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3 août 2018 5 03 /08 /août /2018 08:36
Départ sans lendemain . Michel Manoll

Le ciel qui couvre l'ombre arrache les images 

Ton visage roule à travers la nuit 

Il vient de mon enfance les joues chargées de givre 

Les cils brûlés par des songes corrosifs 

Il descend les vallées 

On n'entend pas un cri 

Il s'arrête à l'entrée du village

Et personne n'est là pour lui donner asile. 

 

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1 août 2018 3 01 /08 /août /2018 07:33
Le marronnier. Lionel-Edouard Martin

Pose ton front contre le coeur 

du marronnier, prête l'oreille 

au trajet de la sève, à cette 

force qui forge 

l'oiselet dans le ciel-du fer 

incandescent crissant

près du soleil-,écoute

le grand dire du bleu:

 

que tout nuage est une feuille, 

feuille aussi l'hirondelle,

jusqu'à cette étincelle

sur les traverses de l'orage, 

jusqu'à l'étoile, 

 

Tout naît de l'arbre et de sa course

à l'aplomb de la terre, 

de son cheminement sans griffes

parmi la lave et le cortex, 

sous le lichen et sous la mousse, 

sous le plumage et sous le derme, 

en telle profusion 

 

que tu ne parles de langage

que le murmure de la branche

et de l'écorce où pulse un verbe 

qui s'émerveille d'être sang. 

 

Lionel-Edouard Martin 

Poème inédit 

 

 

 

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31 juillet 2018 2 31 /07 /juillet /2018 09:27
Pour saluer Giono 9. Jacques Viallebesset

Je ne peux penser l'homme sans l'univers

Qui le suscite ni l'univers sans l'homme

Partout règnent le malheur et la misère

Sous l'arrogance de ces temps dévorants

La science est écrite sur des feuilles d'herbes

Sur les pages des labours et des prairies

L'harmonie du monde est évidente

Comme la couleur du ciel et le soleil

Combien de temps perdu à retrouver

La joie saine naturelle simple paisible

Souffles de poussière mensongère de suie

Pour voir dessous la clarté de l'eau pure

Sans duperie et à portée de main

On a tué la confiance dans les coeur

Corrompu les mots perverti les gestes

Inversé le sens même des sentiments

Civilisation de l'artifice trompeur

Où ceux qui n'ont d'humain que le nom

Sans foi ni loi exploitent et asservissent

Cassiopée irradie de mille diamants

Où cueillir une gerbe bleue d'étoiles

Ici se trouve la vraie grandeur de l'homme

Auquel je crois malgré tout le mal fait

Qui porte avec amour le poids du ciel .

 

Extrait de Sous l'étoile de Giono

Editions Alain Gorius/ Al Manar

disponible sur www.editmanar.com

Illustration : tapisserie de Jean Lurçat

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31 juillet 2018 2 31 /07 /juillet /2018 08:08
L'éternité maintenant . Catherine Smits

Je déclare l'éternité maintenant 

Dans l'intime morsure du désir 

Avec l'écho tourbillonnant 

Devant ses ailes qui l'étirent 

 

Le temps peut bien m'ensevelir 

Coudre ma bouche d'un dernier fil 

J'ai au fond de la gorge un râle 

Etranger à la mort et à son châle 

 

Même glacée ma bouche te suppliera 

D'un psaume de cendres qui répandra 

Nos impatiences en pluie d'oiseaux 

L'amour sera mon seul tombeau . 

 

Poème Inédit. Tous droits réservés .  

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17 juillet 2018 2 17 /07 /juillet /2018 07:23
Henri Pourrat-Chronique des grands jardins . Alexandre Vialatte

Un dieu des champs. Une grande forme barbue qui passe au soleil dans les blés. Une certitude. Une confiance. Une promesse. Et voilà qu'il nous a trahis: il a penché la tête; il est parti de lui-même sans que personne s'en aperçoive; en dormant, comme un somnambule. Il a quitté sa maison terrestre par la fenêtre, comme un voyageur clandestin, pendant qu'on surveillait la porte. Cet endroit passager ne pouvait plus lui suffire. Il est allé trouver ailleurs ce pays qu'il cherchait sur les routes de la terre avec son manteau , son bâton, pareil aux personnages qu'on voit dans le désert sur les images de l'histoire sainte, toujours en route, les pieds poudreux . 

 

Alexandre Vialatte 

Article pour la mort d'Henri Pourrat 

16 Juillet 1959 

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16 juillet 2018 1 16 /07 /juillet /2018 09:03
En cheminant avec Claude Legrand . Pérégrinations . JV

 

 

Marcher léger vers les confins du ciel 

Jusqu'aux hautes estives d'un coeur vert 

Dans un printemps qu'enfantent les jonquilles 

 

Marcher nu vers l'horizon grand ouvert 

En quête de cette terre promise 

Sans savoir qu'elle est blottie dans sa poitrine 

 

Marcher sans piétiner ni revenir

A l'aventure dans la brume de soi 

Vers les nuées courant dans les contrées célestes 

 

Marcher d'un pas à faire naître la terre 

Dans quelques arpents d'imaginaire 

Ces étendues bleues comme faïences lointaines 

 

Marcher en n'ayant dans sa besace

Que quelques lourds nuages noirs de regrets 

L'espoir de la beauté et l'amour du monde

 

Marcher avec comme seule boussole le poème.

