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1 juin 2021 2 01 /06 /juin /2021 07:27
Au coeur d'un bois. François Cheng

Tout le silence fulgure en un chant 

Dans l'éternité d'un jour gris 

Au coeur du bois

                que survolent d'insoucieux nuages 

Tout le silence gonflé du chant 

               surgi des entrailles de la mésange 

Rond comme la rotation de l'univers 

Rons comme un coeur qui bat 

Coeur humain gonflé de douceur, de douleur

               de cris de vivants et de morts

Eclatant en unique chant de l'instant 

Dans l'éternité d'un jour gris 

               que survolent d'oublieux nuages 

Au coeur d'un bois . 

Extrait de A l'Orient de tout. Poésie Gallimard 

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29 mai 2021 6 29 /05 /mai /2021 09:12
Nous ne vieillirons pas . Jean -Pierre Siméon

Nous ne vieillirons pas 

mon ami

je le jure

si nous faisons du temps 

le jardin de nos rêves

si nous suivons les pas de l'été

dans les fleurs

si nous marions nos mains

aux fontaines prodigues

si chaque jour nouveau

est un nouveau voyage

et le beau partage du fruit 

pour nos lèvres 

 

Nous ne vieillirons pas 

l'eau est née pour la source

nous sommes nés pour vivre.

 

Extrait de La nuit respire" 

editions Cheyne 

 

 

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26 mai 2021 3 26 /05 /mai /2021 07:14
illustration Paul Trilloux

illustration Paul Trilloux

J'en ai trop, j'en ai trop gros de nuit sur le coeur, 

comme un oiseau en deuil du printemps de nos yeux,

une nuit comme on prend tous les mauvais chemins

une nuit comme on pleure un dieu tombé trop tôt, 

ou un soleil parti sans laisser une adresse, 

une nuit qui remonte à la tête des mots, 

une nuit à couper au couteau du malheur, 

une nuit à rayer tout mirage au long cours, 

une nuit à brouiller les lignes de ma main, 

une nuit comme une ombre éprise d'elle-même, 

une nuit que combat la torche de mon sang

une nuit qui ne rime à rien qu'à la nuit même, 

une nuit comme on voit soudain la mort en rose, 

une nuit comme on vit à côté de sa plaque, 

et comme on ne sait plus faire la part du feu , 

 

une nuit comme un mot pourri au coin des lèvres, 

 

une nuit comme on reste seul la main 

tendue. 

 

Anthologie Christian Moncelet 

Editions Le nouvel athanor 

disponible en librairie, www.lenouvelathanor.com, fnac.com et même amazon.fr 

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26 mai 2021 3 26 /05 /mai /2021 07:13
Belles saisons obscures Gérard Bocholier

Nous n'oublions rien des moissons lourdes

Des plaines brûlées du long désir

Noué aux vignes des sarments rouges

De la chair des pollens de lumière

Autour des épaules des visages

Tendus vers une crête invisible

Nous sommes la mémoire du vent

Qui s'épuise au chevet de l'hiver

Quand vous ne songez plus qu'au silence

Où disparaissent même les noms

Des plus aimés de leurs plus beaux songes

Même cette paume sur la nuque

A la croisée des routes les peurs

Et leurs aveux débordant les ombres.

 

Extrait de Belles saisons obscures . Editions Arfuyen 2012

 

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24 mai 2021 1 24 /05 /mai /2021 13:19
Entretien avec Le Salon littéraire sur " Dans le vert des montagnes-En cheminant avec Gaspard"

 

 Votre recueil de poésie qui vient de paraître est inspiré du roman Gaspard des montagnes d’Henri Pourrat. Pourquoi ?

