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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 10:53

  

« Résister. Editer. Ecrire » est le sous-titre de l’ouvrage écrit par Bruno Doucey en hommage à Pierre Seghers. Ce pourrait être la devise de la maison d’édition qu’il a créée  en mai 2010 et le manifeste de celle-ci. Depuis, ce sont dix-neuf  recueils qui ont déjà jalonnés cette aventure éditoriale. Bruno Doucey veut promouvoir une poésie « vivante et généreuse, ouvrant les horizons, ouverte et offerte à tous ». De James Noel (Haïti) jusqu’à Moncef Ouhaibi (Tunisie) et Corinne Hoex (France) en passant par Maram al-Masri (Syrie) et David Rosemann-Taub (Chili), Bruno Doucey montre, en cinq collections, les couleurs bigarrées de la poésie contemporaine, en faisant, par ailleurs , la part belle à la poésie féminine. Une poésie métissée, rendant compte des bruissements du monde, ouverte sur l’actualité et  l’universel, c’est bien là le programme d’une poésie engagée, de combat, fidèle à  l’esprit de résistance de Pierre Seghers. A travers la diversité de ses auteurs, venus de tous les horizons et repoussant sans trêve  les frontières de la langue, la politique éditoriale de Bruno Douvey vise à faire valoir l’unicité de l’humanité et à bâtir un nouvel art de vivre ensemble. La naissance de cette maison  est l’une des  preuves  de la vitalité enthousiaste de l’édition poétique actuelle en France. Pierre Seghers  disait : «Si la poésie ne vous aide pas à vivre, faîtes autre chose » ; Bruno Doucey, suivant ses traces,  a choisi, en nous faisant découvrir, sans exclusive, les diverses facettes d’une « poésie essentielle à l’homme autant que les battements de son cœur . »

 

AJL

Magazine Littéraire .Février 2012

Derniers ouvrages publiés : Corinne Hoex. Rouge au bord du fleuve. 64p. 6, 10 E . Moncef Ouhaibi. Que toute chose se taise. 64p. 6, 10 E.

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 10:50

Le nom de Jean-Pierre Siméon est tellement associé au « Printemps des poètes » qu’il incarne, il voyage tellement aux quatre coins de la France et du monde , dans les écoles, les bibliothèques, les théâtres, les festivals, pour promouvoir la poésie que l’on en viendrait parfois à oublier que derrière l’homme social et sociable , le passeur inlassable , le militant de la poésie sous toutes ses formes, se dissimule un homme qui trouve le temps d’en consacrer encore à cet exercice solitaire qu’est l’écriture poétique. Pourtant, depuis 1978 et son premier recueil, Traquer la louve, jusqu’au Traité des sentiments contraires en 2011, c’est bien une oeuvre que construit, recueil après recueil , le poète Siméon. Revendiquant l’influence de Paul Eluard, la poésie de Jean-Pierre Siméon est exigeante, non pas parce qu’elle serait hermétique, mais parce qu’elle ne se laisse aller à aucune facilité. Préférant le maniement des mots aux maniements des idées, frappant par la force de ses métaphores et par la musicalité rythmée de ses vers, Jean-Pierre Siméon laisse à ses poèmes leur part de mystère, ouvrant ainsi le sens et permettant au lecteur de multiples  interprétations. Inspiré par la musique de Schubert, le Traité des sentiments contraires est une œuvre de la maîtrise et de la maturité. Ouvert à toutes les formes et à tous les étonnements Jean-Pierre Siméon  en appelle à la joie en ses termes : «  oh, laissons-là venir compagne jaillissant d’un buisson inconnu ». La nôtre est de le redécouvrir à chaque lecture.

