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23 janvier 2021 6 23 /01 /janvier /2021 15:30
Une fenêtre ouverte . Paul Eluard

La nuit n'est jamais complète 

Il y a toujours puisque je le dis 

Puisque je l'affirme 

Au bout du chagrin une fenêtre ouverte 

Une fenêtre éclairée

Il y a toujours un rêve qui veille 

Désir à combler faim à satisfaire 

Un coeur généreux 

Une main tendue une main ouverte 

Des yeux attentifs 

Une vie la vie à se partager . 

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30 décembre 2020 3 30 /12 /décembre /2020 08:22
Les Nobles Voyageurs. Jacques Viallebesset

En hommage à OV. L de Milosz

 

Chevaliers errants qui rêvent leurs vies et vivent leurs rêves

Vagabonds solitaires de l'âme chemineaux anonymes de l'esprit

Ils traversent le temps et l'espace sans repos ni trève

Pour venir allumer des soleils noirs au coeur de la nuit

 

Ayant l'âge du sable de la mer et du vent du désert

Empruntant les vêtements du siècle où nous sommes

Le pain des forts et le sel leur sont offerts 

Dans des haltes secrètes où s'aiment les hommes 

 

Alchimistes du Verbe et forgerons de l'âme

Ce sont des maîtres sans temple qui ont rendez-vous

Une lanterne sourde à la main protégeant la petite flamme 

Dans la clairière de l'ëtre où règne l'amour fou 

 

Ils pérégrinent de siècle obscur en siècle obscur

Portant sur leur épaule droite un noir corbeau 

Eclairant le chemin des consciences pures

Pour que le monde et les jours soient enfin beaux

 

L'oeil est le soleil du coeur comme le coeur celui de l'esprit.

Venant ici et maintenant dans le monde sans lui appartenir

Réincarner dans le creuset des coeurs la parole qui vit

En eux s'élève le souffle d'une vie plus forte que la mort à venir .

 

Poème extrait de " Le pollen des jours"    Editions Le Nouvel Athanor. Mars 2014.

Disponible sur Amazon.fr, Fnac.com, les bonnes librairies et l'éditeur 50 rue du disque 75013 Paris , contre un chèque de 17 E . 15 E +  frais de port et sur la boutique en ligne de l'éditeur www.lenouvelathanor.com

  

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30 décembre 2020 3 30 /12 /décembre /2020 08:21
Le cheval sans tête. Jacques Viallebesset

Dans les alvéoles de ma mémoire

L'enfant que j'étais caracole encore

Enfourchant un cheval sans tête

Le bout du monde était au coin de la rue

Mon chien et moi buvions le vent

 

Je suis sorti debout des pages d'un livre

Pour que mon cerf-volant s'accoude

Au-delà des nuages plus haut sur le vent

Je n'ai vu de cette vie qu'un obscur royaume

 

Les étoiles que je cherchais ont filé

Rien jamais ne s'oppose à la nuit brune

J'ai attendu le temps pour s'étreindre

Solitaire fraternel au coeur d'une forêt

Et en vain les aubes écarlates poindre

 

A l'instant de quitter la terre des songes

Pour rejoindre la source du mystère

Le cheval sans tête encore sera mon destrier

Surgissant écumant d'un livre de sable

Pour m'emporter sur la plage du néant.

 

Poème extrait de Le pollen des jours.

éditions Le nouvel athanor

Disponible sur le site de l'éditeur www.lenouvelathanor.com, amazon.fr, Fnac.com 

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14 décembre 2020 1 14 /12 /décembre /2020 12:44
Sous l'étoile de Giono. Lecture par C. Colomb

 

 Comment ne pas être  d’emblée follement  touché par cette fraternelle adresse –au lecteur ? dans le bienveillant poème initial « Avec toi » :

            « Je suis avec toi partout où tu es esseulé »

 Cette bonne impression est confirmée par la singularité de la démarche de JV qui livre  un fascinant cheminement romanesque et poétique à travers l’œuvre de jean Giono.

La richesse du lien étroit qui unit l’Homme et le Monde chez Giono  renaît sous la plume  exacte de JV dans  une série de  30 poèmes à la fois secrets et puissamment humains, dans une composition pas banale. Ecrits  sous forme de quatrains  ou tercets, pour les récits,  au rythme d’alexandrins - parfois plus amples, souvent  riches en images, les poèmes « racontent »  des romans de Giono (15 en tout, que de patientes  et fines lectures cela est-il le fruit !), et sont suivis de commentaires « Dans la marge », convoquant tour à tour les 5 sens, les 4 éléments, pour dire l’âpreté  de vivre mais aussi « la belle harmonie du monde », où l’humain se fait tour à tour  végétal, minéral ou animal, où le quotidien côtoie les forces cosmiques.  Ainsi sous l’ardeur de cette Etoile de Giono  nous approchons-nous, à mon sens,  de Rêveries bachelardiennes aussi bien que  de  Correspondances baudelairiennes, dans une langue lumineuse  et une forme singulières.