 A l’âge de onze ans, j’ai été fasciné par la visite du Moulin Richard de Bas à Ambert «  Dans l’herbe des trois vallées » ; c’est par la lecture de cet ouvrage, suivie par celle de Gaspard des montagnes que j’ai pénétré dans l’univers  d’Henri Pourrat .Pendant mon long « exil » de plus de quarante ans à Paris,  ce roman,  lu et relu tout au long de ma vie,  a été un lien permanent  avec une Auvergne un peu mythifiée et  ces paysages du Forez que j’affectionne , faits de pâturages  verts, de hauts-plateaux d’herbe où pousse la gentiane et où rampe la bruyère mauve et de ces forêts profondes de sapins où plane toujours un certain mystère . De retour en Auvergne,  il m’a semblé naturel de rendre ainsi hommage à ce compagnon de mes songes et à son créateur.

Comment évoquer un roman de près de huit cents pages en trente-deux poèmes ?

C’était tout l’enjeu de l’écriture du recueil.  Pourrat disait lui-même de son roman  que c’était « une histoire aux cent histoires ». Ce roman foisonnant a plusieurs facettes : à la fois  roman historique ,  roman de mœurs,   roman d’aventures,  roman picaresque, roman d’amour , il peut  , aussi, être lu à plusieurs niveaux d’interprétation  .…Puisant dans cette malle aux trésors , j’ai privilégié l’histoire d’amour entre Anne-Marie et Gaspard, ce qui est une des lectures possibles ; c’est ainsi que j’évoque , par une succession de plans-séquences l’intrigue du roman et l’atmosphère de contes et légendes dans laquelle elle baigne.

J’ai essayé de distiller sensations, images et émotions suscitées par le roman  pour en extraire la quintessence poétique.   J’ai voulu que ces poèmes charrient l’eau,  la terre, le feu , la terre de ces montagnes vertes , mauves et noires et ainsi  écrire un hymne à la nature  tout en exaltant l’amour, l’amitié, et un  certain nombre de valeurs dont Gaspard est l’incarnation : le panache, la bravoure, la droiture, la fidélité ; cela pour redonner fraîcheur et vigueur à cette épopée et ainsi donner l’envie  aux lecteurs qui ont lu le roman d’Henri  Pourrat de l’aborder sous l’angle de la poésie qui s’en dégage  et à ceux qui ne l’ont pas encore lu la curiosité de le découvrir.

Quel est l’apport d’Henri Pourrat dans la littérature, selon vous ?

Si Gaspard des montagnes est présent dans l’inconscient collectif auvergnat , qu’on ait lu ou pas le roman, beaucoup de malentendus existent autour de l’œuvre de Pourrat . Il est souvent perçu comme un auteur «  régionaliste » avec tout le dédain que le milieu littéraire parisien peut mettre dans ce mot. On a fait le même reproche à Giono, pour les mêmes raisons. Mais,  s’il est vrai que le roman est très fortement enraciné dans le territoire du Livradois et du Forez , le génie de Pourrat a su donner à son héros Gaspard une dimension universelle, faisant de lui , l’égal de Don Quichotte , de Till d’Unlenspiegel , voire de Corto Maltèse . Gaspard est un héros positif en qui tout lecteur peut se projeter.   De plus,  cette intrigue qui se noue et dénoue dans ce pays d’Ambert brasse tous les sentiments et passions , de la haine à l’amour, de la générosité à la vengeance, de la peur au courage , de la traîtrise à la fidélité ,de l’hypocrisie à l’amitié ,  qui tissent l’âme humaine sur toute la surface de la terre . Nous voilà aux antipodes de ce que l’on appelle «  régionalisme ».  «L’auvergne» de Pourrat est aussi universelle que l’est la « Provence » de Giono.

