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24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 05:00

Sur mes cahiers d'écolier

Sur mon pupitre et sur les arbres

Sur le sable de neige

J'écris ton nom

 

Sur les images dorées

Sur les armes des guerriers

Sur la couronne des rois

J'écris ton nom

 

Sur la jungle et le désert

Sur les nids sur les genêts

Sur l'écho de mon enfance

J'écris ton nom

 

Sur les merveilles des nuits

Sur le pain blanc des journées

Sur les saisons fiancées

J'écris ton nom

 

Sur tous mes chiffons d'azur

Sur l'étang soleil moisi

Sur le lac lune vivante

J'écris ton nom

 

Sur les champs sur l'horizon

Sur les ailes des oiseaux

Et sur le moulin des ombres

J'écris ton nom

 

Sur chaque bouffée d'ambre

Sur la mer sur les bateaux

Sur la montagne démente

J'écris ton nom

 

Sur la mousse des nuages

Sur les sueurs de l'orage

Sur la pluie épaisse et fade

J'écris ton nom

 

Sur les sentiers éveillés

Sur les outes déployées

Sur les places qui débordent

J'écris ton nom

 

Sur la lampe qui s'allume

Sur la lampe qui s'éteint

Sur mes raisons réunies

J'écris ton nom

 

Sur le fruit coupé en deux

Du miroir et de ma chambre

Sur mes maisons réunies

J'écris ton nom

 

Sur mon chien gourmand et tendre

Sur ses oreilles dressées

Sur sa patte maladroite

J'écris ton nom

 

 

Sur les formes scintillantes

Sur les cloches des couleurs

Sur la vérité physique

J'écris ton nom

 

Sur le tremplin de ma porte

Sur les objets familiers

Sur le flot du feu béni

J'écris ton nom

 

Sur la vitre des surprises

Sur les lèvres attendries

Bien au-dessus du silence

J'écris ton nom

 

Sur mes refuges détruits

Sur mes phares écroulés

Sur les murs de mon ennui

J'écris ton nom

 

Sur l'absence sans désir

Sur la solitude nue

Sur les marches de la mort

J'écris ton nom

 

Sur la santé revenue

Sur le risque disparu

Sur l'espoir sans souvenir

J'écris ton nom

 

Et par le pouvoir d'un mot

Je recommence ma vie

Je suis né pour te connaître

Pour te nommer.

 

Paul 2luard

 

 

 

 

 

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23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 09:17

Jacques Viallebesset chante, crie, pleure l'amour vaincu et la vie opportune. On reconnait par-delà ses vers une manière soufique. Il dit l'amour vrai dans une langue qui unit par la grâce d'un même mouvement poétique les charmes minuscules des passions galantes, la course des astres, les puissances organiques et telluriques qui travaillent la beauté du monde.

Allan Kaval

Journaliste

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23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 08:55

Merci de cette écorce des coeurs où l'aubier de l'amour lance des feux puissants.Il y des vers qui méritent , par leur simplicité allusive, d'être cités et médités: "Elle habite près du fleuve une maison bleue" etla suite. L'amour trouve rarement un interprète aussi constant.

Jean-Claude Pirotte

Ecrivain.

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 15:15

Est-ce toi dans cette petite vie

Dans l'intérieur si mal tenu de ma poitrine

Tu fais si peu de bruit que je crains de te perdre

Et tu passes sur moi comme une main mouillée

Je peux t'abandonner comme au cours d'un voyage

On oublie dans un lit d'hotel ou d'un meublé

Une fatigue de dix ans un corps maussade

Malgré moi je saurai bien te retrouver

Au détour d'un jour creux et doux comme une ruine

Dans l'avenue trop courte où mes jours sont comptés

Car j'ai besoin de toi comme l'enfant prodige

Balloté dans les draps brûlants de la pensée

Se réveille en criant c'en est trop du vertige

Un peu d'eau douce

Dans cette grande solitude salée

Je saurai te donner toujours la préférence

Ce peu de moi si loin de moi qui me revient

Epousé par tant d'angles durs de murs atroces

Cette balle sanglante et triste comme un poing;

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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 05:00

Guérira-t-il de toi, ce coeur à la torture?

Non : la mort tend sa flèche, elle presse l'allure,

Elle va devancer l'instant de te revoir!

Séparation, désir, tremblement, désespoir!

Voudrais-je m'approcher que tu me le défends.

Je suis comme l'oiseau dans la main d'un enfant.

Elle le serre, il goûte aux vasques de la mort.

Mais quoi. L'enfant s'amuse, il se moque du sort

De sa proie, trop petit pour avoir pitié d'elle,

Et trop petit l'oiseau pour fuir à tire d'aile.

Je sais, moi, mille endroits vers où guider mes pas...

Mais où aller, mon coeur, si tu ne me suis pas?

 

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 05:00

Je n’sais plus combien ça fait d’mois

Qu’on s’est rencontrés, toi et moi

Mais depuis tous deux, on s’balade..