 Et, par l’entremise d’aphorismes émaillés çà et là au fil des poèmes, JV montre une conscience aigüe du malheur du monde en même temps que de formidables élans d’empathie et d’amour. Alors  oui, le poète a atteint son but de « toucher le cœur du monde »  comme l’a dit Peter Handke, et l’on se sent moins seul.

 

Sous l’étoile de Giono est un inépuisable trésor de pensée et de beauté- le regard  se pose aussi sur les remarquables dessins de Diane de Bournazel,  on y revient  vagabonder  avec langueur, reconsidérer ces figures récurrentes que sont le berger, le passeur, la femme aimée, la musique, l’or des étoiles et tout un monde qui s’offre à  l’imaginaire créé par JV.

 

Sous l'étoile de giono

Editions Alain Gorius-Al Manar 

En vente en librairie et sur amazon.fr, fnac.com et le site de l'éditeur 

www.editmanar.com 

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14 décembre 2020 1 14 /12 /décembre /2020 12:42
Une étoile d'hiver . Emmanuelle Soni-Dessaigne

Vivons 

Puisque nos rêves sont de sable 

Nos coeurs de cendre 

Nos bouches de feu 

Nos yeux d'étoiles 

 

Il y a encore 

Des cieux

Dans les yeux des des enfants 

Mon coeur qui s'ouvre à ton prénom

De feu

Pour nourrir la bataille 

Nos mains 

Qui aiment à se rejoindre 

 

S'il n'y plus de forêts

Il y a encore des arbres 

( J'ai senti un brasier

Dans nos coeurs indomptables) 

 

Poème inédit

Tous droits réservés . 

 

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1 décembre 2020 2 01 /12 /décembre /2020 08:49
La cinquième saison - René-Guy Cadou

S'il faut nommer le ciel je commence par toi 

Je reconnais tes mains à la forme du toit 

 

L'été je dors dans la grange de tes épaules 

Les hirondelles de ta poitrine me frôlent 

 

Dressées contre ma joue les tiges de ton sang 

Le rideau de ta chevelure qui descend 

 

Je te cache pour moi dans la ruche des flammes

Reine du feu parmi les frelons noirs des âmes 

 

Par l'automne épargné tes yeux sont toujours verts 

Les fleuves continuent de passer au travers

 

Ton souffle achève au loin le clapotis des plaines 

On ne sait plus si c'est le soir ou ton haleine 

 

En hiver tu secous la neige de ton front 

Tu es la tache lumineuse du plafond 

 

Et je ferme au-delà des mers le paysage 

Avec les hautes falaises de ton visage 

 

L'étrave du printemps glisse entre tes genoux 

Lentement le soleil s'est approché de nous. 

 

Tu traverses la nuit plus douce que la lampe

Tes doigts frêles battant les vitres de ma tempe

 

Je partage avec toi la cinquième saison 

La fleur la branche et l'aile au bord de la maison 

 

Les grands espaces bleus qui cernent ma jeunesse

Sur le mur le dernier reflet d'une caresse. 

 

 

 

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1 décembre 2020 2 01 /12 /décembre /2020 08:42
Poème indésirable. Armand Robin

On supprimera la Foi 

Au nom de la Lumière

Puis on supprimera la lumière 

 

On supprimera l'Âme 

Au nom de la Raison 

Puis on supprimera la raison 

 

On supprimera la Charité 

Au nom de la Justice 

Puis on supprimera la justice 

 

On supprimera l'Amour 

Au nom de la Fraternité 

Puis on supprimera la fraternité 

 

On supprimera l'esprit de Vérité 

Au nom de l'Esprit critique 

Puis on supprimera l'esprit critique 

 

On supprimera le sens du Mot 

Au nom du sens des mots 

Puis on supprimera le sens des mots 

 

On supprimera le Sublime 

Au nom de l'Art 

Puis on supprimera l'art 

 

On supprimera les Ecrits 

Au nom des Commentaires 

Puis on supprimera les commntaires 

 

On supprimera le Saint 

Au nom du Génie

Puis on supprimera le génie 

 

On supprimera le Prophète 

Au nom du poète 

Puis on supprimera le poète 

 

On supprimera l'Esprit 

Au nom de la Matière 

Puis on supprimera la matière 

 

AU NOM DE RIEN ON SUPPRIMERA L'HOMME 

ON SUPPRIMERA LE NOM DE L'HOMME 

IL N'Y AURA PLUS DE NOM

 

NOUS Y SOMMES. 