L’on sait qu’Henri Pourrat a passé sa vie à arpenter ce petit territoire qu’est le Livradois-Forez pour recueillir cette somme de littérature orale populaire qui constitue Le trésor des contes .A l’ époque matérialiste et  rationaliste  où, comme l’a écrit Vialatte,  «  la modernité faisait rage » , l’on croyait encore que le progrès technique suffirait au progrès humain , cette quête  obstinée , comme un « devoir de mémoire »,  semblait conservatrice et passéiste . Depuis,  à force de progrès technique déhumanisant et aliénant ,  un besoin de réenchantement du monde se fait jour . Je n’en veux pour preuve que le nombre toujours plus grand de conteurs qui se produisent en France et en Europe  et le succès qu’ils rencontrent . Nous devons rendre grâce  à Henri Pourrat d’avoir compris avant ses contemporains combien cet antique savoir,  prétendu dépassé,  est , en fait intemporel et porteur de toute la sagesse humaine , accumulée à travers les générations et combien l’imaginaire est important dans la structuration de l’esprit humain.  Recueillant ces contes , dans son souci de fidélité à leur langage oral populaire et les nécessités de leur transcription en langue écrite , Henri Pourrat a inventé un métalangage, une langue singulière et originale qui lui est propre. Ils ne sont pas nombreux  les auteurs français qui ont créé une langue … Entre le souci d’universalité en l’ancrant dans le singulier et l’invention d’une langue , l’apport d’Henri Pourrat à la littérature est immense ; il serait temps de réhabiliter l’œuvre de cet «  illustre méconnu » , cet auteur  dont Vialatte a pu écrire qu’il aurait pu être, s’il n’avait été aussi discret , modeste ,  pudique et étranger aux mondanités parisiennes , le «Selma Lagerlof français » , qui , comme on le sait, a obtenu le Prix Nobel de littérature.

Diriez-vous , qu’en écrivant «  Dans le vert des montagnes-En cheminant avec Gaspard », vous avez voulu redonner une «  seconde jeunesse » à Gaspard des montagnes ?

Non, ce serait prétentieux de ma part et injuste d’autant que Gaspard , dans le roman, est l’incarnation de «  l’éternelle jeunesse » par ses élans fougueux  et sa générosité du cœur . Disons plutôt que j’ai voulu  faire apparaître cette «  éternelle jeunesse » sous un jour poétique.

«  l’air et le vent sont omniprésents dans cette quête du souffle et de la parole » qu’est l’œuvre de Pourrat,  comme l’a fait remarquer Jean-Claude Forêt. Peut-être plus encore que les contes, la poésie est affaire de souffle et de musicalité ; comme les contes, elle est faite pour être dite à haute voix plutôt que lue, sa syntaxe et son rythme sont oraux.  Si le conte est par nature poétique , Pourrat est un immense poète , lui qui a su manier les mots, magistralement , pour qu’entre eux se lève le souffle de la vie.  En cheminant dans ses pas,  en faisant de Gaspard des montagnes la   « matière première »  de mon écriture comme lui l’a fait avec les contes populaires dont son roman est issu , j’ai cherché cette «  petite musique » singulière qui , je l’espère, chante à travers mes vers .

Propos recueillis par Joseph Vebret

Dans le vert des montagnes-En cheminant avec Gaspard

Editions Entrelacs.

Isbn : 979-10-90174-52-8

16, 50 E

disponible en librairie et sur www.dervy-medicis.fr, fnac.com, amazon.fr   

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19 mai 2021 3 19 /05 /mai /2021 08:16

La lune d'eau danse dans les arbres

Mais j'ai un soleil de feu au ventre

J'ai perdu mon autre moitié du ciel

Mon corps est ici mon ceur est là-bas

La vie est tragique mais pas sérieuse

Les chevaux blancs et noirs de l'âme

M'emportent tirant le char de ma vie

Oui je veux frèrer encore avec ceux

Qui partagent le pain blanc des rêves

Et se mettent en route pour la seule joie

Avant de s'enfoncer dans la profondeur

Du silence fertile des étoiles où

Vibre la mélodie secrète de l'univers

Qui donne ici-bas le sens de toute vie.

 

 

 

 

Le sens d'une vie. Jacques Viallebesset
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19 mai 2021 3 19 /05 /mai /2021 08:15
Cosmos . Jacques Viallebesset

Le magma dont je suis issu

Fait de moi un doux voyageur

De l'infini et du cosmos

Ces galaxies qui gravitent

En moi me créent et me recréent

 

Des verts volcans éteints ruissellent

Les eaux primordiales de vie

Dans un labyrinthes de sources

Les perles des mots fraient leur voie

Vers l'estuaire de la parole

 

Le chant des voyelles s'unit

Au verbe luxuriant du ciel

Des étoiles frémissent en graines

De diamant que je moissonne

Sur l'aire des désirs sans fin .

