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12 mars 2018 1 12 /03 /mars /2018 08:31
Tamsin Abbott

Tamsin Abbott

                                                                à C.S

Dans l'immense nef qui s'ouvre sur le vide 

Les hommes sans temple ne croient plus leurs rêves 

Qui ne voit au-delà de l'horizon est mort 

Les coeurs meurent au soleil des moissons 

 

Goupil sort de son terrier au crépuscule 

Pour danser avec sa dame sous la lune 

Inventant sur la neige un brasier d'été 

Les hommes sont morts de lâche résignation . 

 

Extrait de Ce qui est épars

disponible sur www.lenouvelathanor.com, amazon.fr, fnac.com

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7 mars 2018 3 07 /03 /mars /2018 08:51
L'élan d'amour. Jacques Viallebesset

Je t'attendrai la ferveur de vivre au ventre 

Ta voix claire flûtera au-dessus des sapins

Les ruisseaux tailleront des sillons d'argent 

Quelque part loin derrière les collines mauves 

La nuit sera fraîche comme une source pure 

 

Nous irons à l'aventure sous la lune 

Le champ des étoiles au-dessus de nos têtes

Pleines de saisons au soleil écartelé

L'amour fera lumière dans nos yeux épris

Dans la compagnie des hêtres et des bruyères

 

L'eau chantonnera avec toi dans les fougères 

Nous aurons une soif de buveurs de lune 

Et la force de semer au creux de nos reins 

Nous sentirons en nous sourdre le mystère 

Qui relie nos vies au rythme de l'univers 

 

Dans notre vert royaume battu de vent 

Nous saurons enfin ce qui nous réunit 

Nous serons sur le palier de l'éternité 

Tu viendras le front auréolé de rosée 

Le soleil boira encore l'eau de l'aurore . 

 

 

.....................

Extrait de Dans le vert des montagnes-En cheminant avec Gaspard 

Editions Entrelacs 

Isbn : 979-10-90174-52-8

Disponible en librairie, sur dervy-medicis.fr, amazon.fr, fnac.com 

 

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7 mars 2018 3 07 /03 /mars /2018 08:50
La secrète évidence. Charlotte Colas

Si une seule fois nos pas pouvaient se déporter

De la désillusion d'avoir

Au prodige d'exister...

Si nos rêves pouvaient se baigner

Aux sources de toute chose

Ame en cils et paupières closes

La cécité humaine tressaillirait-elle

Au dodelinement joyeux de l'herbe sous la pluie

Aux tambours de la traversée du vivre

A l'étonnement des bourgeons du printemps

Quand l'hiver dépose son caban ?

 

Mais nous restons suspendus à des cimes de chimère

Nos talons désancrés par des quêtes à revers

Vers l'insaisissable du ciel

Jamais dans ce qui nous a été enlevé

L'originelle innocence

Le goût sucré de la violette sur nos langues

Le regard nouveau-né

Le jus d'une pomme croquée

La secrète évidence

De l'impénétrable à portée.

Charlotte Colas

Poème inédit . Tous droits réservés.

 

 

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4 mars 2018 7 04 /03 /mars /2018 09:59
Dans l'herbe des trois vallées. Henri Pourrat

S'intéresser au passé, d'une certaine façon sentimentale , jeter sur ses  charmes des regards rêveurs et essayer, tête penchée, de le faire revivre en pastiches et en mascarades sera toujours un ridicule. 

C'est essayer de donner l'être à ce qui fatalement ne peut plus être. Avoir des enfants est une chose belle. Empailler son grand-père est une triste chose. 

Cependant, il faut mettre à très grand prix les survivances antiques. Non pour leur vieillesse, mais pour le secret de jeunesse qui reste en elle. Nées aux jours d'autrefois, elles sont souvent plus proches que leurs soeurs d'aujourd'hui de la Nature, de sa simplicité, de sa beauté, de sa force. Mieux qu'elles, elles tiennent de la vie . 

Voilà pourquoi il est bon de s'intéresser encore à cet art d'artisans, à cette feuille blanche, telle qu'on la fabrique à la main, depuis les Croisades, dans les moulins à papier d'Ambert.