AJL

Magazine Littéraire . Février 2012  

Dernier ouvrage paru : Traité des sentiments contraires. ed Cheyne.80 p.15 E

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 10:27

Les âmes aux pieds nus. Bilingue .Ed. Le temps des cerises. 15 E

Par la fontaine de ma bouche . Bilingue Ed Bruno Doucey. 12 E

Une voix, nue, humaine,  libre et souveraine  s’est levée : une voix de femme . Cette voix, c’est celle de Maram al-Masri, poète née en Syrie à Lattaquié en 1962, exilée à Paris depuis 1982. Mais ce n’est pas de cet exil-là dont parle Masram al-Masri, pas non plus des femmes d’un Orient fantasmé. Elle rend la parole à des dizaines de femmes de tout âge et de toutes conditions  à qui on l’a confisquée, exilées dans leur propre vie car victimes de la violence qui leur est faite par de trop nombreux bourreaux  domestiques . Ce pourrait être un cri de révolte ou une longue plainte, la poète pourrait user d’effets poétiques et lyriques , d’emphase et de grandiloquence , c’est tout l’inverse. Le vers est bref, clair, sobre pour dire l’émotion contenue, la langue est celle d’un quotidien économe de mots et c’est, justement, de cette économie et de cette pudeur retenue que naîssent la justesse des images et la puissance du poème. Ces intimes blessures béantes,  Maram al- Masri les recouvre avec délicatesse d’un voile de  tendresse et les soigne d’une caresse d’amour , car , même dans le manque et la douleur , c’est bien  l’amour que dit  Maram al-Masri.

C’est encore une femme que chante la poète dans « Par la fontaine de ma bouche »,  une femme aimée d’un amour charnel. Il n’est question ici que de corps à corps, de caresses, de passion et d’émotion , d’érotisme enfin. Ce sont les chants d’amour du Cantique des cantiques glorifiant le ventre, les seins, le sexe, exaltant le désir, le plaisir et la jouissance. Maram al-Masri nous parlerait-elle des amours sapphiques et de la fontaine de sa bouche, seraient-ce les mots de Lesbos qui couleraient ? Oui, à condition d’entendre que c’est avec La Poésie que Maram al-Masri fait l’amour. Oui, si l’on comprend  qu’elle se donne tout entière à la poésie en même temps que la poésie s’incarne en elle et par elle, dans une relation égalitaire. Sappho, oui, plutôt  qu’Ishtar ou Shéhérazade auxquelles elle se réfère pourtant ou plus exactement, une Louise Labé de la modernité, renouant avec le lyrisme incandescent  de la poétesse de l’antiquité et comme elles deux, nous rappelant que la poésie est féminine .

 

AJL .Magazine littéraire . Juillet 2011

 -Les âmes aux pieds nus .

Je les ai vues

toutes passer dans la rue

âmes aux pieds nus,

regardant derrière elles,

inquiètes d’être suivies

par les pieds de la tempête,

voleuses de lune

elles traversent, déguisées en femmes normales.

Personne ne peut les reconnaître

Sauf celles

Qui leur ressemblent.

Encadré 2- Par la fontaine de ma bouche

Et comme si

une voix étouffée me parvenait

vers laquelle mon oreille se tend

comme si quelqu’un pénétrait mes entrailles

elle lui prête l’oreille

et de temps à autre capte l’onde

d’un signal

elle l’habille d’un corps

qui devient voix

 

 

 

 

 

 

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 10:22

 

René-Guy Cadou. Comme un oiseau dans la tête. Préface inédite de Philippe Delerm .  Isbn : 978-2-7578-2471-9. Ed Points

« Rien ne subsistera de moi dans votre histoire » écrivait Cadou. Pourtant, soixante après sa mort, la poésie de Cadou n’a jamais été aussi présente. En témoigne la parution de l’anthologie Comme un oiseau dans la tête, regroupant deux cent quinze poèmes sélectionnés par Jean-François Jacques et Alain Germain. L’occasion est ainsi donnée de redécouvrir l’étendue de l’œuvre de Cadou et de mettre fin à un malentendu. Celui-ci est, en effet,  devenu un poète de l’école et de l’enfance. Certes, Cadou l’écrivait lui-même : « Il y a quelque chose qui fait que l’on a trop tôt quitté l’enfance et que l’on recherche tout au long de sa vie ». La nostalgie de  l’école et l’enfance tiennent, certes, une place importante dans son œuvre ( La vieille classe de mon père,/ Pleine de guêpes écrasées,/ Sentait l’encre, le bois, la craie/Et ces merveilleuses poussières/ Amassées par  tout un été)à coté de son amour proclamé pour Hélène. ; mais il s’agit surtout pour lui de retrouver ce premier regard que l’enfant porte sur le monde et le cosmos, les êtres et les choses, fait de questionnement et d’émerveillement. Dans sa langue lyrique sensible et sensuelle, Cadou poursuit d’abord une quête du sacré et de la plénitude de vie, cherche surtout à montrer les liens qui unissent le visible et l’invisible ,la vie et la mort, le règne végétal et animal et les humains entre eux, le sens d’une vie vécue «  à pleins poumons ».