 

Extrait du recueil " Ce qui est épars"  

Edition papier  www.lenouvelathanor.com

 

Cosmos . Jacques Viallebesset
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18 mai 2021 2 18 /05 /mai /2021 07:44
Peinture de Claude Legrand

Peinture de Claude Legrand

On m'a jeté tant de pierres, 

Que plus aucune ne m'effraie 

Le piège s'est fait haute tour,

Haute parmi les hautes tours.

Je remercie ceux qui l'ont construite,

Qu'ils cessent de s'inquiéter de s'attrister.

De tous les côtés, je vois l'aube plus tôt.

Et le dernier rayon du soleil triomphe ici. 

Souvent dans les fenêtres de mes chambres 

Entrent les vents des mers du nord, 

Et le pigeon mange dans mes mains du grain...

Cette page que je n'ai pas finie, 

La main brune de la Muse 

Divinement calme et légère, 

Y inscrira le dernier mot.

 

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18 mai 2021 2 18 /05 /mai /2021 07:38
La belle étoile. René-Guy Cadou

Sur le clavier du ciel où chantent les étoiles

Lancé sur le trapèze impossible des voiles

Dans la sciure des blés habitée de perdrix

Gagnant le toit la tonte épaisse de la nuit

Tout le jour en danger mais retrouvant des ailes

Pour dépasser le monde obscur la citadelle

Est-ce mon ombre ou la lumière sous la pluie

 

Je ne sais qui je suis prisonnier de ces routes

Avec mon sang qui coule à la mer goutte à goutte

Avec ces larges plaies aussitôt pardonnées

Et mon coeur de plein vent ma grange abandonnée

 

Je vais. J'ai rendez-vous sur le plateau sans âge

Avec de vieux béliers frappés à mon image

Enfin je vais bondir sous les cornes du feu 

 

Rien ne ressemble moins à tes yeux que mes yeux

Homme étrange occupé de besognes terrestres

Qui couvres de limons la blancheur du charnier

 

Jamais tu n'oseras, usant tes propres cendres

Jeter sur le tableau les mots qui font comprendre

Que tout l'amour du monde est à imaginer

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2 mai 2021 7 02 /05 /mai /2021 08:40
Tableau de Claude Legrand

Tableau de Claude Legrand

                                                                      à Olivier.C 

Dans ces montagnes s'ouvrant sur l'infini 

Des chemins d'horizon attendent nos pas 

Qui se fraient dans les prairies de notre corps 

Guidés par le bruissement de la source 

 

Artère escarpée ou sentier buissonnier 

Tous les chemins convergent vers le ciel 

Sous l'écorce dure de la terre est tapi

Le coeur d'un volcan bouillonnant de vie 

 

Le vent le vent nous pousse droit devant 

Vers la clairière silencieuse de l'être 

Soleil d'ombre au zénith de l'existence 

 

L'éternité est entière dans la perle de rosée 

Et c'est aujourd'hui que tout commence 

C'est un beau jour pour se mettre en marche...

 

Poème final de Le Plain-chant des Hautes-terres 

27 tableaux de Claude Legrand et 27 poèmes de Jacques Viallebesset 

Editions Le nouvel athanor

Prix: 23 E 

www.lenouvelathanor.com

Si vous souhaitez recevoir un exemplaire dédicacé, adressez un courriel à

jacques.viallebesset@orange.fr 

 

 

Chemins de soi. Jacques Viallebesset
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  • : L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset
  • : VIVRE POETIQUEMENT, L'AMOUR VRAI, LA JOIE D'ETRE sont les trois facettes d'une seule et même chose qui se nomme: ETRE et ne pas seulement exister. Lorsqu'on vit poétiquement, forcément, ça laisse des traces....
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