouvelle.

 

Lire un poème comme une veille,

Ecouter la voix intérieure

D'un ailleurs en soi qui pense

L'inavouable, voix de gorge

De la parole vers l'autre.

 

Voyager au coeur du langage

Demeure des ombres d'ancêtres

Ou d'infans bleus, des sourires

De mères à l'haleine de lilas,

Des sanglots d'hommes seuls.

 

Lire un poème comme une veille,

Sa présence contre la nuit, inconsolable

Tendresse au miroir des morts,

Ce qui commence et finit à même

La voûte du silence et l'énigme

D'une terre plus légère

Depuis le premier amour.

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15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 07:45

Loin de la source

Des brasiers glacés

Des étoiles ombrées

Nous traversons l'impact du sablier

 

Debout les amis, debout le temple!

Et le corps de l'homme.

 

Debout encore! 

Les arbres enracinés dans l'amer

et les nuages en pierre  

et la giboulée des rochers

 

C'est toujours l'Espérance

Que porte le regard

Quand l'aube nacrée initie les orphelins

A la chevauchée des voiles brisés

 

Debout!

C'est l'orée

Et c'est l'homme  

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5 mai 2015 2 05 /05 /mai /2015 08:46

Je renonce au bonheur de vivre mais non pas

A celui d'être un homme effronté

Parodie l'harmonieux instant où tu es ivre

Et profère en rêvant des paroles sacrées!

Où allons-nous? Vers quel butoir incertain de l'espace

Quelle petite vie au détour du matin

Qui renifle hébétée dans le café des tasses

L'indigent et cruel mélange du destin?

Mais s'enivrer est vain et les pluies qui reviennent

Ont cette odeur de temps qui ranime les cors

Ceux-là font sonner les heures diluviennes

A l'horloge inexacte et stérile des corps

D'où venons-nous? Qui sommes-nous? Où allons-nous?

Avec des bleus aux yeux et des plaies aux genoux?

Quand on a comparu sur les bancs de l'enfance

Et acquis sans effort l'acquiescement de Dieu

Ah! Peut-on réfuter l'Admirable Conscience

Comme une manifestation du merveilleux?

Mais qu'importent la fièvre et le Mot du verdict

Si la terre aussi bien que le ciel est unique !

 

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2 mai 2015 6 02 /05 /mai /2015 08:51

Dès le matin par mes grandes routes coutumières

Qui traversent champs et vergers

Je suis parti clair et léger

Le corps enveloppé de vent et de lumière .

 

Je vais je ne sais où. Je vais je suis heureux

C'est fête et joie en ma poitrine,

Que m'importe droits et doctines,

Le caillou sonne et lui, sous mes talons poudreux

 

Pour la première fois je vois des vents vermeils

Briller dans la mer des branchages

Mon âme humaine n'a point d'âge

Tout est jeune tout est nouveau sous le soleil .

 

Les bras fluides et doux des rivières m'accueillent

Je me repose et je repars

Avec mon guide le hasard .

Par les sentiers, sous bois dont je mâche les feuilles

 

J'aime mes yeux, mes bras, mes mains, ma chair, mon torse

Et mes cheveux amples et blonds

Et je voudrais par mes poumons

Boire l'espace entier pour en gonfler ma force.

 

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29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 09:21

Je ne veux rien savoir

Rien écouter et rien entendre

J'élude le blanc et le noir

Et j'ignore le vert le plus tendre

Je ne veux ce soir rien comprendre

Mais te voir te boire et te prendre

 

Je te prendrai comme un bateau prend la mer

Je briserai les vagues

Je te prendrai comme un oiseau fend l'air

Je te prendrai comme on plante une dague

Je te prendrai

Comme un clochard arrache la monnaie au

Fond de sa sébille

Et comme mille avions bombardent uner ville

 

Je te prendrai

Comme le jour qui balbutie

Entrouvre à demi la paupière

Comme un moine dans sa prière

Comme un voyou lançant sa pierre

Je te prendrai comme on pend la sorcière

Je te prendrai comme on peindrait sa mère

 

Je te prendrai dans le coeur de ma main

Comme un enfant comptant ses billes

Ou peut-être au creux d'un chemin

Comme un garçon et une fille

Dans les senteurs du romarin

 

Je te prendrai mon doux chagrin.

 

Jean-Pierre Rosnay

 

 

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28 avril 2015 2 28 /04 /avril /2015 08:37

J'entends, ce soir,

l'appel des loups de la forêt d'enfance

où rodent dans la brume leurs fantômes,

Sous une lune pleine s'éveille

leur clameur d'alarme et de famine.

Avec chaînes et cordes

les portes sont fermées,

les armes luisent,

les chiens veillent dans leur enclos.

L'aïeule dans la cuisine

parle d'hivers jadis dans la neige et le gel 

et des sombres tueurs soufflant autour des granges

où bêlaient la peur et le froid .

Ses paroles, pour les enfants,

tissent la toile des légendes,

et c'est un loup géant 

qui, dans les nuits, ravage leur sommeil,

Mais me voici, dans l'âge,

enfin réconcilié avec la bête.

Je salue l'ardente présence

- force et splendeur-

dans la justice du poème .

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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 07:53

              Marcher serein à l'inconnu, vers l'aride,

crieur de corps et noble voyageur

sur le chemin mystérieux,

la route d'un devenir de lumière, 

écrire l'énigme de la beauté

pour en apprivoiser l'indicible dédale, 

                                   l'inapaisé en ses frissons, 

   retrouver l'instant où rythmes prennent allure,

où les silhouettes flottent encore les yeux ouverts

                                      sur l'éternel et le silence .

                            Sentinelle enfin, que dire encore 

de la nuit...

 

 

Extrait de Déclaration d'incandescence . Editions Rafaël de Surtis .  

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22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 07:04

La terre, la terre entiere inscrite

avec ses lignes de vie et de chance.

ses sillons, ses vaisseaux, sa tablature

les à-plats de couleurs élémentaires

où le rythme des rocades s'impose.

 

La terre, tour à tour illuminée

ou sombre, en l'alternance des lueurs

comme la provisoire palette

que le peintre a posée sur le silence

de l'infini qu'un géomètre arpente.

 

 Et ces hauts-reliefs que déciderait

le sculpteur épris de pierre, de métal

ou l'architecte élucideur de voûte:

a peine inflorescence de lichen

notre oeuvre, sur le sol, à main levée.

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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 07:32

Il est sans doute à l'arrière des chemins

Une maison solitaire au milieu de la nuit

La lampe restée allumée et rien

Ne vient troubler la paix la lumière et la vie

C'est là où veille sur les frères humains

Le souffle de la poésie

Quelques mots sur la porte de l'humilité

Bousculés entre imaginaire et immensité

C'est là où veille l'invisible du poème

Le toucher délicat de quelques mots qui vous aiment

Et même s'il faut rester longtemps 

Pour atteindre au plus clair des ciels 

Dans l'intime du vent

Les cloches vibrantes

Et l'essentiel 

La nuit est assez vaste pour apaiser l'attente. 

 

Patrick Chemin  

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  • : L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset
  • : VIVRE POETIQUEMENT, L'AMOUR VRAI, LA JOIE D'ETRE sont les trois facettes d'une seule et même chose qui se nomme: ETRE et ne pas seulement exister. Lorsqu'on vit poétiquement, forcément, ça laisse des traces....
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