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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 05:15

La poésie se fait dans un lit comme l'amour. Ses draps défaits sont l'aurore des choses .

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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 05:15

Le jour que tu passes sans amour ne mérite pas que le soleil l'éclaire et que la lune le console.

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6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 05:15

Le bonheur n'est pas le but mais le moyen de la vie.

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6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 05:00

Entendez-vous le stacatto de leurs sabots? Les rumeurs

De la nuit se sont déployées pour les attirer vers la côte.

La mer bâille, et ses langues insistantes épuisent

Les garçons endormis enchaînés à leur monde gelé.

Car c'est bien plus que de la terreur et de la fureur

Que dégagent ces coursiers de la nuit. C'était plus que du désir

Qui animait ces cavaliers hurlant à travers ces lointains comtés

De culture et de savoir-faire. Ces chevaux sauvages

 

En cuivre ne sont que des emblèmes; ils ne sont

Que fougue vers ailleurs. Mille après mille

Je vois une forme encapuchonnée veinée comme le Nil

Et indistincte, émerger; de quelle naissance cosmique

Une fois de plus nos pensées jailliront-elles impénétrables,solitaires

Et dévaleront sur la terre comme ces chevaux sauvages.

 

Ulysse brulé. Collection ORPHEE. Editions de La Différence. 2012

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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 08:51

Derrière les arbres est un autre monde,

le fleuve me porte les plaintes,

le fleuve me porte les rêves,le fleuve se tait,

quand le soir dans les forêts

je rêve du Nord ...

 

Derrière les arbres est un autre monde,

que mon père a échangé contre deux oiseaux,

que ma mère nous a rapporté dans un panier,

que mon frère perdit dans le sommeil,

il avait sept ans et était fatigué...

 

Derrière les arbres est un autre monde,

une herbe qui a le goût du deuil, un soleil noir,

une lune des morts,

un rossignol, qui ne cesse de geindre

sur le pain et levin

et le lait en grandes cruches

dans la nuit des prisonniers.

 

Derrière les arbres est un autre monde,

ils descendent les longs sillons

vers les villages, vers les forêts des millénaires,

demain ils s'inquiètent de moi,

de la musique de mes fêlures,

quand le blé pourrit, quand rien d'hier ne restera

de leurs chambres, sacristies et salles d'attente

 

Je veux les quitter. Avec aucun

je ne veux plus parler,

ils m'ont trahi, le champ le sait,

le soleil me défendra, je sais, je suis venu trop tard ...

 

Derrière les arbres est un autre monde,

là-bas est une autre kermesse,

dans le chaudron des paysans nagent les morts et autour des étangs   

fond doucement le lard des squelettes rouges,

là-bas nulle âme ne rêve plus de la roue du moulin,

et le vent ne comprend

que le vent...

 

Derrière les arbres est un autre monde,

le pays de la pourriture,

le pays des marchands,

un paysage de tombes, laisse-le derrière toi

tu anéantiras, tu dormiras cruellement 

tu boiras et tu dormiras

du matin au soir et du soir au matin

et plus rien tu ne comprendras, ni le fleuve ni le deuil ;

car derrière les arbres

demain,

et derrière les collines, 

demain,

est un autre monde.  

 

Sur la terre comme en enfer. Editions de La Différence. 2012

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 08:21

 

