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10 février 2018 6 10 /02 /février /2018 10:10
La ballade de Gaspard. Jacques Viallebesset

Rappelez-vous le franc Gaspard des montagnes

Qui surgissait en bondissant

Et comme un diable dans les cabarets

A l'orée des bois noirs

 

Dans ce pays marqué par le bruit de la cognée

Au bord de cette forêt qui bleuit sous le vent

La couche de fougères du bûcheron

C'est ici que je vous donne rendez-vous

Dans ce grand matin d'herbes et d'oiseaux

Hiver sifflant de burle glacée hiver de neige

Qui poudroie dans le large de l'aube

Voilà encore que l'on s'émerveille

De ses vaillances farces et aventures

Et le renard dans son terrier se souvient

Du château des sept portes

Perdu là-bas dans la lande sous les pins

Le coeur d'une jeune fille bat étrangement

C'est sans doute comme celà dans les contes

Une sarabande folle de farfadets

 

Mes amis restez-là à partager sur la table de sapin

l'âpre vin de force et d'endurance

L'amour l'amitié font une lueur de soleil jaune

Dans vos yeux comme les fleurs des genêts

J'entonne à haute voix compagnons de mes songes

Un chant qui se lève des hommes de sève.

 

 

 Poème d'ouverture de " DANS LE VERT DES MONTAGNES-En cheminant avec Gaspard" 

Illustrations de SAT 

Editions Entrelacs. 

84.pages  Prix : 16, 50 e

disponible en librairie, amazon.fr, fnac.com , le site de l'éditeur 

www.dervy-medicis.fr

 

 

 

La ballade de Gaspard. Jacques Viallebesset
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9 février 2018 5 09 /02 /février /2018 08:37
Enfin le royaume. François Cheng

Nous avons bu tant de rosées

En échange de notre sang

Que la terre cent fois brûlée

Nous sait bon gré d'être vivants.

 

François Cheng

Enfin le royaume. Editions Gallimard 

 

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7 février 2018 3 07 /02 /février /2018 08:12

Agir enfin sans plus de certitude

Que l'éclat du givre sur les carreaux 

 

Sans plus rien à comprendre 

Sinon l'oiseau blessé

Son regard doux que la douleur picore

 

Marcher 

Après s'être vraiment déshabillé 

 

S'habituer aux oeillades de la mort 

Derrière la porte

Le doigt toujours prêt sur la sonnette 

 

Il ne faudrait plus avoir à quérir le pardon 

 

Vivre 

 

Agir enfin sans plus de certitude 

Que le retour des marées 

 

Savoir que la tendresse réside même au ceux de l'arbre 

Comme une conviction 

 

Qu'il n'est aucun dommage à user la sève 

Puisqu'elle revient toujours

Nous mettre des mots dans la bouche 

Avec 

 

Des élans de guêpe 

Il ne faudrait plus avoir à mendier la faveur 

 

Vivre 

 

Agir enfin en cachette de la peur 

Dans l'humilité du simple laboureur 

 

Ne pas omettre de lire

La paroi d'un visage 

Où tout se gagne

 

Vivre 

 

Vivre

 

Vivre simplement

Simplement vivre .

 

Fabrice Peronnaud 

Poème inédit 

Tous droits réservés  

 

 

 

 

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6 février 2018 2 06 /02 /février /2018 17:32

Couv-pollen-des-jours

A Minuit ils se mettent en marche et lèvent le camp

Pour retrouver la lumière dans le soleil levant

Pour tout bagage ils n'ont que de simples outils

Pas plus de trois principes et quelques utopies

 

L'architecte se dresse vertical entre ciel et terre

Du niveau à la perpendiculaire d'aplomb et d'équerre

Le compagnon cherche ailleurs l'étoile en son coeur cachée

L'ouvrier balbutiant construit marche à marche son escalier

 

Midi plein les voit tous rassemblés sous le soleil

Artisans et chevaliers si différents et tous pareils

Ils essaient d'appréhender ensemble le sens de leur vie

Et à comprendre, humaine condition, ce qui les unit

 

Ils bâtissent alors dans le vent des temples éphémères

Dont ils posent à chaque fois la pierre angulaire

Se transmutant ils coagulent le sel le soufre et le mercure

Pour que la joie demeure dans le creuset des coeurs purs

 

A Minuit la tribu se disperse sur la surface de la terre

Chacun offrant à qui veut un brandon du feu élémentaire

Ils et elles périgrinent en doutant sous la voûte étoilée

Prononçant d'étranges mots secrets Eros Philia Agapè .

 

Extrait de " Le pollen des jours". Editions Le nouvel athanor 2014.

disponible en librairies , amazon.fr, fnac.com, et www.lenouvelathanor.com

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4 février 2018 7 04 /02 /février /2018 10:55
L'ultime violence.Jacques Viallebesset

Contre elles de la brutalité

Le poignard du mâle est levé

Tuant en elles la petite fée

Elles sont sept cent et cinquante fois cent

Qui crient de peur silencieusement

Pour survivre dans leur vie clandestinement

Femmes aux larmes de peur séchées

Le mal bestial assassine l’humanité

J’entend, j’entend vos pleurs muets

Je vois la marche boiteuse de l’hirondelle

Qui rêve dans le ciel bleu d’une parcelle

Où, libre, elle serait enfin vraiment elle

L’intimité clouée au mur du malheur

A travers elles l’égalité de tous se meurt

Quand adviendra-t-il le temps de nos sœurs ?