 

JV 

En cheminant avec Claude Legrand 

Poème inédit 

Tous droits réservés . 

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11 juillet 2018 3 11 /07 /juillet /2018 09:00
Blues du grand jeu. André Velter

Je suis le fils des caravanes

Qui tournent sur la terre 

Fils d'une horde sans nom 

Qui n'a mémoire que de la soif

Du soleil à midi

Et de la poussière levée .

 

La route a pour horizon 

Une prière au jour le jour

Qui défie l'espérance

Autant que les malédictions, 

Et ligne un mantra aux nuages 

A défaut de l'oreille des dieux. 

 

Ce qui nous mène est une question 

Sans réponse ni retour

Mais avec un refrain à chaux et à sable

Que l'on dirait irrémédiable 

Pour peu que s'y joue le Grand jeu 

A la barbe des gardes-frontières.

 

Je m'invente un pédigree

Et passe où bon me semble, 

A Kaboul comme à  Seville

Sans avoir à changer d'allure

A Lhassa comme à Tanger 

Sans avoir à changer de peau. 

La marche se veut tout terrain

Pourvu qu'elle garde encore à vif.

 

La marche se veut tout terrain 

Pourvu qu'elle garde à vif

Le souffle de la vraie vie

Tempo toujours renaissant

Même s'il force un peu la note

Quand il trafique dans l'infini.

 

Extrait de " Les solitudes" . Gallimard  

 

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30 juin 2018 6 30 /06 /juin /2018 08:04
D'aurores et de verveine. Jacques Viallebesset

Mon amour pour elle est plus grand que moi 

Nous deux aurions mené ensemble notre vie 

Tout le long des journées aimer sans mot dire 

 

Ses yeux de noisette emplis de larmes

S'ensoleillaient aveugles dans l'ombre

Guettant les rêves qui ne doivent pas mourir

Dans les galaxies intérieures de nos corps 

 

Avec mes deux bras dressés dans le ciel 

Je ne suis qu'un homme d'avoine folle 

J'aurais construit une vie de bonheur 

D'oiseaux, d'aurores et de verveine 

 

L'âme de l'autre est une forêt obscure 

Etre seul ballotté par le malheur

J'ai laissé mon espoir derrière moi . 

....................

Extrait de DANS LE VERT DES MONTAGNES- En cheminant avec Gaspard

Editions Entrelacs .

Illustré par Sat 

Isbn: 979-10-90174-52-8

Prix : 16, 50 e

Disponible en librairie, www.dervy-medicis.fr, amazon.fr, fnac.com

D'aurores et de verveine. Jacques Viallebesset
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19 juin 2018 2 19 /06 /juin /2018 09:17
Article de l'EXPRESS . Jacques Viallebessset

Paru dans L'EXPRESS - semaine du 9 au 15 Aout 2017 

 

LIRE VIALLEBESSET 

Poète auvergnat, né en 1949 dans un village de la Limagne, fasciné par l'oeuvre de Jean Giono, Jacques Viallebesset compose recueil après recueil une ode à la langue et à ses pouvoirs mystérieux. Accueillie dans la collection " Les poètes trop effacés", son oeuvre, au caractère initiatique accusé, s'inscrit dans la trace d'Aragon et d'Eluard, avec l'espoir de ranimer un langage dévitalisé par l'habitude ou l'inattention. On se surprend , en lisant ou relisant cette poésie, à percevoir la dette immense envers un siècle-leXVIIIè - et un mouvement d'idées -les Lumières-, qui inspirent ses élans d'humanisme. Tel son devancier Paul Celan, Viallebesset estime que le poème est une " poignée de main" , une forme accomplie de dédicace à autrui. Partout, il cherche le contact, jette des mots comme on établit des ponts vers l'inconnu, quête ce que Lacan appelait le " grand autre". Beauté d'une poésie convoquée par le vis-à-vis inépuisable de l'altérité. Rendons-lui en grâce. 

A.Lx 

 

Jacques Viallebesset. Ed; Le nouvel athanor.112 p. 15 E

Disponible sur www.lenouvelathanor.com 

Article de l'EXPRESS . Jacques Viallebessset
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19 juin 2018 2 19 /06 /juin /2018 08:42
Illustration Paul Trilloux

Illustration Paul Trilloux

Un homme fatigué mais innocent

la tête posée à même la nuit

sur le faux billot de la mort

est allongé dans la spirale parfaite du sommeil 

 

Mais sous les arabesques souples du corps

grouille un noeud de passions

 

Au plus dur du silence

comme une poche de grisou 

niche le rêve clos d'un dieu 

qui pourrait souffler tout l'ordre du monde

 

Pourtant

du papillon des songes 

dans la chrysalide du sommeil 

que restera-t-il demain? 

Quelque poussière étrange de couleurs éclatées

sur les doigts maladroits du temps...

 

Extrait de NOCTALGIES-silence d'honneur 

éditions BOF 1982

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Présentation

  • : L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset
  • : VIVRE POETIQUEMENT, L'AMOUR VRAI, LA JOIE D'ETRE sont les trois facettes d'une seule et même chose qui se nomme: ETRE et ne pas seulement exister. Lorsqu'on vit poétiquement, forcément, ça laisse des traces....
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