Jacques Izoard. Œuvres complètes Tome III. 2000-2008

Editions de la différence

Isbn : 978-2-7291-1959-1

Prix : 39

 « Il suffit de s’arrêter de penser pour que surgisse le poème », c’est ainsi que de 1962 à 2008, Jacques Izoard a noirci des dizaines de carnets, notant au jour le jour les impressions de la réalité quotidienne, avec humour, facétie, légéreté,  débusquant la poésie « dans les endroits les plus quelconques ou, au contraire, les plus étranges ».  C’est ainsi que Jacques Izoard a bâti une œuvre, abondante, riche, intense, faite de brefs jaillissements ( rares sont les textes de plus de dix vers), s’efforçant de retrouver une parole fondatrice , neuve, où les mots auraient retrouvé la  force primordiale. Il doutait de son écriture pour dire les êtres, les choses et la vie : « souvent, les mots manquent », « tout à coup les mots sont à court de mots ». Pourtant, on peut parler  d’alchimie du verbe chez Izoard tant les mots convoqués sur la page disent beaucoup plus que ce qu’en apparence ils disent. « C’est qu’il s’agit d’éplucher les mots », a-t-il écrit cherchant en permanence à restaurer l’intensité du sens derrière l’apparence, à retrouver l’essence des choses. Alchimie ou magie tant les mots d’Izoard ont la capacité de renouveler en chacun de nous le regard  que nous portons sur le monde, la poésie d’Izoard  nous rappelle que vivre  écrire, lire sont une seule et même chose :  une expérience .

 

 

 

Mais écrire est comme un souffle

qui jamais ne s’arrête

et charrie mots légers

qui, pourtant, s’abstiennent

de signifier quoi que ce soit

 

In MAGAZINE LITTERAIRE . MAI 2012

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 08:07

Tes yeux poussent la porte du monde

tes yeux me tiennent double serrure

et si j'écrase mes paupières

si je scelle mes paupières

à broyer à mon tour

mes yeux l'un contre l'autre

comme une paume se meurtrit

à massacrer deux noix 

tu conserves ton rêve 

tu es dans l'infatigable lumière 

tu es la claire nuit qui m'aime

tu es 

tout juste née

 

à part ça

ce que j'aime

parmi tant d'autres lignes de toi

c'est le contour de ton visage

quatre virgules à ton front

d'une oreille à l'autre

ton visage est comme un village

avec la petite église

et les bals du soir de fête

et ce formidable silence dans le bruit

tes yeux poussent la porte du monde  

 

Copyright Editions Bruno Doucey

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 07:52

Israël Zangwill

Enfants du ghetto.

Traduit par Marie-Brunette Spire

Editions Les belles lettres

Isbn : 978-2- 251- 44415-4

Prix : 29E

 

Il aura fallu cent-vingt ans pour que l’ouvrage Children of the Ghetto  qui, en son temps fut un véritable best-seller, soit intégralement traduit en français …Ressurgisse de ces pages toute une série de personnages hauts en couleurs, pittoresques dans cette truculente et émouvante comédie humaine qu’est Enfants du Ghetto. Toutes les figures de ce que l’on peut appeler le folklore juif, le schad’en (le marieur), le schlemilh (le pauvre type), le badh’an (le bouffon) jouent leur rôle dans cette tragi-comédie. Zangwill donne libre cours à son goût du réalisme et de la couleur locale et  il est sans pareil pour camper la foule bigarrée d’un marché, saisir au vol les dialogues en yiddish mâtiné d’un anglais phonétique approximatif, croquer des personnages en quelques coups caricaturaux de plume, maniant tour à tour  la farce, l’insolence et la cocasserie. Zangwill nous invite, a écrit André Spire,  à découvrir «  un peuple dont l’optimisme incurable recouvre toute la poétique tristesse », « doué d’un don indestructible pour le pittoresque », jeté au « sein d’une civilisation sans couleur »  C’est déjà là une lecture qui enchante tant Zangwill manie sa plume avec une maîtrise, faîte de tendresse et de verve, tant le livre est foisonnant de personnages , ressortis vivants d’un passé révolu , et Zangwill est un merveilleux conteur, se faisant tout à tour humoriste et moraliste  ;  mais Enfants du Ghetto n’est pas seulement un roman picaresque et drôle sur une communauté immigrée à une époque donnée . Il est certes un roman historique mais surtout sociologique décrivant la difficile intégration, sans qu’il soit assimilé, d’un peuple singulier dans une société dont il ne connait pas les codes et les usages ;  un peuple partagé entre deux désirs, celui d’être reconnu comme anglais et celui d’être fidèle à des valeurs, un mode de vie, une civilisation dont il est issu, une communauté qui, tout en voulant adhérer à la modernité et se promouvoir dans la société ne veut pas abandonner ce qui, en dernier recours, fonde son identité, c’est-à-dire un certain rapport à la langue, à la religion, aux traditions. Quelques soixante dix ans plus tard, en France, Roger Ikor traitera de ce même sujet sur la même communauté dans Les eaux mêlées sans atteindre la force et la puissance de Zangwill. Zangwill, lui, a su donner à son texte une dimension intemporelle tant les questions qu’ils soulèvent sont d’actualité et universelle à une époque de mondialisation où nombre de nos contemporains, en perte d’héritage culturel, sont en quête de racines, plus ou moins mythifiées. C’est bien ce caractère intemporel et universel du roman de Zangwill qui fait que,  cent vint ans après sa première parution, Enfants du ghetto est un roman toujours d’actualité tant la question des  « appartenances » multiples taraudent nos sociétés. Il est vrai que c’est à lui que l’on doit l’expression Melting Pot,  titre de l’une de ses pièces de théatre écrite en mille neuf cent huit…