 

Contre elles de la barbarie

Le couteau du sexe est brandi

Soumises à l’animale saillie

Elles sont soixante et quinze fois dix

Fauchées vierges comme les blancs lys

Sans savoir que la vie peut être délice

Femmes aux tristes yeux plombés

Poudre d’étoiles sous la terre couchées

J’ai honte de notre commune humanité

Je vois l’envol brisé des tourterelles

A qui de l’espoir on a cassé les ailes

Dans une indifférence maquerelle

Violées dans la menace et la terreur

A travers elles la liberté de tous se meurt

Quand adviendra-t-il le temps d’un égal bonheur ?

 

Contre une seule de la tyrannie

Le sexe sauvage a jailli

Clouant au sol l'élan de ma mie

En elle sont toutes les femmes

Qui subissent le même drame

Sans que quiconque ne s’alarme

L’homme est un loup pour l’homme

Et plus encore pour éve à la pomme

Ouvrons de nos mains les fraternelles paumes

Femme qui malgré le mal espère

Tu n’es pas condamnée à cette misère

Le temps viendra qui te libère

J’en connais mille et cent qui t’aiment

Comme moi qui jour après jour sèment

Les graines d’une fraternité qui germe

 

Il vient  le temps de la liberté

De l’égalité  de la fraternité

Malgré tout je vous le dis quand même

Il vient le temps de partager  « je t’aime ».

 

Copyright Jacques Viallebesset. Tous droits réservés.. Offert à plusieurs associations de femmes qui le diffusent...

 

L'ultime violence.Jacques Viallebesset
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4 février 2018 7 04 /02 /février /2018 10:55

Des tourbillons, des mondes, des années,

des flores de solstices et de mémoire,

des siècles par silos, des forêts mortes,

dont les magmas d'étoiles se dispersent,

des meules bleues de gerbes galactiques

et le temps sourd et la nuit s'alourdit.

Un astronef se perdit dans l'espace:

on dit qu'il fut sur Mars au premier jour

et qu'il mourut de lui rendre la vie.

Parfois, rôdant sur les routes stellaires

où nul vaisseau jamais ne se risqua,

loin de nos ports martiens nous guettons

la fabuleuse étincelle qui brûle

ainsi qu'un feu de saint-elme à la mâture

des nuits d'éclipse. Incandescence noire

d'un météore emprisonnant des hommes,

pulsation qui garde son secret

mais nous parvient au-delà de tant d'ombre,

braise d'un songe encore sous la cendre,

signe de vie, salamandre des âges

qui fuit et naît de soleil en soleil.

 

L'opéra de l'espace. Collection Blanche

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4 février 2018 7 04 /02 /février /2018 10:53

Je ne cherche pas d'images dans les songes

mais dans l'inconnu du monde,

aux rives de la terre et en tous lieux inhabités,

aussi bien sous le ciel millimétré des almagestes

que près des récifs de vieux portulans

même si mes regards et mes pas sont d'abord accordés

aux grandes dépressions de sable, d'herbe ou de neige.

 

Chaque tracé porte mes caravanes

qui vont interminablement d'égarements en bivouacs

pour oublier le but et se mettre à distance,

sans épices, sans houppelande ni porcelaine ni encens;

un jour elles sont en Judée chargées de manuscrits

ou bien près du Rio Grande aux portes d'Albuquerque

avec des caisses de bières et des caisses de fusils.

 

Il n'est pas de parcours étroit

dans un atlas qui met le centre aux pôles

aux sources du Gange, au coeur de l'Amazone;

lignes, courbes, chiffres, latitudes, longitudes

n'ont plus souci du labyrinthe à sens unique

avec sortie par le guichet d'immigration,

la vie est dans les marges et tout est no man's land.

 

Une carte dépliée, c'est Byzance

à deux battements de cils de Novgorod,

c'est les îles de la Sonde sous le vent des Marquises,

un cavalier qui passe à gué de Cadix à Tanger,

C'est Katmandou, Lhassa, Srinagar, Dehra Dun,

Yarkand, Kaza, Keylong, Bénarès, Darjeeling

sous l'empire espéré d'un Kanisha troisième du nom.

 

Je fais tourner le globe et garde la tête chaude,

quel raid nous allons mener Gengis!

quelles merveilles nous allons conter Messire Polo!

quelle chimère nous allons forcer plus à l'Est Csoma!

partout nos courses à l'estime sont exactes

nous avons nos chamans, la science du vide au ras du sol

et ces zones sans fin où ranimer nos âmes mortes.

