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4 mai 2014 7 04 /05 /mai /2014 15:15

Jean-Pierre Boulic

Je vous écris de mes lointains

Editions la part commune

Isbn : 978-2-84418-260-9

Prix 13 E

«  Je vous écris de mes lointains » titre Jean-Pierre Boulic. Tout poète conséquent , à un moment donné de sa vie et de son écriture , sauf s’il est un de ces « poètes du dimanche » que croquait avec  tendresse René-Guy Cadou ou un de ceux qui mettent «  poète » derrière leur nom dans l’annuaire des téléphones comme le raillait avec cruauté Aragon, est « obligé » de s’interroger sur les causes et les finalités de son écriture . C’est ce que fait Boulic, au bout de plus d’une dizaine de recueils, en authentique , donc conséquent , poète qu’il est .

« J’écris. Mon langage frémit jusqu’aux entrailles. J’écris la vie du verbe. J’écris ma contemplation  de l’être, une explication de ma relation au monde, simplement la rencontre de l’être ensemble » dit-il. Il aurait pu dire «  j’écris le verbe de la vie », car, à ce niveau-là de l’écriture, vivre et écrire , écrire et vivre sont une même chose . Boulic, de ses lointains , écrit au plus près de ce qu’il ou de la conscience qu’il a d’être, l’écart entre ce qu’il est et la conscience qu’il en a étant, justement,  le lieu de l’écriture, l’espace, la béance.  «  Ecrire la voix de l’âme nécessite d’aller vers le silence, son silence, dans l’expérience du murmure de la source intérieure, par-delà les difficultés de l’existence » . C’est vous dire que si l’ambition de Boulic est grande , cherchant à relier , à travers ses textes , ce qu’il est au plus profond de lui à ce qui donne sens à l’existence . Il l’annonce, d’ailleurs, dès l’ouverture  de ce recueil de cinquante courts textes : «  J’en appelle à l’encre du ciel, au sang des étoiles…sur cette terre où tout n’existe que par le langage et l’expérience d’un cœur à cœur ». Poésie empreinte de spiritualité donc, mais quelle poésie authentique n’en est-elle pas empreinte ? «  L’exercice du poème se borne à traduire sans confusion une parole juste : celle qui se veut reflet des paysages intérieurs où sédimente l’expérience de l’homme au sein du cosmos  ».  Cet exercice, ambitieux s’il en  est, pourrait, s’il n’était maîtrisé, nous entrainer  vers une poésie métaphysique à l’expression grandiloquente. Pour notre bonheur, c’est tout l’inverse. Ce retour à l’essentiel est fait par la contemplation de la réalité dans ce qu’elle a de plus simple, de plus quotidienne .  Il nous l’énonce,   d’ailleurs : «  Contempler et vivre la réalité de la vie. Vivre, c’est voir que l’instant présent est réel » .C’est à une conversion du regard que nous invite Jean-Pierre Boulic, un réapprentissage pour mieux voir. Boulic est un Cadou qui aurait lu Theilhard de Chardin, un mystique donc .Mais il cultive son mysticisme comme on imagine que certains moines entretiennent un «  jardin de simples », dans l’effluve de quelques herbes médicinales.  «  Voici que le plus simple d’entre nous s’émerveille d’avoir tenir entre  les mains un bouquet de jonquilles » a écrit quelque part Cadou. Voici que Boulic,  le plus simple d’entre nous,  s’émerveille en même temps qu’il nous émerveille car «  Quand la parole répand son souffle étonné, levant les yeux sur toutes choses,  surgit en vérité le temps de la poésie ». Si le questionnement et l’étonnement sont la source de la philosophie, l’émerveillement est bien , lui, la source de toute poésie . Oui, « Il faut prendre la poésie au sérieux. Le poème n’est pas un prisme. La poésie ne déforme pas la réalité. La poésie est ». Jean-Pierre Boulic nous invite,  avec humilité , à ce salvateur retour aux sources .