On n’prend jamais le vent debout

C’est lui qui pousse et on s’en fout

Ma camarade…

En avril, tous les prés sont verts

Ils sont tout blancs quand c’est l’hiver

E n mars, ils sont en marmelade

Mais il y a pour deux vagabonds

Un coin d’étable ou il fait bon

Ma camarade !

On s’souviendra du Balthazar

Qu’on a fait ce soir par hasard

Avec un vieux corbeau malade

On a tout mangé, même les os

Et tu va roupiller bientôt

Ma camarade…

Vlà la première étoile qui luit

Les grenouilles dans le fond d’la nuit

En chœur lui font la sérénade

Les grenouilles  ont des p’tits points d’or

Dans les yeux..tu l’savais ? Tu dors

Ma camarade

Je me demande certains jours

Pourquoi nous poursuivons toujours

Cette éternelle promenade

Oui, c’est parce qu’on n’a pas trouvé

Le bonheur qu’on avait revé

Ma camarade

Un jour on s’ra tout ébahis

On arriv’ra dans un pays

Plein de fleurs, d’oiseaux, de cascades

On s’ra reçus à bras ouverts

Y’aura des carillons dans l’air

Ma camarade

Y’aura une grande blonde pour moi

Et puis un grand blond pour toi

Qui trouvs’s que les blonds c’est trop fade…

On s’trouvera bien à notre goût

Et dirons : venez donc chez nous !

Ma camarade

On trouvera  ça, mais oui, mon dieu

C’est peut-et là-haut dans les cieux

Dam’, faudra pas rester en rade…

On a tant marché ici-bas

Qu’y a pas de raison qu’on n’y arriv pas !

Ma camarade

 

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 07:00

Pour toi qui es la rose indescriptible

Au moins des mots qui sont de son processionnel coutumier

La rose que ne font voir que les mots étrangers à la rose

Ainsi qu'il en va du cri qui s'arrache et de la douleur qu'il traduit

Des étoiles du plaisir au-dessus de l'abîme d'amour

J'inventerai pour toi la rose des doigts adorants

Qui formaient nef et se croisèrent et se défeuillent

J'inventerai pour toi la rose sous le porche

Des amants qui n'ont d'autre lit que leurs bras

La rose au coeur des gisants de pierre morts sans confession

La rose du paysan qui saute sur une mine dans son champ

Le parfum cramoisi d'une lettre trouvée

Où rien ne s'adresse à moi ni la caresse ni l'affront

Le rendez-vous oùpersonne n'est venu

Une armée en fuite un jour de grand vent

Le pas d'une mère devant une prison

Un chant d'homme à l'heure de la sieste sous les oliviers

Un combat de coqs dans un pays de brumes

La rose du soldat séparé de son pays

J'inventerai pour toi ma rose autant de roses

Qu'il y a de diamants dans l'eau de la mer

Autant de roses qu'il y a de siècles dans la poussière du temps

Autant qu'il y a de rêves dans une seule tête d'enfant

Autant qu'il peut y avoir de lumières dans un sanglot.

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 05:00

A peine a-t-on le temps de vivre

On se retrouve cendre et givre

Adieu

Et pourtant j'aurais tant à faire

Avant que les mains de la terre

Me ferment à jamais les yeux

Je voudrais faire un jour de gloire

D'une femme et d'une guitare

D'un arbre et d'un soleil d'été

Je voudrais faire une aube claire

Pour voir jusqu'au bout de la terre

Des hommes vivre en liberté

Assis entre deux équilibres

Dans ce monde qui se croit libre

Et qui batit des miradors

Je voudrais bien que nul ne meure

Avant d'avoir un jour une heure

Aimé toutes voiles dehors.

Apeine a-t-on le temps de vivre

On se retrouve cendre et givre

Adieu

Et pourtant j'aurais tant à faire

Avant que les mains de la terre

Me ferment à jamais les yeux.

De mes deux mains couleur d'argile

Je voudrais bâtir une ville

Blanche jusqu'au-dessus des toits

Elle serait belle comme une

Chanson du temps de la Commune

Pétrie de bonheur hors-la-loi

Et puis que le printemps revienne

Pour revoir à Paris sur peine

Des enfants riant aux éclats

Lorca errant dans Barcelone

Tandis que l'abeille bourdonne

Dans le frais parfum des lilas.

A peine a-t-on le temps de vivre

On se retrouve cendre et givre

Adieu

Et pourtant j'aurais tant à faire

Avant que les mains de la terre

Me ferment à jamais les yeux.

 

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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 14:53

« L’écorce des cœurs » de Jacques Viallebesset est bien plus qu’un simple hymne à la poésie, il est une invitation à la reliance poétique. Il est des poèmes qui se contentent de jouer avec les mots et les sonorités. Les poèmes de Jacques Viallebesset se situent bien au-delà. Ils sonnent comme ces symphonies endiablées qui vous font frôler à la fois l’absurde et le divin. La poésie, au même titre que le mythe, n’est-elle pas un « métalangage » qui par un processus de métaphorisation des mots et des paroles rend visible l’invisible.