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 05:30

La Franc-maçonnerie à l'Hotel de Ville

 

Hier, la Ville de Paris présentait une animation à laquelle on n'était plus accoutumé depuis longtemps; on savait que les francs-maçons devaient essayer leur dernière démarche pacifique en allant planter leurs bannières sur les remparts de Paris, et que, s'ils échouaient, la franc-maçonnerie toute entière devait prendre parti contre Versailles.Lecitoyen Félix Pyat, membre de la Commune de Paris, prononce d'une voix forte et émue les^paroles suivantes: " Frères citoyens de la grande patrie, de la patrie universelle, fidèles à nos principes communs: Liberté, Egalité, Fraternité, et plus logique que laLigue des droits de Paris, vous, francs-maçons, vous faîtes suivre vos paroles de vos actions. Aujourd'hui les mots sont peu, les actes sont tout. Aussi, après avoir affiché votre manifeste,- le manifeste du coeur, - sur les murailles de Paris, vous allez maintenant planter votre drapeau d'humanité sur les remparts de notre ville assiégée et bombardée. Vous allez protester ainsi contre les balles homicides et les boulets fratricides, au nom du droit et de la paix universelle. Aux hommes de Versailles , vous allez tendre une main désarmée, mais pour un moment!- et nous, les mandataires du peuple et les défenseurs de ses droits,nous les élus du vote, nous voulons nous joindre tous à vous, les élus de l'épreuve, dans cet acte fraternel.

La musique du bataillon joue "La Marseillaise". Le citoyen Léo Meillet: "Vous venez d'entendre la seule musique que nous puissions écouter jusqu'à la paix définitive. Voici le drapeau rouge que la Commune de Paris offre aux députations maçonniques. Ce drapeau doit accompagner vos bannières pacifiques : c'est le drapeau de la paix universelle, le drapeau de nos droits fédératifs, devant lequel nous devons tous nous grouper, afin d'éviter qu'à l'avenir une main, quelque puissante qu'elle soit, ne nous jette les uns sur les autres autrement que pour nous embrasser. C'est le drapeau de la Commune de Paris, que la Commune va confier aux francs-maçons. Il sera placé au-devant de vos bannières et devant les balles homicides de Versailles. Le citoyen Térifocq prend le drapeau rouge des mains du citoyen Léo Meillet et adresse ses paroles à l'assemblée:"Citoyens, Frères, Je suis du nombre de ceux qui ont pris l'initiative d'aller planter l'étendard de la paix sur nos remparts, et j'ai le bonheur de voir à leur tête la bannière blanche de la loge de Vincennes, sur laquelle sont inscrits ces mots: Aimons-nous les uns les autres!Maintenant, citoyens, frères, plus de paroles, à l'action! "

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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 09:20

Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage.

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Présentation

  • : L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset
  • : VIVRE POETIQUEMENT, L'AMOUR VRAI, LA JOIE D'ETRE sont les trois facettes d'une seule et même chose qui se nomme: ETRE et ne pas seulement exister. Lorsqu'on vit poétiquement, forcément, ça laisse des traces....
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