AJL pour le web-magazine " Recours au poème"

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4 mai 2014 7 04 /05 /mai /2014 12:15

Gabriel Arnou- Laujeac

Plus loin qu’ailleurs

Préface de Maram Al-Masri

Editions du Cygne

Prix : 10 E

L’élégie est un genre qui se fait rare dans la poésie contemporaine française et il faut une certaine audace à Gabriel Arnou-Laujeac pour aller ainsi à contre-courant dans ce long poème en prose qu’est son premier recueil Plus loin qu’ailleurs. Le titre annonce bien l’intention de l’auteur : « Je t’emmènerai où s’exilent les peuples du vent, loin du troupeau désespérant, loin de ses diables inhumains et de ses dieux trop humains ».Cet ailleurs n’est pas une utopie, il a un lieu, même si c’est «  en ce lieu sans adresse », celui où demeure ce que d’aucuns ont pu appeler « l’amour fou ».  Mais ce n’est pas du côté de Breton qu’il convient d’aller chercher les références de Gabriel Arnou-Laujeac. Celui-ci nous parle, en fait, d’une expérience métaphysique,  certains diraient mystique ; celle de l’Amour absolu, vécu à la fois charnellement et spirituellement : « Jaillie à vif d’une flamme virginale, la passion nous prend tout entiers dans son souffle animal : les étincelles du soleil parcourent nos corps au galop dans un fracas d’océans ».  Cette expérience vécue ici-bas est ressentie comme le seul moyen d’échapper à la bassesse du monde. «  Quels amants n’abritent point, au saint-des-saints de leur corps entremêles, la mémoire d’une plénitude à faire renaître ? »  écrit-il, nous faisant entendre que nos corps sont des « Temples » et que seul l’amour vrai rend libre, permettant ce « retour » à l’unité, à la plénitude.

«  Par-delà ce quotidien trop étroit pour nos ailes existe un lieu vers l’étoile idéale, et c’est là que je t’emmène : vers la clarté. Viens. » «  Je t’emmènerai loin, plus loin qu’ailleurs, à l’intérieur, mourir à ce monde inversé ».

D’autres avant lui, et non des moindres, ont tenté de faire comprendre et ressentir cette expérience de l’amour, de nous parler de ce «  lieu sans adresse » où l’amour humain se confond ave l’amour divin. Ils ont pour nom Hâfez, Rûmi, et plus près de nous Tagore et son «  Offrande Lyrique ».

Mais  un jour,  l’amour que l’on croyait unique, s’éteint et «  L’amour borde une dernière fois votre lit et vous donne le baiser du grand soir. Pourquoi ? » . Au-delà de la désespérance et de l’exil intérieur, « il faut tenter de vivre » comme l’a écrit un autre poète. Reste alors pour se retrouver à se fondre dans la Création,  ce « grand-tout » dont chacun de nous est une parcelle. Reste alors l’invocation : « J’invoque le sceau du ciel qui est un Souffle, un Souffle indomptable, un Souffle qui traverse, purifie, ressuscite tout ce qu’il enlace au gré de sa danse insaisissable ».

Cette quête de l’Absolu et d’éternité est servie par une écriture rare dans la poésie contemporaine occidentale. Exigeante, fluide et pure,  son lyrisme même, paradoxe d’apparence, dénude les mots pour les porter à l’incandescence. Sa langue s’adresse avec force à l’intelligence du cœur, celle qui nous fait échapper aux contingences de notre siècle .

« Il reste l’écho du silence qui s’élève à contre-nuit, pour que sonne et résonne la promesse du retour, au creux des âmes apatrides qui savent n’être point d’ici, ni d’ailleurs, et encore moins de maintenant ».

Merci à Gabriel Arnou-Laujeac de ce texte lumineux, aussi intemporel qu’universel, qui fait de lui ce  contemporain sans âge, sachant, par-delà le temps  et l’espace, s’adresser à ce que l’humain a de meilleur et de plus haut en lui.