 

« Poétiser, c’est vouloir capter le bruissement ou le palpitement des cœurs vivants qui battent à l’unisson du rythme du cosmos »  nous dit avec lucidité Jacques Viallebesset. En effet, on peut avancer l’idée que ce sont les poèmes et autres images poétiques qui définissent et influent la manière dont l’homme habite le monde. Heidegger en reprenant les mots de Hölderlin ne nous dit-il pas que « l’homme habite en poète ». Cette manière d’habiter traduit le besoin qui se loge en tout un chacun d’attribuer aux choses profanes un sens éminemment symbolique et sacré. La poésie est bel et bien un processus alchimique qui transforme le verbe en or. Jacques Viallebesset ne manque d’ailleurs pas de le souligner : « Je suis l’athanor de moi-même. Mon cœur est en putréfaction. Sel, soufre et mercure coulent dans mes veines. Le plomb de mes contradictoires  pulsions se transmutent en or pur ».

 

Où mieux que dans l’imagination poétique est-il possible de vivre au plus près l’expérience initiatique des tribus primitives? « Car la poésie, nous dit Gilbert Durand, ne se lit pas avec l’intellect, elle se « réévoque », elle se réanime par une sorte de yoga de la langue ». Il faut entendre la parole poétique comme un geste qui réitère une sorte de rite initiatique. La poésie donne le rythme linguistique et symbolique indispensable à toute « mutation ontologique du régime existentiel » (Eliade). 

 

Certes, l’homme n’a pas ici à subir des épreuves physiques pour accéder au statut d’initié. Elles sont remplacées par une expérience linguistique qui demeure centrée sur l’émotionnel et sur la recherche du sens faisant corps avec l’égrégore que permet la reliance poétique. Le passage de l’obscur vers la lumière est un thème récurrent de la poésie et c’est par ce biais-là, que l’homme renaît symboliquement de ses cendres. Naître inachevé et renaître entier.

 

N’en reste pas moins présente cette harmonie conflictuelle entre instinct et spiritualité grandissante au sein même de l’homme postmoderne qui souhaite par-dessus tout et surtout au-delà du monde désenchanté recréer un lien fraternel avec ses semblables. Les poèmes de Jacques Viallebesset ont ôté le bandeau de l’ignorance pour réactualiser la magie de la parole poétique et revivifier l’ensemble du corps social.

 

Positivisme et historicisme sont les deux grandes croyances occidentales qui depuis Platon se sont efforcés d’éradiquer mythologie et poésie. Le nominalisme scientifique vient considérablement réduire la poésie à un simple jeu verbal. Aux yeux de l’homo rationalis, la poésie est un objet frivole et divertissant. Elle est un obstacle considérable au progrès. Et pourtant, on observe un réenchantement poétique au 19ème siècle qui surgit au moment même où le mythe du progrès se veut triomphant. La désacralisation totale de l’univers humain n’aboutit pas et conduit plutôt à un regain manifeste pour la poésie : Baudelaire, Rimbaud, Verlaine, Höderlin, Poe, Whitman, Byron, Blake et tant d’autres sont les fers de lance de cette « mutation poétique » et incarnent les fondations mêmes de la poésie contemporaine. « L’écorce des cœurs » de Jacques Viallebesset appelle ainsi à une résurgence du lien fraternel à travers une revalorisation de la parole poétique comme vecteur de réenchantement dans un monde trop désenchanté.

 

Frédéric Vincent,

Auteur de "Le voyage initiatique du corps".

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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 05:00

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre

Que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant

Que cette heure arrêtée au cadran de l'horloge

Que serais-je sans toi que ce balbutiement

 

J'ai tout appris de toi sur les choses humaines

Et j'ai vu désormais le monde à ta façon

J'ai tout appris de toi comme on boit aux fontaimes

Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines

Comme au passant qui chante on reprend sa chanson

J'ai tout appris de toi jusqu'au sens du frisson

 

J'ai tout appris pour ce qui me concerne

Qu'il fait jour à midi que le ciel peut être bleu

Que le bonheur n'est pas un quinquet de taverne

Tu m'as pris par la main dans cet enfer moderne

Où l'homme ne sait plus ce que c'est qu'être deux

Tu m'as pris par la main comme un amant heureux

 

Qui parle de bonheur a souvent les yeux tristes

N'est-ce pas un sanglot de la déconvenue

Une corde brisée aux doigts du guitariste

Et pourtant je vous dis que le bonheur existe

Ailleurs que dans le rêve ailleurs que dans les nues

Terre Terre voici ses rades inconnues

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Présentation

  • : L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset
  • : VIVRE POETIQUEMENT, L'AMOUR VRAI, LA JOIE D'ETRE sont les trois facettes d'une seule et même chose qui se nomme: ETRE et ne pas seulement exister. Lorsqu'on vit poétiquement, forcément, ça laisse des traces....
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L'atelier des Poètes

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