Les poèmes indésirables 

 

 

 

 

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26 novembre 2020 4 26 /11 /novembre /2020 10:40
Maison des bois . Henri Pourrat

Le jour coule verdi de l'antique fenêtre

Au court montant de bois traversé de barreaux;

Elle est tout en largeur et ses petits carreaux

Ne laissent voir dehors que la feuille des hêtres 

 

C'est le royaume du silence au bois dormant 

A peine si le geai vient y piquer la faine.

Nul bruit en la maison que de l'horologe à grain 

Entre le coffre à sel et les sacs de froment. 

 

Dans le fond embruni de cette salle basse,

Luisant comme la lune, alors que dans son plein

Elle sort sur la côte à l'heure du serein, 

Le balancier de cuivre rond passe et repasse. 

 

Séjour sauvage, mais d'une verte gaité, 

Car l'air a dans ces monts un arôme de sauge, 

Et les heures ici comptées de mon horloge

Sont heures de ma volonté. 

 

Henri Pourrat 

Maison des bois . Henri Pourrat
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23 novembre 2020 1 23 /11 /novembre /2020 08:57
Le vent de la montagne. Henri Pourrat

Le vent qui souffle à travers la montagne

Me rendra fou.

Je veux partir, je veux prendre la porte, 

Je veux aller

Là où ce vent n'a plus de feuilles mortes, 

A râteler.

Plus haut que l'ombre aux vieilles salles basses

Où le feu roux

Pour la veillée éclaire des mains lasses

Sur les genoux; 

Aller plus haut que le col et l'auberge

Que ces cantons

Où la pastoure à la cape de serge 

Paît ses moutons; 

Que les sentiers où chargés de deux bannes, 

Sous les fayards,

Le mulet grimpe au gris des feux de fanes

Faisant brouillard.

Ce vent me prend, me pousse par l'épaule, 

Me met dehors, 

La tête en l'air, le coeur à la venvole, 

Le diable au corps.

Il faut partir et prendre la campagne

En loup-garou:

Le vent qui souffle à travers la montagne 

Me rendra fou. 

Henri Pourrat 

Sinon dans sa jeunesse , Henri Pourrat a écrit et publié peu de poèmes . Celui-ci , à l'évidence, lui a été inspiré par les deux célèbres vers " Le vent qui vient à travers la montagne/ Me rendra fou" extraits du poème " Gastibelza de Victor Hugo 

Le vent de la montagne. Henri Pourrat
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23 novembre 2020 1 23 /11 /novembre /2020 08:45
Les poètes . Aragon

Je ne sais ce qui me possède 

Et me pousse à dire à voix haute 

Ni pour la pitié ni pour l'aide

Ni comme on avouerait ses fautes 

Ce qui m'habite et qui m'obsède 

 

Celui qui chante se torture 

Quels cris en moi quel animal

Je tue ou quelle créature 

Au nom du bien au nom du mal 

Seuls le savent ceux qui se rurent

 

Machado dort à Collioure 

Trois pas suffirent hors d'Espagne

Que le ciel pour lui se fit lourd 

Il s'assit dans cette campagne 

Et ferma les yeux pur toujours

 

Au dessus des eaux et des plaines 

Au dessus des toits des collines 

Un plain chant monte à gorge pleine

Est-ce vers l'étoile Holderlin 

Est-ce vers l'étoile Verlaine 

 

Marlowe il te faut la taverne 

Non pour faust mais pour y mourir 

Entre les tueurs qui te cernent 

De leurs poignards et de leurs rires 

A la lueur d'une lanterne 

 

Etoiles poussière de flammes

En Aout qui tombez sur le sol

Tout le ciel cette nuit proclame 

L'hécatombe des rossignols 

Mais que sait l'univers du drame 

 

La souffrance enfante les songes 

Comme une ruche ses abeilles 

L'homme crie où son fer ronge 

Et sa plaie engendre un soleil 

Plus beaux que les anciens mensonges 

 

Je ne sais ce qui m'obsède 

Et me pousse à dire à voix haute 

Ni pour la pitié ni pour l'aide 

Ni comme on avouerait ses fautes 

Ce qui m'habite et qui m'obsède .

 

 

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Présentation

  • : L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset
  • : VIVRE POETIQUEMENT, L'AMOUR VRAI, LA JOIE D'ETRE sont les trois facettes d'une seule et même chose qui se nomme: ETRE et ne pas seulement exister. Lorsqu'on vit poétiquement, forcément, ça laisse des traces....
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L'atelier des Poètes

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