Henri Pourrat 

Dans l'herbe des trois vallées. Editions Albin Michel 

Dans l'herbe des trois vallées. Henri Pourrat
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4 mars 2018 7 04 /03 /mars /2018 09:19
Le tendre royaume . Jacques Viallebesset

Derrière lui la forêt des nuits efface 

Le tendre royaume des mains nouées 

Et le chemin moussu qui y menait 

Dont eux seuls connaissent les traces 

 

Pays enfoui sous l"écorce des coeurs 

Qui rendait possibles les horizons 

L'amour mûrit qui moissonne sans peur 

Les ténèbres ont creusé leurs sillons 

 

Les champs les monts et les près sont déserts

Les blés tendres ne se lèveront plus 

Sève d'or qui vibrait dans la lumière 

Gerbes du seul bonheur entraperçu 

 

C'est vivant que l'on arpente à deux 

Chemins et labours fertiles du ciel 

Le souffle de mort a un goût de miel 

L'amour crépite à jamais d'un grand feu .

 

Poème inédit 

Tous droits réservés 

 

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3 mars 2018 6 03 /03 /mars /2018 08:23
Congé-GASPARD DES MONTAGNES. Henri Pourrat

Face au soleil et face au mont doré de rosée par l'aurore, 

Est l'esplanade à la vue longue où balancent les lents bouleaux .

Ils frémissent au fil de l'air parmi les frênes et les ormes, 

Et de la ruine à l'abandon bruit une charmille d'oiseaux.

Rien n'est mort. Une rose ici te donne son haleine encore:

Et cette rose maintenant, elle sent meilleur qu'aucune autre, 

Parce qu'elle est redevenue sauvage. 

Vous qui vaquez dans le vaste des plaines, 

Vendant la toile, achetant le chiffon, 

Ou qui peinez de toute votre peine

Sur les chantiers ou dans les Bois-Charbons, 

Il vous faut être au dur argent qu'on gagne:

Les soirs, pourtant, regardant devant vous, 

Vous retrouvez d'autres soirs et le goût 

Du pain de seigle et du vent de montagne.

 

A la racine de ce mont suivi de piverts et de huppes, 

Là où les trois étangs carrés étagent leurs dalles d'eau brune

Entre le sang d'aveliniers et la rampe des pins obscurs, 

Là sont les cours et l'entrepôt , le portail et la cour caduque, 

Le frêne pleureur et le vent. Là souvent je suis revenu 

Rebâtir dans l'air un château qui me regardât sous la lune

D'un feu de lune à toutes ses fenêtres.

 

Ce soir, vous qui trimez à tant de lieues

De ce bien-fonds sans limite et sans nom

Où sont les puys couleur de pierres bleues, 

Hommes, amis, pays et compagnons, 

Rappelez-vous l'histoire à cent histoires 

Qui vient de loin sur le vent et qui court

De bourg en bourg, de labour en labour, 

Faite d'un souffle et de notre mémoire. 

 

La vieille histoire sans bon sens, et qui n'a ni père ni mère, 

Se lève de l'ombre et s'emmêle au bavardage des veillées 

On a parléde cinq ou six, aux yeux vifs, aux lèvres mouillées, 

D'une au grand coeur; de vingt garçons, d'un surtout et ce qu'il valait

Son sang l'a chanté, celui-là! Ils sont à six brasses sous l'herbe, 

Mais tant que vous, vous êtes bons pour bûcher, rire et faire tête,

Ha! n'est-ce pas qu'ils ne sont pas si morts? 

 

Va, maintenant, va vers eux, vieille histoire, 

Descends des plombs et des soixante puys

De ces pays d'air bleu, de pierre noire. 
Pays du peuple aux os durs, nos pays!

Va vers ceux-là que l'Auvergne accompagne, 

Si loin soient-ils, vole-leur au-devant! 

Vieille musique, aussi loin que le vent, 

Vole vers ceux qui sont de la montagne.

 

Il est large notre pays,aussi large que les deux bras, 

Plus large encore qu'on ne dit, car elle est partout, la montagne.

Partout où l'herbe du matin palpite et brille au vent sauvage, 

Partout où court le conte fol, où passe un parfum de campagne, 

Où l'homme d'aplomb sur ses pieds travaille d'un coeur montagnard

Et, parce que la feuille est verteet qu'il est devant tant d'espace, 

Rit la vie, sous le soleil de Dieu.

 

Henri Pourrat 

Poème final du Roman Gaspard des montagnes. 