 

La route va où elle veut

et je ne déroute que moi par instinct ou caprice

comme on prend le premier train qui part

le premier bus qui klaxonne au matin

le premier bateau qui frémit au bout de l'embarcadère,

comme on s'offre un nouveau destin sur le papier

et la chance d'être plus que soi, ailleurs.

 

 

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31 janvier 2018 3 31 /01 /janvier /2018 08:36

Laisse ici ton bagage d'espoirs,

De peurs secrètes, de ténèbres,

Tes oripeaux d'enfance, tes ferveurs,

Et tous les morts qui t'accompagnent

De leurs paisibles voix aimées.

Tu dois poursuivre seul,

Lourd de tes mots, de tes silences,

Sans autre recours que ton dénuement,

Pour mesurer ta vie

A l'abandon des êtres et des rêves,

Pour que ton âme s'illumine

De ce qu'elle a quitté.

 

Ce qui est écrit sur la pierre

Ne t'apprend rien que tu ne saches.

Méfie-toi de ces mots qui voudraient

Te parler de toi. Ils sont leurres.

Ce qu'ils cherchent à dire

Demeure en deça des paroles.

Fouille en toi plus profond,

Jusqu'à cette lueur qui tremble

En ce miroir embué de ténèbres

Où ton visage dort encore.

Ne désespère pas, tout est si proche,

Ta lumière ici fait silence.

 

Toutes les routes sont promises

A qui les rêve sans les voir.

L'une s'ouvre à tous les voyages,

L'autre avec toi s'enfonce au coeur du temps,

La troisième fait don d'une enfance

A celui qui n'en avait plus,

Une autre encore à l'errance t'incite

Vers une terre en friche où naisse enfin

L'espoir sous la parole et toute paix

Dans le regard des hommes.

Tu t'inventes, les yeux fermés,

Le seul chemin qui ne mène qu'à toi.

 

Ce que le monde te raconte,

Préserve-le comme un secret

Scellé sous l'écorce de la chair.

Au fond de tes yeux veille encore

L'innocence du premier regard.

Chaque syllabe en toi fait don

De sa lumière au jour qui la suscite

Et, d'un souffle, renait pour mourir

D'une autre vie, d'alle-même jaillie.

L'été, la nuit, tout t'habite à jamais,

La neige, le galet, l'oiseau perdu

Et cette flaque où le ciel nu respire.

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30 janvier 2018 2 30 /01 /janvier /2018 08:31
L'exil. Jacques Viallebesset

Le coeur qui saigne est en exil 

Condamné à se survivre 

L'existence ne tient qu'à un fil 

La seule compagne des jours

Est la souffrance du manque 

Vivre pourquoi de quoi comment 

 

Y penser poigne le ventre 

Il n'est d'autre terre promise 

Hors celle qui se refermera 

Sur un corps meurtri de blessures. 

Marcher vers l'ultime frontière 

Avec du sang sous les paupières . 

 

Poème inédit 

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30 janvier 2018 2 30 /01 /janvier /2018 08:30
Poème . Jean Lavoué

Nous sommes d'une source 

Qu'aucune pluie n'abreuve 

Mais qui ne tarit pas

 

Nous sommes d'un matin

Arraché à la nuit 

Par un autre soleil

 

Nous sommes d'une origine 

Sans commune mesure 

Sans étoile certaine

 

Nous sommes d'un amour

Aussi vaste que le vent

Aussi nu qu'un désert 

 

Nous sommes d'une communion 

Dont nous sommes le centre 

Et le cercle infini 

 

Nous sommes d'une symphonie 

L'instrument etl'archet 

Et la main qui relève 

 

Nous sommes d'un silence 

Que nul chant nul feuillage 

Ne sauraient contenter

 

Nous sommes d'un chemin 

Sans bornes et sans tracé 

Que visite l'Ouvert  

 

Nous sommes d'une foi 

Sans rives et sans frontière 

Aux doutes traversés 

 

Nous sommes d'une forêt 

Font nous sommes l'aubier 

La racine et la cime 

 

Nous sommes d'une mélodie

Que chaque chant d'oiseau 

Consent à imiter 

 

Nous sommes ces moissons 

Le couvert et le pain 

La table partagée 

 

Nous sommes de ce pays 

Qui nous change à mesure 

Que l'on n'arrive jamais 

 

Nous sommes de cette voix 

Qui murmure notre nom 

Dans le souffle d'un été 

 

Nous sommes de ce printemps 

Dont les branches nous frôlent 

Sans jamais nous toucher 

 

Nous sommes d'une blessure 

Dont le feu couve en nous 

Elargit nos foyers 

 

Nous sommes d'une parole 

Non encore entendue 

Toujours à écouter 

 

Nous sommes pour chacun 

L'eau du puits et le seau 

La margelle où puiser . 

 

Poème inédit 

 

 

 

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Présentation

  • : L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset
  • : VIVRE POETIQUEMENT, L'AMOUR VRAI, LA JOIE D'ETRE sont les trois facettes d'une seule et même chose qui se nomme: ETRE et ne pas seulement exister. Lorsqu'on vit poétiquement, forcément, ça laisse des traces....
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L'atelier des Poètes

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