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11 novembre 2020 3 11 /11 /novembre /2020 15:36
Un feu secret. Jacques Viallebesset

Est-on un jour assez nu sous tous les masques

Pour atteindre tout au fond de soi et de l’autre

Le doux noyau commun de la fraternité

L’espérance est un fragile brin d’herbe verte

 

Tant qu’il y a de l’eau pour dévaler des monts

La vie souveraine  coule des lèvres mouillées

Et derrière elle portant le rêve des hommes

Se lève l’espoir éternel de l’amitié

 

La terre tourne  la vie roule inexorablement

Les lointains d’un bleu d’argent mangés de lumière

Elargissent  la vie qui bouillonne au cœur

Et jaillit dans un regard brillant de ferveur

 

Ma  seule sœur des rendez-vous d’amour manqués

Il n’est pas bien tard avant que vienne  le soir

Nous lèverons encore vers le côté du jour

Nos verres à la rencontre du premier rayon .

 

Et la vie reprendra son goût et sa chaleur

Car un  feu secret veille qui ne veut s’endormir

Et qui attend rougeoyant au fond de nos cœurs

Jusqu’à ce que la nuit définitive tombe .

 

Poème inédit.

Tous droits réservés 

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11 novembre 2020 3 11 /11 /novembre /2020 11:41
Le grand troupeau. Jacques Viallebesset

J'ai vingt-deux ans et j'ai très peur de mourir 

Dans la boue mêlée du sang des bêtes et des hommes 

Leurs yeux vitreux luisent comme ceux des moutons 

Dans le grand troupeau de cette folle boucherie 

 

Sous le brasillement d'étoiles qui remplit le ciel 

Ils sont des milliers qui roulent comme un ruisseau 

Derrière le bélier dans la verte fraîcheur moussue 

Chant éternel et vivant de la terre au cosmos 

 

Le temps est figé dans l'attente et l'angoisse 

Le monde est rétréci à cinq mètres de soi 

Au-delà le pays mystérieux d'où vient la mort 

L'aube se lève toujours sur des ruines horrifiées 

 

Au pays on allait au verger faire la sieste dans le foin 

Je la revois toute chaude avec ses mains à caresses

Qui passait ses doigts dans l'épaisseur de mes cheveux 

Et j'ai cette grande faim dont elle est le pain

 

Je veille dans la plaie d'un éclatement de mines 

Avec des cadavres entassés comme parapet 

Une mitrailleuse rythme ma sourde inquiétude 

J'entends l'agonie lente d'un blessé entre  les lignes 

 

Mon amour il faut que je te dise ce que j'ai fait 

J'ai levé haut ma main à dix mètres et il a tiré 

Comme le renard se ronge pour briser le piège 

Il me reste une main douce pour te caresser . 

 

Extrait de Sous l'étoile de Giono

Editions Alain Gorius-Al manar 

disponible sur www.editmanar.com 

 

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12 octobre 2020 1 12 /10 /octobre /2020 08:51

Ma parole est un clair torrent intarissable

Tant il y a à dire sur les passions monstrueuses

Des loups qui dévorent la chair de la raison

En humant les fleurs vénéneuses du mal

Toutes les routes qui partent du coeur y ramènent

C'est pourquoi je suis un voyageur immobile

Qui détient la clé magique des chemins de joie

Vigie à la fenêtre au coeur de vos tempêtes

Qui guette le lever du bonheur au premier jour

Dans les contrées paisibles de l'épaisseur du temps

J'attends ainsi qu'au port les bateaux de pêche

Avec le bleu du ciel à la marée des yeux

" Je donne ce que j'aime à ceux que j'aime"

Moi qui ne suis qu'un berger des mots je dis

Devenez seul le propre berger de votre vie

Accompagné d'un tambour ou d'une flûte.

 

" Sous l'étoile de Giono" 2014. Editions Alain Gorius/ Al Manar . Octobre 2014 Tous droits réservés.

Disponible en librairies et sur le site de l'éditeur www.editmanar.com

 

 

 

 

 

Un voyageur immobile. Jacques Viallebesset
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11 octobre 2020 7 11 /10 /octobre /2020 09:23
Tableau de Claude Legrand

Tableau de Claude Legrand

Ô vieilles pluies souvenez-vous d'Augustin Meaulnes

Qui pénétrait en coup de vent

Et comme un prince dans l'école

A la limite des féeries et des marais.

En un pays mené de biais par les averses

Et meutri dans son coeur par le fouet des rouliers

Le lit défait du garde-chasse

Les chemins creux du monde entier

C'est là que je t'attends c'est là qe je te veille

Printemps comme un chanteur des rues printemps pareil

A la petite lumière d'un vélo sur la route

Voici que le plus simple d'entre nous s'émerveille

D'avoir entre les mains un bouquet de jonquilles

Et l'oiseau qui dormait encore se souvient

D'une fenêtre au bout du monde

Peut-être que là-bas dans les terres perdues

Une jeune fille de famille toute nue

Se dresse à la croisée ouverte et se regarde

Dans un morceau de lune triste comme un parc

 

Peut-être bien que c'est ainsi dans les romans

Une grosse cloche avec le printemps dedans

Mon amour tu es là comme une herbe qui penche

Sa longue écriture douce sur la page

Et je lis dans tes yeux et tu peux bien baisser

Ta paupière comme du genêt mouillé

J'épelle comme un enfant qui dort

La chaude et mesurée syllabe de ton corps.