 

AJL .

Magazine littéraire.

Janvier 2012

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 19:17

 

Jean-Claude Pirotte  vient d’être distingué par  le Soixante-treizième prix Apollinaire , pour deux recueils, exception confirmant la règle ,  parus cette année . Voici bientôt cinquante ans qu’il pérégrine dans les territoires de la poésie, jalonnant son exploration de presque autant de recueils ou de romans. Le pays qu’arpente, de façon buissonnière, Jean-Claude Pirotte pourrait s’appeler Le pays où l’on n’arrive jamais d’André Dhotel,  prédécesseur admiré au point de se considérer comme un de ses personnages.  Car s’il est vrai que, pour savoir écrire, il faut savoir lire, Jean-Claude Pirotte n’en finit jamais de rendre hommage à ceux dont il s’est nourri, qu’ils s’appellent  Follain, Larbaud, Chardonne, Fargue, Lubin  et plus loin, Rutebeuf et Villon. Poésie du quotidien, poésie de la banalité, c’est de touches légères, impressionnistes, de couleurs d’aquarelle, que Pirotte peint les jours,  la solitude et la nostalgie avec une palette diaphane et nuancée. Dans ces pages où Pirotte dit le vent, les saisons, l’ombre et la lumière, le temps est immobile et il est toujours l’heure d’aller à Elseneur /retrouver Larbaud dans un bar/ oublié du temps….A votre santé, Monsieur Pirotte.

 

Alain-Jacques Lacot

Magazine Littéraire

Janvier 2012

 

Jean –Claude Pirotte . Cette âme perdue. Editions Le castor astral . 2011. 13 E . Isbn 978-2- 85920-865-3 . Autres séjours. Editions Le temps qu’il fait. 18 E 978-2-86853-534-4.

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 17:32

Depuis des décennies, Francis Combes arpente le monde pour porter la parole poétique. Il est éditeur (Le temps des cerises), vigneron aussi, qui trousse des quatrains bachiques pour en faire les étiquettes de ses bouteilles(Le vin des hirondelles. Editions Le petit Pavé), mais d'abord poète. Les vendanges qu'il a faites cette année sont celles de l'amour. Enracinant ses vers dans le terreau de l'amour courtois, il revisite toutes les facettes de ce sentiment universel, de l'amour fou à l'amour besoin; au contraire d'un Aragon chantant le malheur d'aimer, il célèbre , lui, le bonheur d'aimer sous toutes ses formes. Ce n'est pas Elsa qu'il célèbre, c'est Patricia; ce n'est pas une messe, ce serait plutôt une fête entre amis, sous une tonnelle. Sa langue est drue, la saveur de ses vers qui coulent gouleyants a goût de fruits mûrs.La femme qu'ilcélèbre n'est pas une idole, elle est tour à tour la soeur, l'amie, la confidente, l'amante, la compagne semblable et mystérieuse, égale et différente, avec qui il est bon de faire son métier d'homme et auprès de qui il est beau de se réveiller. Fut un temps, pas si lointain, où il était de bon ton de fustiger cette poésie du quotidien et de l'amour, de se moquer d'une certaine forme de lyrisme. Francis Combes leur répond par avance: "A tant chanter l'amour à la fin c'est assez/ Pensent certains, la chose est pour eux dépassée/ Le lyrisme à leurs yeux est un type à descendre/ A coller contre un mur pour s'en débarasser/ Mais il a la vie dure et il nous survivra/ Et ceux-là qui l'enterrent seront vite oubliés." Saluons avec lui le retour en poésie de l'amour éternel et du lyrisme sui l'exprime.