Editions Albin Michel 

 

 

 

 

 

 

 

 

Congé-GASPARD DES MONTAGNES. Henri Pourrat
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25 février 2018 7 25 /02 /février /2018 09:20

Je me sens pareil

Au premier lourdaud

Qu'encore émerveille

Le moindre jet d'eau

 

Les gens de ma sorte

Il en est beaucoup

Savent-ils qu'ils portent

Une pierre au cou

 

Un destin banal

Une âme blessée

Comme un vieux journal

Un veston froissé

 

Pour eux les miroirs

C'est le plus souvent

Sans même s'y voir

Qu'ils regardent dedans

 

Ils n'ont pas le sens

De ce qu'est leur vie

C'est une innocence

Que je leur envie

 

Il m'a fallu naître

Et mourir s'en suit

J'étais fait pour n'être

Que ce que je suis

 

Une saison d'homme

Entre deux marées

Quelque chose comme

Un chant égaré

 

ô vague aventure

Par hasard courue

Un bruit de voiture

Au bout de la rue

 

Tant pour le plaisir

Que la poésie

Je croyais choisir

Et j'étais choisi

 

Je me croyais libre

Sur un fil d'acier

Quand tout l'équilibre

Vient du balancier

 

Au bout de mon âge

Qu'aurai-je trouvé

Vivre est un village

où j'ai mal rêvé.

 

 

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13 février 2018 2 13 /02 /février /2018 08:43

Couv-pollen-des-jours

Corsaires du rêve pirates de l'utopie

Qui avaient poursuivi une autre vie

Dans la nuit de la frime et du paraître

Pour atteindre une certaine joie d'être

 

J'en ai tant croisés noyant leur amertume

A l'estaminet du quai des brumes

Jouant aux dés leur reste d'espérance

Au rendez-vous de la dernière chance

 

Ô mes bien-aimés frères de la côte

Porteurs de la magique lanterne qui clignote

Gentilhommes de mauvaise fortune

Pavillon haut soleil au poing hissé à la hune

 

Je la connais votre saine et rouge colère

Face au raz de marée de la misère

J'ai vécu moi aussi vos naufrages

Et manqué comme vous de courage

 

Flibustiers des sentiments qui brûlez vos vaisseaux

Contrebandiers de l'amour vrai au coeur gros

Pantelant sur un navire démâté et sans voiles

Je la perçois avec vous cette flamboyante étoile

 

Elle m'a guidé jusqu'à une île originelle et bleue

Je navigue désormais dans l'océan de ses yeux.

 

Extrait de " Le pollen des jours" Editions Le Nouvel Athanor" 2014.

Disponible en librairies, amazon.fr, fnac.com et la boutique en ligne de l'éditeur www.lenouvelathanor.com .

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13 février 2018 2 13 /02 /février /2018 08:40

Le chevalier de l'éternelle jeunesse

Suivit, vers la cinquantaine,

La raison qui battait dans son coeur.

Il partit un beau matin de juillet

Pour conquérir le beau, le vrai et le juste.

Devant lui, c'était le monde

Avec ses géants absurdes et abjects

Et sous lui c'était la Rossinante

Triste et héroïque.

 

Je sais,

Une fois qu'on tombe dans cette passion

Et qu'on a au coeur un poids respectable

Il n'y a rien à faire, mon Don Quichotte, rien

Il faut se battre avec les moulins à vent.

 

Tu as raison,

Dulcinée est la plus belle femme du monde

Bien sûr qu'il fallait crier celà

A la figure des petits marchands de rien du tout

Bien sûr qu'ils devaient se jeter sur toi

Et te rouer de coups,

Mais tu es l'invincible chevalier de la soif

Tu continueras à vivre comme une flamme

Dans ta lourde coquille de fer

Et Dulcinée sera chaque jour plus belle.

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11 février 2018 7 11 /02 /février /2018 08:57
Chanson de l'aubépin. Georges-Emmanuel Clancier

L'odeur de l'aubépin 

Cavale autour du pré

Comme un jeune poulain 

Echappé de l'hiver. 

Les pâquerettes et le ciel 

Sont de porcelaine.

Je rêve paradis et dimanche

Mais les moutons à l'épine

Laissent leur laine

Et moi mon coeur 

Aux ronces de l'année . 

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Présentation

  • : L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset
  • : VIVRE POETIQUEMENT, L'AMOUR VRAI, LA JOIE D'ETRE sont les trois facettes d'une seule et même chose qui se nomme: ETRE et ne pas seulement exister. Lorsqu'on vit poétiquement, forcément, ça laisse des traces....
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