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11 octobre 2020 7 11 /10 /octobre /2020 09:15
Dans la marge 7. Jacques Viallebesset

J'aurais voulu être celui-là qui vient

Porteur d'une joie d'être à partager

Avec tous les humains qui saignent

De leurs rêves lourds d'espoirs blessés

Je porte en moi les sucs de la terre

La danse de flamme du sang au coeur

Ma poitrine se gonfle du vent des astres

J"halète de la sève de tout ce qui vibre

Frémit palpite et vit au rythme des saisons

 

Je voudrais être celui qui vient

Un arc en ciel doux dans les tempêtes

Un magma de joie monte de mon ventre

Je t'ai retrouvée et te tresse dans mes bras

Tes yeux font chanter toutes les sources

La joie est là bruissant dans ton feuillage

Bourgeon tendre gorgé de résine vivante

Tu es en moi comme le noyau dans son fruit

Ma joie ne demeurera que si elle est tienne.

 

Extrait de Sous l'étoile de Giono.

Editions Alain Gorius-Al Manar

disponible sur www.editmanar.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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8 octobre 2020 4 08 /10 /octobre /2020 08:48
Le temps de dire. Jacques Viallebesset

                                                                         

Le monde naît de la parole

Mais les mots sont en exil

A ramasser sur la terre fertile

A partager de main en main

Ardents à rallumer les braises

 

Seul le chant de la flûte fascine l’oiseau

Dont les trilles se font piéger sur la page

 

Je suis l’humble serviteur

De cette  parole à venir

En arpentant l’imaginaire

Je défriche vos silences

De ce coté-là de la rive

 

J’écris entre les lignes d’un horizon vide

Pour rendre saveur drue et sève à la vie

 

Entre déjà là et pas encore

C’est toujours le temps de dire

Avant la porte ultime du destin

Que l’ondée fertile des mots

Fasse reculer la mort lente

 

Si les poèmes se dissipent en fumée bleue

Qu’ils emportent ma mémoire en bagage .

 

inédit; tous droits réservés 

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25 septembre 2020 5 25 /09 /septembre /2020 08:06
Regarde-Moi . Emmanuelle Soni-Dessaigne

Regarde-moi 

Je suis légère à nouveau 

Vois l'océan, la lumière, 

Combien ce paysage est beau

Combien le Ciel et la Terre,

Est immense 

Et que la vie en nous, fleurit, et recommence.

 

Nos ombres 

Ont respiré ensemble

Et dans ton âme je suis sans mesure

Tu es, quand ta présence redevient l'océan

Et que je soumets tes blessures

 

J'aimerais t'entendre 

Me parler 

Du souffle de la vie 

( Ce que j'ai d'immortel, ce que j'ai d'infini) 

Et réapprendre 

A tes côtés 

La partition du vent. 

( Mais je me brûle en te nommant).

 

Poème inédit.

Tous droits réservés 

Retrouvez ses poèmes sur son site 

www.emmanuellesonidessaigne.com 

 

 

 

 

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24 septembre 2020 4 24 /09 /septembre /2020 07:46
Presque un miracle . Emmanuelle Soni-Dessaigne

Mon printemps est dans son bourgeon 

Mon hiver dort dans son flocon 

Ma terre espère dans son frisson-

Ne suis-je qu'une feuille qui tremble au vent?

Une âme qui marche en soupirant?

Ne suis-je qu'un vaisseau qui souffre,

Qui regarde le ciel: l'étoile est dans le gouffre.

 

Demande au temps une autre époque

Où nous vivrons l'un contre l'autre 

Dis-moi, où pourrions-nous aller

Pour être un peu moins triste? 

Pour voir la vie passer

Sous nos coeurs attentifs? 

Où pourrais-je reposer 

Lorsque ma vie s'épuise? 

 

Car je veux l'épuiser

Sans pouvoir en mourir-

De mon coeur attristé, 

Préserve le souvenir. 

 

Poème inédit 

Tous droits réservés.

www.emmanuellesonidessaigne.com 

 

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23 septembre 2020 3 23 /09 /septembre /2020 07:54
Le cheval blanc et noir. Lanza del Vasto

Les jours défunts et leur feuille de ciel 

Dans la forêt de l'éternel luisent encor.

J'entends courir dans la forêt de l'éternel 

Le cheval blanc et noir des vivants et des morts . 

 

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22 septembre 2020 2 22 /09 /septembre /2020 07:41
Avec l'aube 2. Emmanuelle Soni-Dessaigne

Que feras-tu quand le monde voudra éclore en toi?

Tu es venu dans ma vie comme la colombe annonce un monde qui renaît.

Comme l'errant trouve un foyer.

Prenons la route dès demain.

D'une joie retrouvée, d'un pas décidé, d'un espoir affirmé.

Je sais. 

La ville gronde encore ce soir.

Des enfants ont encore faim.

Mais un chant a commencé parmi les étoiles. 

Toutes ces vies liées à toi .

A toi et moi. 

Toutes ces fleurs attendant de fleurir quelque part.

Viens, ton voyage n'a jamais été si proche .

Il t'attend, et je t'attends avec lui.

Je sais. 

Tu es fatigué de tout l'amour que tu portes, comme l'arbre écrasé sous ses fruits.

Mais vient la saison de la récolte, donc laisse-moi te délivrer.

Laisse ton coeur battre dans la nuit au chant des étoiles.

Demain, nous irons porter la nouvelle aux hommes. 

 

Poème inédit.

Tous droits réservés 

 

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Présentation

  • : L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset
  • : VIVRE POETIQUEMENT, L'AMOUR VRAI, LA JOIE D'ETRE sont les trois facettes d'une seule et même chose qui se nomme: ETRE et ne pas seulement exister. Lorsqu'on vit poétiquement, forcément, ça laisse des traces....
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L'atelier des Poètes

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