Alain-Jacques Lacot

Magazine Littéraire. Janvier 2012

L'aubépine. Francis Combes. ed Le Préau des Collines. 112 p. 13 E

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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 06:00

Le poète et philosophe allemand Hôlderlin avait le mot juste: " l'homme vit sur la terre poétiquement.". Vivre poétiquement ou ne pas vivre demeure la question fondamentale qui structure le devenir de l'être. Il s'agit d'avoir un regard poétique qui détermine le type de rapport qui lie l'être au monde. Le regard poétique se veut cette conception du monde et de ses choses comme étant des prolongements logiques de l'âme et de l'être. Il s'agit tout bonnement d'explorer la face cachée des choses et ce en allant dans leur profondeur abyssale afin de découvrir leurs secrets qui ne sont, en dernière analyse, que leurs âmes voilées lamentableùment.Vivre poétiquement sur la terre revient à interroger le physiquement possible afin de justifier la quête du métaphysiquement inacessible. C'est partir de l'étant vers l'être. C'est jouxter le métaphorique comme énigme poétique et stipuler le méditatif comme visée philosophique.Poésie et philosophie, métaphore et méditation se rejoignent, en fait, pour définir le "mot" et ses mystères, le monde et ses complications, l'être et ses rêves! Vivre poétiquement sur la terre implique l'être dans une errance implacable, celle qui le conduit jusqu'aux limites de son expérience existentielle: voyager au-delà du sensoriel pour atteindre l'insolite singulier. Tout se passe ici comme s'il s'agissait d'une permanente quête du vrai, du beau, du bien, du juste et du sage au détriment du laid, du mal et du faux. La poésie est folie. Elle est folie sage, tendre et rédemptrice. Elle équilibre l'errance de l'être et lui montre le chemin qui lui permet, en pérégrinant, de vivre en paix et en harmonie avec le monde: repérer la beauté dans la laideur et le bien dans le mal; transcender le tragique d'être en faisant renaître incessamment l'enfant gai qui nous habite. La poésie nécessite l'effort de la retrouver et de la rencontrer en tout et partout. Le soleil est poésie, La pluie est poésie. Le sourire est poésie. L'amour est poésie L'amitié est poésie. Qu'en est-il dela maladie, de la vieillesse et de la mort ? Vivre poétiquement veut que l'être fabrique une poétique de toutes les formes qui traversent son existence. Epiphanie, forme visible de l'invisible, la poésie est acheminement de la parole vers la parole elle-même qu'est le poème dans son état pur, comme le pose Heidegger. Le temps de la poésie, c'est le futur, son lieu, lui, c'est le passé. Autrement dit, son temps, c'est le nostalgique, son lieu, c'est le mnésique. Entre futur et passé, entre nostalgique et mnésique, c'est pratiquement tout le visage du poète qui surgit des décombres de l'absence. Le poète, cet autre qui n'est autre que lui-même, cet éveilleur des "sensations englouties de ce lointain passé", selon le mot de Rainer Maria Rilke s'adressant au jeune Kappus; le poète, ce médecin des âmes malades, ce prophète cosmopolite, est aussi un enfant rebelle, un vieux sage et un jeune révolté. Sa leçon inaugurale s'avère être libération et Liberté, cosmopolitisme et altérité, sagesse et provocation. La poésie se situe entre Eros et Tanathos, entre Apollon et Dyonisos, entre yin et yang, entre féminin et masculin. Sa fonction est cathartique. Elle est illumination. Elle sonde le possible. Elle est expérience et aventure intérieures. Elle est dialogue avec l'absent et l'absence. La poésie ne dit pas le monde, elle le suggère. Sa cartographie demeure le labyrinthique, le sybillin et le fanstasmagorique. Face au matérialisme qui ne cesse de faire de l'être un étant, la poésie se propose de faire jouir, poétiquement, l'être de son être. Elle l'engage dans la perspective de la recherche de sa trace occultée dans son for intérieur. La poésie est aventure d'être. Elle est désorientation de l'orienté. Elle est déconstruction du construit. Elle est déconstruction des mécanismes de l'illusion de la possession de toute vérité absolue. Si la poésie dérange, c'est parce qu'elle accomplit honorablement son rôle historique. Si elle guérit des maux du présent, c'est parce qu'elle accomplit honorablement son rôle philosophique. La poésie est, incontestablement, le secret d'être de l'être ...(enfin, de certains)

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Présentation

  • : L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset
  • : VIVRE POETIQUEMENT, L'AMOUR VRAI, LA JOIE D'ETRE sont les trois facettes d'une seule et même chose qui se nomme: ETRE et ne pas seulement exister. Lorsqu'on vit poétiquement, forcément, ça laisse des traces....
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