AJL

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3 mai 2014 6 03 /05 /mai /2014 15:19

Marie Huot

Douceur du cerf

Editions al Manar

Isbn 978-2-36426-024-5

Peix : 15 E

Marie Huot , bien que remarquée par le Prix Jean Follain et le Prix Max Jacob , poursuit son œuvre dans la discrétion . Comme Jean Giono avait écrit Naissance de l’Odyssée , c’est , d’une certaine manière un « retour à Ithaque »  , à la rencontre d’un grand-père marin mythifié qu’elle nous invite  , mais le propos est double , puisqu’en fait , de  poème en poème, c’est sur l’océan de l’imaginaire de Jean Giono qu’elle nous entraine .

En trente-deux escales,  c’est tout l’univers poétique de Jean Giono qui apparaît dans la brume , puisque on y croise Antonio et Clara  du Chant du monde ( Si une tempête arrache quelques pages/ Antonio et Clara/ un instant boiront la tasse… ) , Bobi de Que ma joie demeure ( La nuit on lui voit une foudre entre les épaules..) des cavaliers qui sont forcément ceux de l’orage et quelques autres personnages de Giono dont je laisse au lecteur le plaisir de les rencontrer , comme celui-ci :

J’ai oublié le nom du joueur de cartes

Il l’a fait glisser par-dessus bord

Il a une façon si magique

d’agiter ses mains

on croit que ses doigts plantent des graines dans le ciel .

Si ma mémoire est bonne , il arpentait Les grands chemins à la poursuite d’un horizon sans plafond…

Cet exercice de style,  car c’en est un, aurait pu être fait de redondances ou pire de commentaires, de manière besogneuse. C’est tout l’inverse. C’est plus à une œuvre  de distillation que s’est attachée Marie Huot. Se servant de l’univers de Giono comme matière première, elle l’a fait passer aux trois étapes du grand œuvre alchimique,  le ramenant aux cendres de l’œuvre au noir pour le faire passer à l’incandescence de  l’œuvre au rouge.

Quant au cerf  dont Marie Huot fait l’éloge de sa douceur, c’est, bien sûr , celui qui court librement sur les plateaux de Que ma joie demeure et dont la seule présence charnelle au monde signe la joie d’être :

être est fragile

être tremble sous la peau des biches

être s’amenuise

mais sur être on peut construire une joie.

A moins que ce ne soit,  plus inconsciemment peut-être, celui de ce long poème de Jean Giono , Le cœur-cerf.

J’avais déjà eu l’occasion de dire le caractère enchanteur de l’écriture de Marie Huot, à l’occasion de la sortie de son précédent recueil Une histoire de bouche chez le même éditeur, Alain Gorius, dont il faut souligner l’exigence tant sur le fond que sur la forme de ses publications. Ce caractère enchanteur est renforcé par le travail de Diane de Bournazel qui a, comme on le fait au henné dans la main des femmes de l’autre côté de la Méditerranée, tatoué dans les lignes de vie de Marie Huot l’imaginaire de Giono.

Je ne sais, si, comme l’écrit Marie Huot son grand-père a emporté avec lui un peu de sa joie d’être, mais, avec la complicité de Diane de Bournazel et d’Alain Gorius, elle nous a rendue quelques graines de joie ; comme Jean Giono le fait dire au professeur d’espérance qu’est Bobi, «  ma joie ne demeurera que si elle est la joie de tous », aussi, permettez-moi de partager avec vous la joie que m’a procurée cette lecture .

AJL

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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 05:00

Tu longes à mes cotés les rivages du temps

Sans jamais te soumettre aux chevaux de halage

Ni laisser la colère gouverner ton voyage

 

A mes cotés, tu fondes des digues passagères

Pour convaincre l'eau noire de laisser aux oiseaux

Le droit de survoler leur delta de lumière

 

Comme un fleuve to ouvres des routes d'avenir

Dans un pays sans nom où s'accordent déjà

La fougue de mes pas et l'eau de ton sourire.

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29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 05:11

Il vaut mieux que les hommes lucides qui brisent les rêves illusoires de leurs semblables n'en attendent pas de reconnaissance. Si c'est leur motivation, sauf exception,ils seront déçus.  

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26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 05:00

Tu seras aimé le jour où tu pourras montrer ta faiblesse sans que l'autre s'en serve pour affirmer sa suprématie.

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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 05:00

1deCouve EDC 

   

 

L’évidence n’est pas simple

Pour qui est compliqué

Pourtant quand nous vivons

Dans la volonté d’être soi

L’évidence un jour s’impose

Comme une fulgurance

Dans un ciel enfin clair

Tout entier l’être

Est à jamais assuré

Toutes les contradictions

Sont dissoutes dans le creuset

Du cœur maintenant apaisé

Là voilà la seule demeure

Où l’être peut habiter

La fidélité au présent éternel.

La simple et seule vérité

Devient transparente

Et remonte au cerveau

A toujours revivifié d’oxygène

Nous entrons dans un royaume

Aux frontières sans limites

Ou nous sommes libres et souverains

Dans un Éden tranquille

Où notre force fait échec

A la violence du monde

Avec une telle délicatesse

Et une telle vraie pudeur

Que les malotrus n’osent

Ne plus jamais s’approcher.

 

L’évidence n’est pas simple

Pour qui est compliqué

Pourtant quand nous vivons

Dans le désir de l’Amour vrai

L’évidence un jour s’impose

Comme le bel et seul éclair

De la lucidité enfin trouvée

En même temps qu’on se reconnaît

Dans le regard de l’être aimé

Qui nous a à nous-mêmes révélé.

Nous pouvons boire la liqueur

Qui décante l’être jusque dans son cœur

Sans crainte qu’elle soit amère

La vie alors est cette succession

Des fêtes secrètes de l’Agapé

Nous pouvons nous endormir

Et nous éveiller dans la lumière

De la confiance de l’amour

Les portes de l’avenir

Nous sont enfin ouvertes

En même temps que celles

De l’allégresse partagée

Nous avons enfin trouvé

Ici-bas l’endroit où reposer

Sa tête et désormais se dévoiler

La surface de soi est réconciliée

Avec son authentique profondeur

L’être entier peut s’affirmer

Dans la vérité de son sommet. 

 

Copyright LE NOUVEL ATHANOR MARS 2011

" L'écorce des coeurs" est disponible sur amazon.fr, Fnac.com et sur la boutique en ligne de l'éditeur www.lenouvelathanor.com

La poésie se propage comme le pollen et se dépose au gré des vents sous l'écorce des coeurs. Que la poésie vous garde...

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24 avril 2014 4 24 /04 /avril /2014 09:03

Ce que j'ai aimé, que je l'aie gardé ou non, je l'aimerai toujours...

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23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 05:15

La vie se joue à chaque instant, avec ou contre nous, selon la volonté et la lucidité que nous y engageons, ou non.

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 05:00

La vie

s'encapuchonne de rides

 

et nous sommes soumis

aux saisons, aux étapes de l'âge,

 

mais comme le perce-neige,

la lumière s'invente un passage

 

à travers le lavis de nos passions,

de toutes nos circonvolutions

 

et nourrit la présence permanente

de notre ciel intîme.

 

La nuit comme le jour. Le nouvel athanor 2012

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Présentation

  • : L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset
  • : VIVRE POETIQUEMENT, L'AMOUR VRAI, LA JOIE D'ETRE sont les trois facettes d'une seule et même chose qui se nomme: ETRE et ne pas seulement exister. Lorsqu'on vit poétiquement, forcément, ça laisse des traces....
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